samedi 21 juillet 2007

La Part de l'Autre

Se méfier des grandes causes, des généralisations "axe du bien, axe du mal", des grands principes moraux. Ils sont généralement le motif justificateur d'actes de vengeance bien plus sauvages.

Je me méfie toujours des gens qui se rangent du côté du "bien", naturellement, sans se remettre à chaque instant en question, sans "juger" au sens de prendre la mesure des choses et trancher avec nuance.

Personne ne croit faire le mal en le faisant, il se justifie de la légitimité de ce mal qu'il fait (car dans l'"économie psychique", je crois que "faire mal" coute très cher et demande moult justifications, compensations. Mais cela supposerait qu'il existe une morale universelle, ce dont je doute fort. Cette morale universelle provient peut-être de la culture commune, de l'éducation? En gros, le sur-moi...).

Bush en est evidemment l'exemple le plus patent. Et selon moi, un Hitler ou un Staline étaient persuadés de faire le bien, ou du moins, justifiaient leurs actes par l'atteinte d'un idéal (fou, va sans dire), c'est-à-dire d'un meilleur à leur sens. Je viens de voir Persepolis, il y a peu et l'on retrouve tout cela (le film est vraiment super d'ailleurs).

C'est pour cela qu'il faut rester très vigilant à l'égard de tout. Que nous sommes tout un chacun capable des pires exactions au nom du bien! Ca fait peur, cette responsabilité que l'on a tous...

10 commentaires:

-M- a dit…

Je trouve dangereux de comparer un Hitler au commun des mortels!!!
Jamais cet être n'a voulu faire du bien. Trouve-moi un autre être capable d'exterminer tout un peuple et on en reparlera.

Tout n'est que question de pouvoir et tout n'est pas "rationalisable".

Il est des êtres gentils et d'autres qui n'ont que faire de s'encombrer de bons sentiments. C'est en partie pour cela que certains se font avoir (en partie, puisqu'il y a le pouvoir) et d'autres pas.
Et cela n'a rien à voir avec le manichéisme.

Le tabac, c'est tabou, on en viendra tous à bout! (suis-je méchante avec le tabac ou gentille avec l'humain quand j'affirme cela ;-) ?)

Bonne journée ensoleillée.

Anonyme a dit…

Pas entièrement d’accord non plus, car ce n’est pas forcément au titre d’un bien prétendu que les pires exactions sont commises ou même d’une folie, sinon celle du pouvoir, de l’appât.

Mais sur le fond, pour le restant du commun des mortels, j’acquiesce entièrement. Le blanc et le noir n’existent pas, tout est gradation de gris. Et de se demander, parfois dans la noirceur la plus extrême où existe encore une étincelle d’humanité, la chercher, parvenir à la trouver, arriver à la montrer… Et à l’inverse, quant aux gentils… ils peuvent être parfois très destructeurs, faute de voir avec une juste mesure les intensités de gris, d’avoir la moindre nuance et de parvenir à comprendre les autres. When she was good de Roth en est un bon exemple.

-M- a dit…

Très bon livre.

Je suis de plus en plus malade : j'ai peur.

Anonyme a dit…

Mal accueilli par la critique qui n'y avait vu qu'un roman de gare.

Peur ? de quoi donc ?

P. a dit…

Mél:

"Je trouve dangereux de comparer un Hitler au commun des mortels!!!"

Pourquoi serait-ce "dangereux"? Je trouve au contraire cela responsabilisant, non? Et je trouverais grave de dire "moi jamais", c'est un premier pas de laxisme envers soi si l'on se dit que jamais l'on ne pourra faire de mal. Et si...??? Il faut être très vigilant envers soi et les autres au contraire.


"Jamais cet être n'a voulu faire du bien."

Je ne dis pas qu'il n'avait pas conscience de faire le mal. Mais ce mal qu'il faisait était justifié par un idéal, c'est-à-dire par le bien selon lui! (c'est aussi la limite bien-mal qui est mobile ici)


"Trouve-moi un autre être capable d'exterminer tout un peuple et on en reparlera."

Oh que si, ca existe. Je te cherche ca, je te donne tous les noms de l'histoire et on en reparlera (mais tous n'ont pas réussi à aller si loin; ce qui est aussi étonnant chez Hitler, c'est qu'il ait été suivi à ce point!! Dangereux, pour le coup)


"Tout n'est que question de pouvoir et tout n'est pas "rationalisable"."

C'est vrai pour le pouvoir (encore faut-il se demander pourquoi). Que vient faire "rationalisable" ici?


"Il est des êtres gentils et d'autres qui n'ont que faire de s'encombrer de bons sentiments."

Ce serait bien trop rassurant de se dire cela...! Les gentils d'un côté, les méchants de l'autre (en mieux dit pour faire passer la pilule;-). Chez Walt Disney, mais pas dans la vraie vie: on ne peut pas enfermer les choses de la sorte;-)


"C'est en partie pour cela que certains se font avoir (en partie, puisqu'il y a le pouvoir) et d'autres pas."

Ttt, ttt, ttt, tu parles beaucoup trop de toi, ici :-) Pas compris: "en partie, puisqu'il y a le pouvoir"


"Et cela n'a rien à voir avec le manichéisme.
Le tabac, c'est tabou, on en viendra tous à bout! (suis-je méchante avec le tabac ou gentille avec l'humain quand j'affirme cela ;-) ?)

Bonne journée ensoleillée."

Bisous mon coeur

P. a dit…

Hapax:

"Pas entièrement d’accord non plus, car ce n’est pas forcément au titre d’un bien prétendu que les pires exactions sont commises ou même d’une folie, sinon celle du pouvoir, de l’appât."

Ce sont des choses avec lesquelles tu ne peux pas vivre par la suite... Il faut absolument leur trouver une justification (le bouc-émissaire est alors bien pratique, d'ailleurs, pour expulser nos propres mauvais sentiments... Enfin, je n'ai jamais lu de René Girard, mais il faudra que je le fasse avant de mourir :-)
Toujours ce pouvoir. Qu'appelle-t-on par pouvoir? Que confère-t-il? C'est une notion que j'ai du mal à ... "cadrer" ;-)


"When she was good de Roth en est un bon exemple."

Je ne connais pas du tout. C'est bien? Un deuxième "Justine"?

P. a dit…

Pour la Part de l'Autre, j'ai trouvé ce roman très dur à lire pour soi-même. Il m'a remise en cause à chaque page... (cette identification à Hitler que l'auteur propose est particulièrement perturbante, et l'on résiste à chaque page!).

Et puis, apparemment, très très documenté. Après, le Schmidt est spécialiste de la bio à sensation!

Anonyme a dit…

Justine... euh... de Sade ????

J'avais pas tilté que tu étais sur le bouquin d'Eric-Emmanuel Schmitt, lu trop vite ton article et son titre. Je comprends mieux maintenant.

Dans le genre "vivre avec après avoir commis le plus abominable", as-tu lu l'adversaire de Carrère ?

-M- a dit…

Moi oui, j'en ai vu également l'adapatation cinématographique.
Toujours pas guérie, papa.

Anonyme a dit…

Tu as de bonnes lectures ! J'ai pas vu le film, je voulais mais l'ai raté.

Bon, ça se finit mal...


Toujours pas guérie donc... tu ne sors pas ce soir !