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dimanche 17 janvier 2010

Découverte

Dire que j’ai failli mourir sans savoir ca : « Elle a les yeux revolver » est une musique qui ne se termine pas… à savoir qu’elle ne s’achève pas sur l’accord de résolution, mais bien sur l’accord de tension !

lundi 26 mai 2008

J'aurais aimé écrire cela...

Bon appétit, messieurs !

– Tous se retournent. Silence de surprise etd'inquiétude. Ruy Blas se couvre, croise lesbras, et poursuit en les regardant en face.

Ô ministres intègres !
Conseillers vertueux ! Voilà votre façon
De servir, serviteurs qui pillez la maison !
Donc vous n'avez pas honte et vous choisissez l'heure,
L'heure sombre où l'Espagne agonisante pleure !
Donc vous n'avez ici pas d'autres intérêts
Que remplir votre poche et vous enfuir après!
Soyez flétris, devant votre pays qui tombe,
Fossoyeurs qui venez le voler dans sa tombe !
– Mais voyez, regardez, ayez quelque pudeur.
L'Espagne et sa vertu, l'Espagne et sa grandeur,
Tout s'en va. –

mercredi 21 mai 2008

J'aime...

J'aime les gens qui doutent
Les gens qui trop écoutent
Leur coeur se balancer

J'aime les gens qui disent
Et qui se contredisent
Et sans se dénoncer

J'aime les gens qui tremblent
Que parfois ils ne semblent
Capables de juger

J'aime les gens qui passent
Moitié dans leurs godasses
Et moitié à côté

J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons

J'aime ceux qui paniquent
Ceux qui sont pas logiques
Enfin, pas comme il faut,

Ceux qui, avec leurs chaînes,
Pour pas que ça nous gêne
Font un bruit de grelot

Ceux qui n'auront pas honte
De n'être au bout du compte
Que des ratés du coeur

Pour n'avoir pas su dire
"Délivrez-nous du pire
Et gardez le meilleur"

J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons

J'aime les gens qui n'osent
S'approprier les choses
Encore moins les gens

Ceux qui veulent bien n'être
Qu'une simple fenêtre
Pour les yeux des enfants

Ceux qui sans oriflamme,
Les daltoniens de l'âme,
Ignorent les couleurs

Ceux qui sont assez poires
Pour que jamais l'Histoire
Leur rende les honneurs

J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons

J'aime les gens qui doutent
Et voudraient qu'on leur foute
La paix de temps en temps

Et qu'on ne les malmène
Jamais quand ils promènent
Leurs automnes au printemps

Qu'on leur dise que l'âme
Fait de plus belles flammes
Que tous ces tristes culs

Et qu'on les remercie
Qu'on leur dise, on leur crie
"Merci d'avoir vécu

Merci pour la tendresse
Et tant pis pour vos fesses
Qui ont fait ce qu'elles ont pu".

jeudi 1 mai 2008

Il brûle encore...

"Finalement, tout ça se réduit à un excès d'informations sur nous-mêmes. Autrefois, on pouvait s'ignorer. On pouvait garder ses illusions. Aujourd'hui, grâce aux médias, au transistor, à la télévision surtout, le monde est devenu excessivement visible. La plus grande révolution des temps modernes, c'est cette soudaine et aveuglante visibilité du monde. Nous en avons appris plus long sur nous-mêmes, au cours des dernières trente années, qu'au cours des millénaires, et c'est traumatisant".
Romain Gary, L'angoisse du roi Salomon

"Si tu veux comprendre la part que joue le sourire dans mon oeuvre - et dans ma vie - tu dois te dire que c'est un réglement de comptes avec notre "je" à tous, avec ses prétentions inouïes et ses amours élégiaques avec lui-même."
Romain Gary, La nuit sera calme

dimanche 19 août 2007

Filmographie de l'été

Je viens de me rendre compte que la copine de Pignon (c'est possible...) est Forrest Gump: elle marche du matin au soir et du soir au matin.

En parlant de film, envore vu un film de pianiste tarée et ratée, La tourneuse de pages. C'est marrant comme les pianistes inspirent les réalisateurs. Ca m'enerve, comme d'hab. Cette fois-ci, c'est une histoire encore malsaine qui se trame, une histoire d'homosexualité latente sur fond de projection de soi dans l'autre, le tout inspiré par la vengeance. Un bon film, franchement, tenu par un suspens délicieux d'ambiguité.

samedi 11 août 2007

Cioran, L'anti-prophète (in Précis de décomposition)

"Dans tout homme sommeille un prophète, et quand il s'éveille il y a un peu plus de mal dans le monde...

