vendredi 31 août 2007

L'horreur de Lady Di...

Mon dieu, c'est horrible... Cela faisait 10 ans. Dans ma tête, 3 ou 4 ans, pas plus... Peut-être qu'on aura Paris à nos pieds demain, mais j'espère qu'on ne sera pas aux pieds de Paris...

Demain est urgent.

jeudi 30 août 2007

Comme un roman...

- Tu ne dois pas tomber amoureux de moi.

Rien que l'injonction était déjà une invitation. C'était ce qu'elle lui répétait à longueur de temps quand son corps donnait l'inverse à voir. Elle le touchait, le tourmentait des ses longs doigts, devenait toujours plus belle au fur et à mesure qu'elle le côtoyait. Non qu'elle veuille une quelconque histoire avec lui, sa position était très claire là-dessus. Mais une perversité naturelle et joueuse la poussait à tendre toujours plus la relation vers l'ambiguïté: un coup pour voir, un corps pour jouer...

Le pauvre petit être humain en face,manipulé par des ressorts aussi classiques, ne résistait évidemment pas. Que l'être humain est simple et rudimentaire. Le voilà redevenu petit garçon sérieux, attentif aux moindres desideratas de sa maman. Elle brille dans ses yeux, cela crève les yeux, il pourrait tuer père et mère si elle lui demandait, renoncer à cette raison qui fait pourtant de lui un être humain.

Demain, il pourrait commettre les pires atrocités inhumaines. Parce qu'il est amoureux. C'est le paradoxe que je comprends le moins.

L'amour dans nos sociétés est considéré comme quelque chose de sacré. Passé 25 ou 30 ans, chaque être humain en recherche un autre avec une sorte de compulsion médiocre: voilà qui occupe bon nombre de conversations. Certains tombent sur la "bonne personne", d'autres non mais restent avec elle: après tout, c'est l'âge de rencontre qui décide de la relation, non la personne en face. A défaut d'être amour, on fait l'amour, on le mime, on le singe, à l'image de l'idée que l'on s'en fait, que la société nous en donne. Désolant. Mais lorsqu'on le vit réellement, lorsqu'il emporte sur son passage tous les repères et toutes les certitudes que le petit humain s'était durement constitués, lorsqu'il remet en cause le fondement de ce qu'il est profondément, l'amour devient une sorte de sacralité que tout le monde respecte d'un coup.

Un "je suis amoureux" lancé pour se justifier d'une erreur vaut bien plus qu'une somme d'arguments patiemment construits. Bref, l'amour est une porte ouverte à toutes les exactions. En plus de n'être qu'un exclavagisme camouflé, il inspire un respect circonspect et admiratif de toute la société... Un autre paradoxe.

Il est amoureux, c'est tellement beau, cette puissance dont il est habité et qui peut tout remettre en cause: il est puissant de cette nouvelle liberté sans carcan, de cette enfance nouvellement reçue, de cette résurrection. Il est le Christ.

Je suis entomologue. J'ai passé un temps infini à observer des animaux et à rationaliser leurs comportements. Mon regard en a été déformé: je ne peux plus penser l'humain en termes de sacré, j'ai trop disséqué pour ne pas porter un regard froid et scientifique sur le sujet. Pour moi, Dieu est mort et l'être humain avec. Mon humanité également.

Mais de cette position, j'ai une vue imprenable sur l'être humain, sur ce qu'il appelle amour, morale et toutes ces grandes valeurs dont il fait un usage régulier pour justifier de ce qu'il est et imposer sa recette de vie aux autres.

Pour moi, l'amour est une mue intéressée. Le petit insecte choisit une autre proie pour se débarrasser de son ancienne peau, une peau trop étriquée dans laquelle son expérience de vie ne rentre plus. Il a besoin d'un deuxième corps réceptacle, d'un déversoir où il pourra choisir plus tranquillement (car extérieur à lui) ce qu'il garde et ce qu'il oublie. Une mue, donc, et intéressée qui plus est, mais de cela, il n'est pas conscient: on ne peut pas se permettre de toucher à ce point au sacré.

J'ai toujours perçu le sacré comme dangereux: un argument d'autorité qu'on ne saurait, ne serait-ce que toucher. Il est très gênant de remettre en cause un ordre censément intrinsèque à l'être humain: l'amour. Une sorte de peur magique de toucher à la divinité en l'homme et de toucher la divinité.

J'ai pourtant réussi à recréer scientifiquement les conditions qui font naître l'amour. En chimiste éclairé, j'ai retracé les étapes de l'expérience et sélectionné les ingrédients nécessaires à chaque étape. Un franc succès, l'expérience a fonctionné à chaque fois. J'ai même pu associer des tests complémentaires de sorte à pouvoir bien délimiter les champs, ce qui est sans doute la chose la plus difficile pour valider une hypothèse.

