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vendredi 20 juillet 2007

C'est la vie...

C'est triste un samedi sans envie… Le seul jour où il faudrait en avoir. Tandis que pendant la semaine, les envies affluent sans pouvoir être satisfaites à cause du boulot: la vie est mal faite, il faudrait que les samedis tombent un autre jour. Le dimanche, moi, ne m'affraie pas. Au contraire, quel bonheur le dimanche. Rien à faire et surout rien le droit de fouttre, tout est fermé. Les gens se retrouvent face à eux même sans pouvoir s'acheter leur vie aujourd'hui. J'aime ce jour, un jour de repos, où l'on se pause. Le calme, la liberté de lire, regarder, écouter…

Je regarde les gens autour de moi, et je les trouve aussi tristes que moi. Pas dans le même sens, car c'est comme s'ils ne voyaient pas. Je ne comprends pas qu'on puisse ne pas penser que tout ce que l'on fait est vain. Tous ces gens qui s'agitent m'épuisent. Ils ne voient pas le trou béant sous leurs pieds. Le monde s'effondre, s'abime sous eux. Et rien.

Qu'il est ridicule, celui-là qui gesticule devant moi dans le métro parce qu'il écoute son walkman: il est dedans et il veut surtout le montrer. Il ferme les yeux, bat des pieds, et hoche la tête de temps en temps. Il me fait pitié. Pourquoi est-il se fier d'écouter de la musique, bon dieu. Pas de quoi être prétentieux.

Et chacun y va de sa voix, appelant de toutes ses forces, pour qu'on le regarde…

lundi 9 juillet 2007

Mal au coeur de l'être humain, j'en ai trop vu ces derniers temps. Malade ce matin, je lis quelques blogs à droite à gauche, encore plus mal au coeur, j'avais oublié ca. Parler de soi à la Terre entière, tellement prétentieux. Qu'est-ce que je fous encore sur un blog dans un espèce d'entre-deux à mi-parler de soi! Une question de cible, tout ca...

dimanche 20 mai 2007

Qui s'aime le vent

6ème café, 15ème clope. Rien bouffé en ce dimanche de saints de glace retardataires. Dimanche morne et englué.

Je me refais le CV comme on se refait la face, maquillage prétentieux de rigueur, pour faire bonne figure. Je ne me reconnais pas dans la glace du papier. Expériences figées, papier glacé. Tout sauf moi. Trop froid en cette période pour se tenir chaud à soi-même.

Ce soir, un anniversaire au trou-du-cul du monde, fête quand je suis au fond du trou. Ca me fait penser à Zarathoustra, je ne sais pas pourquoi.

D'ailleurs, en train de lire la douleur de Duras. Je lis - avec la même dévotion qu'elle a du avoir en les retrouvant - des pages de jeunesse qu'elle avait écrites, perdues et redécouvertes.

"J’ai retrouvé ce journal dans deux cahiers des armoires bleues de Neauphle-le-Château.

Je n’ai aucun souvenir de l’avoir écrit.

Je sais que je l’ai fait, que c’est moi qui l’ai écrit, je reconnais mon écriture et le détail de ce que je raconte, je revois l’endroit, la gare d’Orsay, les trajets, mais je ne me vois pas écrivant ce journal. Quand l’aurais-je écrit, en quelle année, en quelles heures du jour, dans quelle maison? Je ne sais plus rien.

Ce qui est sûr, évident, c’est que ce texte-là, il ne me semble pas pensable de l’avoir écrit pendant l’absence de Robert L.

Comment ai-je pu écrire cette chose que je ne sais pas encore nommer, et qui m’épouvante quand je la relis. Comment ai-je pu de même abandonner ce texte pendant des années dans cette maison de campagne régulièrement inondée en hiver.

La première fois que je m’en soucie, c’est à partir d’une demande que me fait la revue Sorcières d’un texte de jeunesse.

La Douleur est une des choses les plus importantes de ma vie. Le mot "écrit" ne conviendrait pas. Je me suis trouvée devant des pages régulièrement pleines d’une petite écriture extraordinairement régulière et calme. Je me suis trouvée devant un phénoménal désordre de la pensée et du sentiment auquel je n’ai pas osé toucher et au regard de quoi la littérature m’a fait honte."


Je sens ce qu'elle a pu sentir en se relisant elle-même ("est-ce bien moi?"). J'ai l'impression de retrouver un manuscrit secret, de lire le précieux témoignage d'un de mes ancêtres, que j'aurais trouvé dans la cave de la maison familiale.

samedi 19 mai 2007

Dis, quand reviendras-tu?

Phrases avortées. Travail par petites touches. Effet manqué, chut. Chute. Incertitude. Envie de phrases courtes, sans sujet, sans verbe, sans action. Sans être. Métalangage. Trois petits points. Hésitation. Victime du contingent. Le corps. Deux pas en avant, trois en arrière. La peur. Presque peur en vérité.

Elle est revenue ce matin. Sans prévenir. Souffle coupé.

On se regarde en chien de faïence.