samedi 21 juillet 2007

Texte de tout compte

L'"économie" des gens m'intéresse beaucoup. J'aurais pu aussi dire psychologie. Ou bien système. Mais ce que j'entends plus précisément par économie, c'est cette organisation en bilan comptable de la psychologie des gens… C'est Freud lui-même qui parle de dépense psychique, me semble, dans son mot d'esprit et son rapport avec l'inconscient. L'idée que j'avais digérée et retenue du livre (enfin, l'écho que ce texte a eu sur moi, et la manière dont je l'interprète) est que le plaisir du bon mot proviendrait d'une économie de moyen de la part du locuteur qui concentre la parole à son maximum.

En gros, le locuteur condense, "zippe" plusieurs informations en une seule et c'est à l'interlocuteur de dézipper, de décompresser l'information. Le plaisir provient de cette économie de dépense psychique.

Mais c'est un peu différemment que j'entends le mot "économie" ici. Autant, nous étions dans le compte de résultat ci-dessus, autant je parle maintenant de l'aspect comptable.

Primo, je ne crois pas du tout à l'acte gratuit à l'état de nature. Je ne porte pas un jugement sur l'être humain. C'est juste un état de fait et ce n'est ni bien, ni mal. Bien sur, on peut l'atteindre par la raison (et c'est d'ailleurs une des beautés de la raison que d'"accomoder" l'instinct), mais instinctivement, dans le cerveau primaire, l'acte gratuit n'existe pas. Il y a toujours un rééquilibrage entre les plus et les moins qui se fait en permanence.

Deuxio, la balance comptable serait organisé, et ce n'est pas novateur, sur le principe de plaisir (encore le cerveau primaire), chaque dépense psychique venant impacter négativement le capital plaisir, et chaque recette psychique venant renflouer les caisses (le jeu les Sims est vraiment fait de la sorte, avec la barre d'énergie verte du bonheur à gérer! Heureusement que l'on est moins conscient de tout ca, car quelle inconsistance si l'on se voyait tout un chacun aussi simple!). Finalement, cela revient à dire qu'il n'y a pas d'acte gratuit, mais seulement un intérêt personnel qui se camoufle toujours derrière n'importe quel acte (c'est là tout l'art du bon chef: faire croire, ou mieux, se faire croire que son intérêt personnel est d'ordre général, mais je dérive...).

Tertio, de cette balance inconsciente proviendrait l'équilibre ou non (ne parle-t-on pas d'équilibre psychique?). Une grande instabilité dans ces comptes peut procurer beaucoup de plaisir, mais à coup de grandes compensations, de virages à 360°, de ruses de la raison (de déni, en psychologie) pour faire accepter au DG central les distorsions. Il y aurait donc deux sortes de bonheur: celui qui enrichit le capital plaisir sans se soucier des coûts de capital et de l'équilibre financier, et celui qui stabilise les comptes, qui égalise recettes et dépenses.

Je ne pense pas à cela tous les matins, à vrai dire. Cette manière de toujours réfléchir les choses est aussi une défense de ma part, une manière de ne pas aborder frontalement les problèmes: je mets beaucoup de théorie autour d'un tout petit problème et mon côté rêveur aidant, je transforme ce "déséquilibre comptable intérieur" en structures acceptables par mon exigeant DG, en modèles abstraits qui évitent le conflit. Bien sur! L'évitement de la psychologie...

Alors, je vais essayer d'aborder le problème frontalement: tu m'as fait du mal, je me suis demandée quelle mouche t'avait piquée. En tout cas, l'on te doit tout le texte ci-dessus.

8 commentaires:

Anonyme a dit…

No comment sur la fin qui ne me concerne pas (c'eût été un différend avec un mec j'aurais pu proposer d'aller lui pêter la gueule mais là, non) mais... tu ne serais pas du genre à ranger les gens dans les cases ??

P. a dit…

Cat�gorie Bukowski? ;-)

Anonyme a dit…

Bien sûr !

Et une vraie interrogation sur ce besoin de compartimenter... ;-)

Anonyme a dit…

Quelle piètre image dans ce cas! Me traiter de débile mentale eût été moins violent :-) Lis donc mon dernier article pour voir à quel point il est important d'être nuancé et intelligent dans la manière de "ranger" les choses.

Il n'empêche que oui, mon cerveau est plutôt enclin à repérer les similitudes et les dissemblances, c'est-à-dire les structures... Mais on ne se refait pas.

Juste pour conclure, celui qui sait ranger les choses est aussi plus rapide dans une tâche...

Anonyme a dit…

Oui, et j’aurais pu dire aussi que tu es certainement psychorigide. :-))

Plus sérieusement, à phrase courte, nuance faible, tu l’auras compris. Juste ton côté myrmécologiste dans ta description des affres du fonctionnement humain, qui fait que je m’interroge sur jusqu’où va… hum… ta nécessaire intellectualisation de ce qui se passe autour de toi… et quelles limites tu laisses à tes émotions.

Mais cela devient trop personnel.

Anonyme a dit…

Bah, on en parlera ;-)

Anonyme a dit…

Si tu le dis.... :-)

Anonyme a dit…

Et maintenant que M est partie en vacances, on en parle quand ?