La folie de prêcher est si ancrée en nous qu'elle émerge de pro- fondeurs inconnues à l'instinct de conservation. Chacun attend son moment pour proposer quelque chose: n'importe quoi. Il a une voix: cela suffit. Nous payons cher de n'être ni sourds ni muets...

Des boueux aux snobs, tous dépensent leur générosité criminelle, tous distribuent des recettes de bonheur, tous veulent diriger les pas de tous: la vie en commun en devient intolérable, et la vie avec soi-même plus intolérable encore: lorsqu'on n'intervient point dans les affaires des autres, on est si inquiet des siennes que l'on convertit son "moi" en religion, ou, apôtre à rebours, on le nie: nous sommes victimes du jeu universel...

L'abondance des solutions aux aspects de l'existence n'a d'égale que leur futilité. L'Histoire: manufacture d'idéaux..., mythologie lunatique, frénésie des hordes et des solitaires..., refus d'envisager la réalité telle quelle, soif mortelle de fictions... La source de nos actes réside dans une propension inconsciente à nous estimer le centre, la raison et l'aboutissement du temps. Nos réflexes et notre orgueil transforment en planète la parcelle de chair et de conscience que nous sommes. Si nous avions le juste sens de notre position dans le monde, si comparer était inséparable du vivre, la révélation de notre infime présence nous écraserait. Mais vivre, c'est s'aveugler sur ses propres dimensions... Que si tous nos actes -depuis la respiration jusqu'à la fondation des empires ou des systèmes métaphysiques -dérivent d'une illusion sur notre importance, à plus forte raison l'instinct prophétique. Qui, avec la vision exacte de sa nullité, tenterait d'être efficace et de s'ériger en sauveur?

Nostalgie d'un monde sans "idéal", d'une agonie sans doctrine, d'une éternité sans vie... Le Paradis... Mais nous ne pourrions exister une seconde sans nous leurrer: le prophète en chacun de nous est bien le grain de folie qui nous fait prospérer dans notre vide.

L'homme idéalement lucide, donc idéalement normal, ne devrait avoir aucun recours en dehors du rien qui est en lui... Je me figure l'entendre: "Arraché au but, à tous les buts, je ne conserve de mes désirs et de mes amertumes que leurs formules. Ayant résisté à la tentation de conclure, j'ai vaincu l'esprit, comme j'ai vaincu la vie par l'horreur d'y chercher une solution. Le spectacle de l'homme, -quel vomitif ! L'amour, -une rencontre de deux salives... Tous les sentiments puisent leur absolu dans la misère des glandes. Il n'est de noblesse que dans la négation de l'existence, dans un sourire qui surplombe des paysages anéantis.

Autrefois j'avais un "moi"; je ne suis plus qu'un objet... Je me gave de toutes les drogues de la solitude; celles du monde furent trop faibles pour me le faire oublier. Ayant tué le prophète en moi, (Comment aurais-je encore une place parmi les hommes ?)

mardi 31 juillet 2007

La vie sexuelle de...

Une petite réflexion qui m'a bien fait marrer dans "God save la France" à propos de pseudo écrivains qui se réunissent pour lire leurs oeuvres (et parmi lesquels je range avec bonheur Beigbeder):
Au tour de Jake. Il sortit une feuille de son classeur et se mit à lire des poèmes sur les vagins qu'il avait fréquentés. Ils parlaient tous de leur vie sexuelle, ces écrivains, qui se trouvaient par ailleurs (à mon humble avis) les personnes les moins sexy que j'eusse vu à Paris, hormis dans les files qui poireautent devant les abris de l'Armée du Salut.

Le petit anglais que je trouvais très énervant au début me fait de plus en plus rire. Une plutôt bonne surprise.

vendredi 27 juillet 2007

Féminine posture d'accueil...