Au tribunal de l'humanité, je passerais pour un vieux fou passible de prison pour crime prémédité quand l'amour serait un crime non prémidité. J'ai pourtant choisi d'être plus prévoyant et responsable, dans cette affaire en prenant conscience de tout ce qui se passait et des conséquences. Ce n'est pas ma faute si je vois à l'avance les 15 coups qui mènent à l'échec et mat, j'aurais préféré ne pas voir.

J'ai arrêté depuis mes expériences et l'idée de pouvoir suggérer l'amour m'a répugné, me renvoyant toujours l'image d'une fin délétère. Car comment être aussi naïf (ou intéressé?), avoir une vue à aussi court terme, et se lancer dans une histoire d'amour en croyant qu'elle durera l'éternité? Quelle inconscience et irresponsabilité pour l'autre! Et quel égoïsme!

Aussi, ce "je ne veux pas que tu tombes amoureux de moi" m'avait-il paru assez responsable dans un premier temps. Mais l'usage qu'elle en avait fait par la suite, car incapable de tomber elle-même de son propre pied d'estale, m'avait semblé encore plus vicieux. Sans doute est-ce cela, le vice, susciter l'amour jusqu'à la corde, puis serrer doucement et ne pas le rassasier, entamer les préliminaires sans permettre la jouissance.

lundi 20 août 2007

A year in ze merde?

Depuis avril, certains agents de la Poste sont en grève tous les lundis. C'est Pentecôte tous les week-ends!

Ca me fait penser à ce qu'un ami étranger m'avait dit à propos du droit de grève en France: il faut bien sûr l'autoriser, mais en milieu de semaine (et si possible l'hiver).

dimanche 19 août 2007

Le sans commentaire du week-end

Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d'eux, ils en diraient bien d'avantage.

Sacha Guitry

Filmographie de l'été

Je viens de me rendre compte que la copine de Pignon (c'est possible...) est Forrest Gump: elle marche du matin au soir et du soir au matin.

En parlant de film, envore vu un film de pianiste tarée et ratée, La tourneuse de pages. C'est marrant comme les pianistes inspirent les réalisateurs. Ca m'enerve, comme d'hab. Cette fois-ci, c'est une histoire encore malsaine qui se trame, une histoire d'homosexualité latente sur fond de projection de soi dans l'autre, le tout inspiré par la vengeance. Un bon film, franchement, tenu par un suspens délicieux d'ambiguité.

lundi 13 août 2007

Import-export


Gabriel Fauré - Nocturne n°1 op. 33

Cela fait un peu plus de trois ans que je n'ai quasiment aucune nouvelles. Son meilleur ami est venu d'Allemagne me rapporter mon harmonium. Cet harmonium, c'est tout une époque de ma vie. Pas l'instrument en tant que tel, mais tout ce qu'il y a autour et ce que j'y projette. Cet harmonium, c'est tout à la fois mes premières vacances illicites, mes premières vacances de gosse de riche dans les suites de l'île de Sylt, puis de manouche en camping-car, de sauvage liberté, mon road 66 à moi. J'ai goûté à tout ce qui m'effrayait, toujours plus loin, toujours plus interdit, toujours moins de sommeil, "geht's nicht, gibt's nicht".

Le salaud, il ne rapporte pas seulement l'harmonium, il me livre en même temps le mal de l'Allemagne, tout ce que j'y ai vécu et tenté d'oublier. Et cette satanée musique des années Conservatoire me revient tout de go. Un nostalgique nocturne de Fauré. Quelque chose de doux, de lancinant, qui colle au clavier, au coeur, à la peau, gluant, suintant, trop proche, ne va pas plus loin ou je t'en colle une.

Maintenant, il n'y a plus de souvenir, jusque quelques phrases, quelques mots et beaucoup de sentiments. Surtout ceux qui font mal, parce qu'ils vous font à nouveau espérer... C'est la tristesse que le sombre messager me lègue aujourd'hui. Il me l'a livré en express, c'est bon, il peut repartir en Allemagne.

Si l'amour dure trois ans, j'eus bien aimé qu'il en fût de même pour le chagrin d'amour...

samedi 11 août 2007

Cioran, L'anti-prophète (in Précis de décomposition)

"Dans tout homme sommeille un prophète, et quand il s'éveille il y a un peu plus de mal dans le monde...

La folie de prêcher est si ancrée en nous qu'elle émerge de pro- fondeurs inconnues à l'instinct de conservation. Chacun attend son moment pour proposer quelque chose: n'importe quoi. Il a une voix: cela suffit. Nous payons cher de n'être ni sourds ni muets...

Des boueux aux snobs, tous dépensent leur générosité criminelle, tous distribuent des recettes de bonheur, tous veulent diriger les pas de tous: la vie en commun en devient intolérable, et la vie avec soi-même plus intolérable encore: lorsqu'on n'intervient point dans les affaires des autres, on est si inquiet des siennes que l'on convertit son "moi" en religion, ou, apôtre à rebours, on le nie: nous sommes victimes du jeu universel...

