vendredi 27 juillet 2007

Féminine posture d'accueil...

La scène de séduction de Belle du Seigneur n'a jamais été retranscrite sur le net. En voici quelques passages:
Dites, tous ce futurs cadavres dans les rues, sur les trottoirs, si pressés, si occupés et qui ne savent pas que la terre où ils seront enfouis existe, les attend. Futurs cadavres, ils plaisantent ou s'indignent ou se vantent. Rieuses condamnées à mort, toutes ces femmes qui exhibent leurs mamelles autant qu'elles peuvent, les portent en avant, sottement fières de leurs gourdes laitières. Futurs cadavres et pourtant méchants en leur court temps de vie...
Universelle adoration de la force. Ô les sublaternes épanouis sous le soleil du chef, ô leurs regards aimants vers leur puissant, ô leurs sourires toujours prêts, et s'il fait une crétine plaisanterie le choeur de leurs rires sincères. Sincères, oui, c'est ce qui est terrible. Car sous l'amour intéressé de votre mari pour moi, il y a un amour vrai, désintéressé, l'abject amour de la puissance, l'adoration du pouvoir de nuire. Ô son perpétuel sourire charmé, son amoureuse attention, la courbe déférente de son postérieur pendant que je parlais. Ainsi, dès que le grand babouin adulte entre dans la cage, ainsi les babouins mâles mais adolescents et de petite taille se mettent à quatre pattes, en féminine posture d'accueil et de réception, en amoureuse posture de vassalité, en sexuel hommage au pouvoir de nuire et de tuer...

Et puis LE passage culte très très raccourci par manque d'envie:
Babouinerie partout. Babouinerie et adoration animale de la force, le respect pour la gent militaire, détentrice du pouvoir de tuer. Babouinerie, l'émoi de respect lorsque les gros tanks défilent. Babouinerie, les cris d'enthousiasme pour le boxeur qui va vaincre, babouinerie, les encouragements du public. [...] Babouinerie, partout.

11 commentaires:

Anonyme a dit…

L'amour, c'est l'infini mis à la portée des caniches, et j'ai ma dignité, moi, que j'lui réponds...

P. a dit…

Ferdinand! Voilà...

Anonyme a dit…

Ben oui… qui d’autre ? ;-)

Je t’aurais bien cité du Musset et ses phoques les plus informes qui rampent et se tordent, mais l’ayant déjà fait sur le blog de -M-… cela aurait été pour le moins déplacé de ma part, ne trouves-tu pas ?

Je réalise que mon bestiaire amoureux est limité, en fait. Cela étant, c’est encore ce passage de Voyage qui me convient le plus…

Anonyme a dit…

Tiens, un blog qui fait écho au mien ;-).
Tu m'en vois flattée.

Toujours pas profité du Burger king, incroyable!!!

P. a dit…

Echo à ton blog, peut-être... Mais qui résonne depuis longtemps en moi, surement: "Je connais bien les etres humains. Malheureuse, je les connais par trop bien, leurs manieres de reagir, leurs défaillances, leurs imperfections, ou leurs bontés. Parfois, en mère de l’humanité, je les regarde avec attendrissement. Ils sont si mignons à vouloir toujours batir et rebatir, à elaborer des chantiers grandiloquents, à lutter pour continuer à survivre, encore et encore, à produire, à reproduire, toujours. Je m’émeus de les voir s’agiter, réclamer, pleurer sans remarquer le vide sous leurs pieds. Parfois, dégoutée de leur etroitesse, de leur prétention, je me répands contre leur médiocrité : qu’ils sont simples, une mécanique si logique, si mathématique, un comportement si modélisable… Si facile de le séduire, de provoquer à sa guise douleur ou plaisir en lui. Méprisez-le, il accourt. Comme l’etre humain se flaire facilement, trop humain..."

Anonyme a dit…

Tu donnes encore dans la myrmécologie (désolé j'adore ce mot - ça va me passer), tu me fais penser à la psycho-histoire des romans d'Asimov.

Pas très optimiste, tout ça ! ;-)

Enfin... Tout est dans tout et réciproquement.

P. a dit…

Tu veux dire entomologie? Certes... Pourquoi crois-tu que je veux faire de la bio?!?

Je ne connais pas Asimov... Quoi de lui?

Tu sembles avoir une culture (une mémoire?) à rallonge! Vivement que je vois l'homme pour "sentir" qui il est ;-)

Anonyme a dit…

Myrmécologie, j’insiste, mais cela relève de l’entomologie, bien sûr. Ou de la taxinomie (Depuis combien de temps n’avais-je pas appris de mot nouveau ? Il me manquait celui-là !)

Asimov est un ultra-classique de… la science-fiction. Il a notamment posé les règles de bases que se doit de suivre tout auteur qui écrirait sur les robots et a, en l’occurrence, composé une série (dont j’ai oublié le nom) fondée sur la psycho-histoire, selon laquelle les mouvements des sociétés humaines sont prévisibles.

(manque de romantisme, tout ça… encore que… « La connais-tu Daphné, cette ancienne romance (…) qui toujours recommence ? », hein, dis, tu la connais-tu ?)

Culture, mémoire à rallonge… Mouaif… n’écarte pas l’hypothèse toujours possible selon laquelle j’ai déjà claqué sur ton blog tout ce que je sais et/ou ai cherché à faire illusion à grands coups de Google et autre Wikipédia (y’a le wifi dans les burger king, ça pourrait me dépanner ?). Ou alors que je sois ultra ch***. Dans les deux cas (au demeurant non incompatibles), tu seras vite fixée… je ne m’inquiète pas… et quoiqu’il en soit la curisioté sera assouvie.

Vive l’assouvissement !

-M- a dit…

Hapax : le crève-la faim des blogs!
Etonnée qu'à peine partie (mais revenue) tu souhaites en voir une autre.
Trop peur de moi?

P. a dit…

Hapax: et oui, je suis taxico...

Mél: Et alors, jalouse ;-p

Anonyme a dit…

(Dîtes, les filles, j’ai un boulot sérieux, si vous pouviez éviter de me faire éclater de rire seul dans mon bureau le matin… ça sauverait mon reste de réputation…)

:-))