samedi 11 août 2007

Droit des peuples à disposer d'eux-même...

Petite question délicate qui me trottine en ce qui concerne le droit d'ingérence: A s'occupe de B. C trouve que A s'occupe mal de B et lui conseille de ne plus intervenir, de lui foutre la paix. En gros C interdit à A le droit d'ingérence sur B. C'est donc une ingérence de la part de C sur A.

4 commentaires:

P. a dit…

T'as raison, c'était sacrémment le bordel!

Anonyme a dit…

Le devoir/droit d’ingérence s’exerce par une intervention directe sur la marche intérieure d’un état, au sein de ses frontières, contre tout principe de souveraineté : dans ton exemple si A prétend l’exercer sur B, C se limite à s’occuper de la politique étrangère (et non intérieure) de A sans même intervenir au sein de B. Donc, pas d’ingérence de C sur A ni de C sur B.

Là où ton paradoxe est bien trouvé est qu’il correspond au négatif de la gymnastique intellectuelle à laquelle les juristes américains ont dû recourir pour justifier – en droit international public – l’intervention militaire au Vietnam : si US intervient au sein de l’état V, c’est une violation de la souveraineté de V. Mais si l’on considère que V n’existe pas réellement et correspond en fait à un état Vs attaqué par un autre état Vn, US vient simplement prêter main forte à son allié Vs injustement agressé. Et le droit est - a posteriori – respecté…

P. a dit…

Ca alors! Je suis bien contente d'apprendre cela. Une autre question, du coup: quelles sont les raisons qui peuvent permettre une intervention (dans le droit international public, hein)?

Anonyme a dit…

De mémoire, je dirais que seule la légitime défense (individuelle ou collective) autorise l’intervention armée (sauf application d’une décision du Conseil de sécurité de l’ONU sous le chapitre VII de la Charte) ; tout consiste alors à justifier que l’acte militaire contre un état tiers procède de celle-ci, y compris le cas échéant de manière… préventive.

Le devoir d’ingérence est une motivation très récente dans les 350 et quelques années du Droit International Public ; il renvoie à la détresse humaine, devant laquelle la souveraineté céderait. Concept utile et nécessaire mais potentiellement dangereux.

L'intérêt intellectuel du Droit International Public est là : pour un résultat donné, il faut démontrer que les règles sont respectées.