L'abondance des solutions aux aspects de l'existence n'a d'égale que leur futilité. L'Histoire: manufacture d'idéaux..., mythologie lunatique, frénésie des hordes et des solitaires..., refus d'envisager la réalité telle quelle, soif mortelle de fictions... La source de nos actes réside dans une propension inconsciente à nous estimer le centre, la raison et l'aboutissement du temps. Nos réflexes et notre orgueil transforment en planète la parcelle de chair et de conscience que nous sommes. Si nous avions le juste sens de notre position dans le monde, si comparer était inséparable du vivre, la révélation de notre infime présence nous écraserait. Mais vivre, c'est s'aveugler sur ses propres dimensions... Que si tous nos actes -depuis la respiration jusqu'à la fondation des empires ou des systèmes métaphysiques -dérivent d'une illusion sur notre importance, à plus forte raison l'instinct prophétique. Qui, avec la vision exacte de sa nullité, tenterait d'être efficace et de s'ériger en sauveur?

Nostalgie d'un monde sans "idéal", d'une agonie sans doctrine, d'une éternité sans vie... Le Paradis... Mais nous ne pourrions exister une seconde sans nous leurrer: le prophète en chacun de nous est bien le grain de folie qui nous fait prospérer dans notre vide.

L'homme idéalement lucide, donc idéalement normal, ne devrait avoir aucun recours en dehors du rien qui est en lui... Je me figure l'entendre: "Arraché au but, à tous les buts, je ne conserve de mes désirs et de mes amertumes que leurs formules. Ayant résisté à la tentation de conclure, j'ai vaincu l'esprit, comme j'ai vaincu la vie par l'horreur d'y chercher une solution. Le spectacle de l'homme, -quel vomitif ! L'amour, -une rencontre de deux salives... Tous les sentiments puisent leur absolu dans la misère des glandes. Il n'est de noblesse que dans la négation de l'existence, dans un sourire qui surplombe des paysages anéantis.

Autrefois j'avais un "moi"; je ne suis plus qu'un objet... Je me gave de toutes les drogues de la solitude; celles du monde furent trop faibles pour me le faire oublier. Ayant tué le prophète en moi, (Comment aurais-je encore une place parmi les hommes ?)

Le sans commentaire du week-end

L'adulte est un enfant qui se prend au sérieux.

Droit des peuples à disposer d'eux-même...

Petite question délicate qui me trottine en ce qui concerne le droit d'ingérence: A s'occupe de B. C trouve que A s'occupe mal de B et lui conseille de ne plus intervenir, de lui foutre la paix. En gros C interdit à A le droit d'ingérence sur B. C'est donc une ingérence de la part de C sur A.

lundi 6 août 2007

Vacances en famille


C'est Dîner de con tous les soirs. Pour qui manquerait d'inspiration, passer quelques jours chez moi lui permettra de donner une suite à ce fameux film. C'est assez étonnant de ne pas rater une connerie à ce point... Irracontable.

vendredi 3 août 2007

Sélection officielle des meilleurs textos

Vulgaire: J'ai très envie de fumer ton gros joint

Classe: J'ai oublié de te dire, c'est fini

Sensuel: J'ai envie de (parler avec) toi

jeudi 2 août 2007

De l'introduction et de la conclusion

Les couples petits enfants-grands-parents sont toujours émouvants (du moins, ils m'émeuvent toujours). Dans Persepolis, c'est évidemment cette relation petite fille-grand-mère qui m'a touchée: j'adore ma grand-mère.

D'ailleurs, d'une manière générale, j'aime les personnes agées. Et les enfants. Entre les deux, point de salut, les gens m'inintéressent au possible, ils ne se cherchent plus, ils construisent: c'est juste le déroulé de leur introduction.

Les enfants sont encore très libres, ils ne sont pas encore tombés dans l'indifférence, ni dans la "catégorisation", tout est source d'intérêt pour eux. Et les personnes agées, qui naturellement font un bilan de leur vie, réfléchissent comme les enfants au sens réél de la vie...

Et tristement, je m'enfonce dans l'âge adulte, armée de toutes mes certitudes, convictions et autres conneries. Vivement la vieillesse, pour que je me dise qu'"on ne sait jamais" (une chanson de Gabin que ma grand-mère a joué pour son anniversaire).

Pour en revenir aux relations petite fille-grand-mère, qui n'a pas au fond de lui l'image d'une poupette qui apprend la vie à sa petite fille, lui refile les bons tuyaux?

Même si elle n'a rien à voir avec une poupette déjantée (à part le don de la musique, dont elle m'a refilé le virus), et ressemblerait même plutôt à la Reine Mère (c'est comme cela qu'on l'appelle dans la famille), ma grand-mère est une personne incroyable, dotée d'un instinct de vie inépuisable. J'ai un plaisir fou à la retrouver et à jouer avec elle: comme on lui dit souvent qu'elle ressemble à Denise Gray avec ses grands yeux bleus, et moi, à Sophie Marceau, alors nous poussons le vice jusqu'à nous retrouver à la Coupole et à jouer ensemble cette comédie. J'aime partager ces clichés avec elle.

Il doit y avoir de cela, dans l'amour, aimer jouer le cliché de la relation.