La scène de séduction de Belle du Seigneur n'a jamais été retranscrite sur le net. En voici quelques passages:
Dites, tous ce futurs cadavres dans les rues, sur les trottoirs, si pressés, si occupés et qui ne savent pas que la terre où ils seront enfouis existe, les attend. Futurs cadavres, ils plaisantent ou s'indignent ou se vantent. Rieuses condamnées à mort, toutes ces femmes qui exhibent leurs mamelles autant qu'elles peuvent, les portent en avant, sottement fières de leurs gourdes laitières. Futurs cadavres et pourtant méchants en leur court temps de vie...
Universelle adoration de la force. Ô les sublaternes épanouis sous le soleil du chef, ô leurs regards aimants vers leur puissant, ô leurs sourires toujours prêts, et s'il fait une crétine plaisanterie le choeur de leurs rires sincères. Sincères, oui, c'est ce qui est terrible. Car sous l'amour intéressé de votre mari pour moi, il y a un amour vrai, désintéressé, l'abject amour de la puissance, l'adoration du pouvoir de nuire. Ô son perpétuel sourire charmé, son amoureuse attention, la courbe déférente de son postérieur pendant que je parlais. Ainsi, dès que le grand babouin adulte entre dans la cage, ainsi les babouins mâles mais adolescents et de petite taille se mettent à quatre pattes, en féminine posture d'accueil et de réception, en amoureuse posture de vassalité, en sexuel hommage au pouvoir de nuire et de tuer...

Et puis LE passage culte très très raccourci par manque d'envie:
Babouinerie partout. Babouinerie et adoration animale de la force, le respect pour la gent militaire, détentrice du pouvoir de tuer. Babouinerie, l'émoi de respect lorsque les gros tanks défilent. Babouinerie, les cris d'enthousiasme pour le boxeur qui va vaincre, babouinerie, les encouragements du public. [...] Babouinerie, partout.

vendredi 8 juin 2007

Peu lu de Sartre à part ses grandes oeuvres littéraires qui m'ont touchées (j'étais à Rio lorsque j'ai lu La Nausée et je me souviens encore du canapé sur lequel j'ai lu la scène du marronnier, cher "Tâ"). Peut-être est-il lui aussi ce que mon imaginaire décrit comme un "dominé", un "raté" qui a réussi, au côté de Rousseau et de Valéry?

Je ne peux pas ranger (à quoi bon?) Cioran de ce côté. Il assume beaucoup trop, et brise le dernier tabou, la dernière pression, la dernière prison, qui l'enchaîne à la vie: il n'aime pas la vie. Il cherche la liberté encore plus loin, peut être en son seul endroit.

Une phrase de Cioran qui résume bien sa pensée et sur laquelle je suis retombée il y a peu: "Vivre, c'est s'aveugler sur ses propres dimensions".

Et ecrire un blog, c'est encore pire!

samedi 12 mai 2007

Débridez-vous la vie... (slogan pour Bridelight)

Un ami revenu il y a peu du Japon m'a rapporté les incongruités de nos amis nippons. Les plus branchés se font débrider les yeux (l'on coupe le bord intérieur des yeux, beurk) et dépigmenter le teint tandis que d'autres se teignent les cheveux en orange pour se différencier de la masse.

Tentative d'occidentalisation et de différenciation ratée, puisque les "débridés" ont désormais en permanence un air surpris plus qu'un faciès européen… De plus, il est toujours difficile de paraître original avec des cheveux orange quand tout le monde se les teint de la même couleur. Nous ne sommes pas mieux avec notre style unisexeforme (j'ai moi-même cédé à la tentation de la converse il y a peu; sans doute que la mode va donc bientôt changer).

Mais tout cela, on ne peut le remarquer qu'en tant qu'étranger. Montesquieu l'avait bien compris, qui critiquait les coutumes chrétiennes à travers le regard d'un étranger, dans ses Lettres persanes. Werber, quelques années plus tard, nous resservait ce même regard extérieur, mais Mondialisation oblige, c'est du point de vue d'un extra-terrestre débarqué sur Terre que l'être humain est observé.

Nos amis les Terriens devrait être une formidable entreprise de remise en question de nos "coutumes". Un film duquel j'attendais un regard tendre tout autant que cruel sur cet absurde roseau pensant que nous sommes… J'avais envie de sentir cette ambivalence, que derrière l'horreur de ces simagrées humaines se cachait quelque chose d'absolument beau, admirable, intangible. Une sorte de vision en contrepoint, dans lequel se serait logé le sentiment d'absurdité. Mais le film ne prend pas, il échoue à nous faire sentir l'absurdité de cette condition humaine. Trop rapide sur certains sujets, trop caricatural sur la sociologie des humains, s'étendant en longueur sur d'autres sujets qui n'apportent rien. Un mauvais rythme en fait. Trop ambitieux, peut-être.

C'est bon, c'est qu'il reste encore des choses à faire de ce côté-là…