dimanche 18 mai 2008

L'eau à la bouche...

A quoi reconnaît-on une âme rééllement scientifique?
C'est quelqu'un qui est surtout très ouvert... Le scientifique cherche à enfermer mais est capable et même désireux de se voir remettre en cause.

Je m'explique: l'abstraction est le maître-mot du scientifique, il cherche à enfermer un nombre fini d'éléments dans une loi qui gouverne ces éléments, qui les résume. Mais c'est évidemment l'infini qui est à terme son objet de conquête, quel idéaliste ambitieux! Aussi tout élément nouveau qui vient contredire sa théorie vient en fait l'enrichir. Il faut faire rentrer le nouvel élément dans la boîte, et chercher (quel plaisir de chercher!) en quoi il modifie les paramètres de la précédente boîte tout en incluant toujours les autres éléments.

Voilà à quoi on reconnait le véritable scientifique, il aime le merveilleux, il aime la nouveauté comme étant un objet de conquête à défier, il aime à être SURPRIS. Il salive devant ces phénomènes qu'il n'arrive pas à comprendre, à saisir, même, au sens propre. Il jubile, un nouveau jeu, un instrument de plaisir pur, comme j'aimerais...

Car désormais pour moi, cl. est l'abréviation de client, non plus de chlorure...

Je cherche l'absolu, non le relatif

L'être humain est un être d'habitude... Et à quel point!
Je déteste que l'histoire prenne à ce point de l'importance sur nos vies, la conditionne sans qu'on puisse réagir, que le passé soit un poid, qui empêche de choisir. Je déteste que les traditions fassent office de vérité. Bref, tout cela pour dire qu'aujourd'hui, il ne fait pas 20°C mais bien 293° au dessus du zéro absolu (qui n'est pas un zéro relatif inventé par l'humain).

Et un phénoménologue de me répondre: "je n'ai pas beaucoup dormi hier, et j'ai très froid aujourd'hui. Il ne fait pas 20°C comme l'indique le thermomètre. Pour moi, il fait 15°C aujourd'hui."

Il est chiant le phénoménologue, quand même, non?

samedi 17 mai 2008

Le sans commentaire du week-end

Je suis tellement au dessus de tout que j'en visite les bas fonds.

mardi 13 mai 2008

Paroles

Toi et ton côté pygmalion,
Qui croyait faire de moi un papillon.

Un couple qui copule,
Un plouc qui picole.

dimanche 11 mai 2008

Lettre d'insulte

Chère amie,

Je ne sais pas comment tu fais pour être aussi bornée et stupide. Tant de banalités réunies en une seule personne, c'est un exploit. Et je dois te féliciter: tu es l'incarnation du ridicule, de l'étroitesse, tu es l'incarnation du Dictionnaire des Idées Reçues à toi toute seule; même Flaubert n'a pas été aussi inventif. Je sais que dès que je m'approcherai de toi, j'y retrouverai toute l'étroitesse qui caractérise ta petite vie quotidienne merdique. Tu me raconteras alors ta vie méthodique et organisée, tu critiqueras pointilleusement les erreurs de tes collègues de bureau, et te rejouiras de ta supériorité (car oui, aussi étonnant que cela puisse paraître, tu es pleine de toi-même, l'erreur de l'autre te réjouit, te fait plaisir, et te renforce tristement dans ce que tu es), tu me raconteras tes voyages pour montrer ton ouverture et parleras de la dernière émission de mai 68, pour montrer que tu es une femme du monde informée.
Mais tu veux que je te dise? On sent que tu es une provinciale complexée de Paris, on sent tes goûts de beaufs derrière un faux-semblant de raffinement, on sent que tu es complexée de ne pas avoir fait les "études" qu'il fallait: ta vie est un enfer de "il faut".

Toutes tes phrases sont impregnées de cette débilité mortifère. Tes réflexions snobs sur les gens "à ne pas fréquenter", ta peur de l'originalité, de la vie, de l'envie. Ton plaisir palpable à t'accaparer les choses "à faire" et "à dire", tes pret-à-penser qui ne sont qu'un pillage des pensum les plus vulgaires.

Mais tout cela reste entre nous, n'est-ce pas?

Mon merveilleux humain

Voilà ce que j'ai concrètement réussi aujourd'hui: trouver des gens que j'aime, des vrais gens qui ont cette touche humaine si sensible et touchante. Des vrais êtres humains qui ont ce regard cynique, jusqu'à sinistre, mais qui dévoile cette superbe et idéale humanité. Beaux dans leur laideur quotidienne.

Dessine-moi une envie

Il est loin le temps de l'enfance, ce temps où l'éternité est un quotidien. Je suis encore jeune aux yeux des vieux (et pour cause) mais je me sens déjà proche de l'issue... Je m'agite en tout sens en me disant que je ne sais pas dessiner, que je ne sais pas programmer sur un ordinateur, que je n'ai pas eu le temps de monter ce groupe et de me mettre à la batterie, que je n'ai toujours pas repris mes études de biologie, que je n'ai pas écrit ce bouquin rêvé, que je n'ai pas composé, que je n'ai étudié la philosophie comme je le voulais. J'ai peur d'oublier mes désirs, je devrais les noter consciencieusement: "liste d'envie en cas de déprime", "nourriture terrestre à utiliser en cas d'inaction adulte", "liste de choses à accomplir avant de mourir".

J'ai essayé de me remettre au dessin tout à l'heure, une photo de moi petite, qui regarde vers le haut alors que je grimpe à un arbre. J'étais belle, petite, avec ces grands yeux très en amande, des yeux attirés, curieux de voir ce qui passerait tout en haut, et ce demi-sourire amusé tout autant que craintif. Un regard vif et profond, tourné vers les cieux, vers la cime. Une sorte d'aspiration respectueuse, pieuse de la vie. Une envie. Comme j'aimerais retrouver ce regard...

Comment dessiner une envie? Comment dessiner un enfant dont les traits sont encore si peu marqués, sans le vieillir? Mais mes traits à moi, sont désormais marqués, marqués par le temps, un temps qui s'enfuit, le temps qui passe. Je suis aujourd'hui en haut de la cime et je regarde le chemin parcouru. Ce n'est pas si intéressant que je le croyais, tout en haut... On surplombe, mais il n'y a plus de possibilité d'aller plus haut. La vie sera désormais redescente comme après un shout, pourvu que je ne m'écrase pas, la vie est fragile et emporte qui elle veut aux moments les moins opportuns, ou pas.

Pourtant, je fais la génération d'aujourd'hui, nous sommes à notre âge les actuels décideurs de monde, nous le fabriquons à notre envie, ce qui n'est pas le cas quand on est petit: je peux décider le monde. Mais je n'ai plus ni le temps ni la foi. Je dessine trop vite, je perds ma patience. Vite, demain tu es morte. Comment pouvoir se concentrer et retrouver cette foi qui abolit toute notion de temps et me permettait de dessiner en prenant mon temps?