samedi 15 décembre 2007

Je rêve d'une bobo catho et d'un patron du CAC coco

Pourquoi s'ingénier à me faire détester toujours plus l'être humain et sa médiocrité...? De retour d'un "cours" de manager. C'est la mode des "formations", autant la suivre. Une sorte de fierté que de pouvoir faire une formation dans l'entreprise actuellement! En tout cas, quelque chose d'absolument sur-valorisé avec à la clé tout un tas de comportement normatif.

Déjà dans la salle, c'est un concours latent d'hormones: qui va prendre le leadership? La tension est à son comble. Et notre commercial national (un Maurice de Baycon-Les-Bruyères), très dubitatif à l'égard de la formation de type psychologisante, se renfrogne comme un gamin quand il ne réussit pas. Lui, il connaît la vie, il sait que ca ne se passe pas comme çà, que tout çà, c'est bien des conneries de psy. Il y a aussi Jean-Louis, l'ingénieur de haut gabarit qui la ramène sur son expérience, et se croit encore le fils unique qu'il a du être, mais dont le flot de paroles invite à voir en lui toutes les craquelures de sa personnalité. Qu'est-ce qu'il parle! Peut-être le plus honnête. Et puis, il y a aussi les femmes, toujours invisible dans ces situations, c'est étonnant... J'exagère, il y a la Bobo qui travaille dans une association humanitaire: elle lit Libé et Charlie Hebdo, ne la laisse pas tomber. Je me mets bien évidemment en dehors de cette description car je porte tristement sur moi tout un tas de codes: et oui, je suis habillée...

En tout cas, qu'est ce que nous sentons l'humain... Et c'est étrange de voir comme ces gens s'ingénient à s'auto-enfermer dans les propres cases de ce qu'ils montrent. C'est sans doute très rassurant que de suivre à la lettre un type de personnalité prédéfini. Ils en adoptent les codes à plaisir sans se demander si c'est vraiment "çà", sans même savoir qu'il s'agit de codes. Pire, ils défendent (logiquement) cette identité, et tâchent de conquérir le territoire-identité de l'autre en lui montrant que sa manière de vivre est la meilleure. L'éducation ne vise finalement qu'une chose: te faire choisir ta case. Et tes codes. Ta gueule!

Tiens, encore une chose qui vient apporter de l'eau à mon moulin: je crois profondément à une similitude entre le "macro" et le "micro". La personne n'est ni plus, ni moins qu'un territoire où il se partage un certains nombres de valeurs communes (sinon, guerre civile en soi). Je peux échanger avec mes voisins pour obtenir des ressources que je n'ai pas en interne. Je peux aussi être en guerre avec mon voisin si je n'arrive pas à échanger. Peut-être que c'est le problème de toute guerre: ne pas supporter la différence.

La différence, la démocratie, le rationnel, voil) qui m'emmène bien loin: c'est que toute situation "micro" porte en soi le germe d'un "macro"! Le tout est dans la partie...

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