Reviendrai p'tet dans un jour, un mois, un an.
La maturation fût lente, mais enfin, j'accouche de ma volonté: me tirer de l'univers du blog. En avant la vie!
mardi 16 octobre 2007
dimanche 14 octobre 2007
Le sombre avenir du marketing...
" On vante l'efficacité marketing d'une relation entièrement personnalisée entre un marchand et son client, une personnalisation de l'offre et du message, fondée sur une parfaite connaissance du second par le premier. Le one-to-one serait la solution marketing à tous les problèmes rencontrés par les sites marchands ! Surtout, on a la possibilité de modéliser et d'automatiser cette mécanique marketing. On imagine que l'application one-to-one est à même d'élaborer une représentation fidèle et fonctionnelle du client, et que cette représentation permet, à partir de l'exécution de quelques règles, de déduire ses attentes et d'y répondre. Si l'idée du one-to-one est séduisante, ce qui me gène dans son développement technique, c'est le peu de place laissée à la créativité ! " E-commerce N°14 - 01/09/2001 - Yann ClayessenSelon moi, le marketing one-to-one repose sur l’illusion de l’objectivité et de l’omnipotence. En effet, les bases de données ont un objectif identifiable de modélisation du client, de prédiction de son comportement. Elles reposent donc sur une hypothèse de scientificité du comportement humain et de son libre arbitre. Il est évident qu’une certaine dose de répétition des comportements d’achat est repérable, mais elle n’est repérable que sur le passé, en aucun cas sur le futur. Comme le dit le philosophe Robert W. Elliott, l’histoire est plus que fortuite et moins que nécessaire. Tout au plus existe-t-il un style. En suivant son exemple, l’œuvre de Mozart est tout à fait modélisable. Pour autant, personne n’est capable de savoir l’œuvre que Mozart aurait écrit par la suite s’il n’était pas mort, puisque chaque œuvre modifie l’ensemble du corpus. L’illusion sur laquelle repose le marketing one-to-one est donc celle d’un monde figé, d’un monde cartésien.
Ce monde cartésien omet l’être, qu’Husserl tente de remettre à sa place avec la phénoménologie. C’est bien l’une des grandes découvertes de notre siècle, la physique quantique, qui explique que le fait d’observer une particule change la manière de se mouvoir de cette particule. Jusqu’alors, le scientifique s’était placé en simple observateur objectif et comptable. La phénoménologie nous enseigne que rien que notre existence et notre « vision » modifient ce que l’on regarde. Aussi, le marketing one-to-one qui cherche à se placer en réceptacle invisible et objectif qui comblerait les désirs du consommateur ne se rend-il pas compte qu’il change lui-même les règles du jeu à chaque intervention.
Par ailleurs, l’idée du marketing one-to-one est tout à fait séduisante mais elle repose sur l’illusion du contrôle et sur l’omnipotence de l’enfant : l’entreprise comblerait de manière magique les désirs du consommateur-enfant. Au fond, l’on se rend compte que l’idée de contrôle est tout à fait rassurante, mais non valable. Ainsi, l’on se contenterait de mettre en place d’énormes bases de données, véritables machines à gaz extrêmement coûteuses, dont le rôle ne serait tout au plus que de suivre et retracer les évolutions des clients, non de les prédire. Et pour reprendre une des pensées de l’ancien ambassadeur du Liban, Monsieur Blanc, rien n’a été plus beau que l’émergence de l’opposition et de la contradiction au sein d’une Russie soviétique qui cherchait à tout contrôler.
samedi 6 octobre 2007
Etude éthnologique
L'homme d'affaires est une espèce bizarre. Plongée trop jeune dans les plus hautes sphères, je n'ai pas eu le temps de m'habituer par étapes aux sommets décisionnels.
Me voilà donc à attendre l'embarquement à Francfort au lounge d'Air France (carte Flying Blue oblige) et à en tirer quelques conclusions:
1) L'homme d'affaires est toujours informé de ce qui se passe dans le monde. On peut croire que c'est un surhomme; c'est juste qu'il a beaucoup de temps pour lire tous les journaux dans les aéroports.
2) L'homme d'affaires a un carnet d'adresses incroyable; cela se paie à force de diners offerts par la société.
Me voilà donc à attendre l'embarquement à Francfort au lounge d'Air France (carte Flying Blue oblige) et à en tirer quelques conclusions:
1) L'homme d'affaires est toujours informé de ce qui se passe dans le monde. On peut croire que c'est un surhomme; c'est juste qu'il a beaucoup de temps pour lire tous les journaux dans les aéroports.
2) L'homme d'affaires a un carnet d'adresses incroyable; cela se paie à force de diners offerts par la société.
3) L'homme d'affaires a des avis sur tout. S'occuper de ce qui ne le regarde pas est son passe-temps favori; cf loi n°1
vendredi 28 septembre 2007
L'inconscient de l'inconscient
Je "crois" de moins en moins au triolet conscient, inconscient, préconscient. Ce n'est pas tant que je n'y crois pas, à vrai dire, c'est plutôt que derrière ces termes verbeux/baveux se cache une réalité on ne peut plus concrète et facilement appréhendable. Les choses dont on nous dit qu'elles sont inaccessibles le sont souvent fort peu: beaucoup de prétention pour désigner des choses simples (parfois moins simples, aussi). Et surtout, une sorte de sacralisation* du savoir: une question de pouvoir, bien évidemment. On a bien raison de sacraliser les choses si on ne veut pas qu'elles soient remises en cause...
En fait, ce que je reproche au terme "inconscient", c'est la connotation magique qu'il garde, ce sont les significations - ou pressions - inconscientes, justement, qui lui sont associées. Voila bien un mot-"pression". Encore aujourd'hui...! La psychanalyse, c'est le nouvel opium du peuple. Le psychanalyste-prêtre abuse de mots "sacrés", il donne l'ostie et le pardon avec un rituel tout aussi précis que les religions d'antant.
Pourtant, à lire les écrits de Freud, on se rend compte que son esprit est juste épris d'enfermement conceptuel (un esprit de conquête, un vrai scientifique, quoi;) ; il cherchait seulement à nommer des processus simples et pratiquement observables.
Pour moi, l'inconscient est surtout la somme de ces gestes qui sont devenus habitudes: je conduis ma voiture de manière automatique, mes gestes, qui étaient conscients au début, deviennent inconscients par la suite. Si je veux changer ma manière de conduire parce qu'elle n'est pas adaptée, je dois revenir sur ces automatismes pour essayer de savoir quelles associations se sont faites naturellement au moment où j'ai appris, pour les désolidariser et inventer ma nouvelle manière de conduire avec les éléments présents. (A approfondir)
Esprit confus, ce soir, bloubiboulga de mots. Je retourne à mon "Et Nietzsche a pleuré" qui m'a poussé à écrire cela: Freud y est décrit comme analysant les rêves et y cherchant les symboles. Oui, l'être humain est un être de symbole qui travestit les réalités cachées... Ou seulement des réalités oubliées...
*(une question à aborder: comment sacraliser les choses? Une piste: les décontextualiser)
En fait, ce que je reproche au terme "inconscient", c'est la connotation magique qu'il garde, ce sont les significations - ou pressions - inconscientes, justement, qui lui sont associées. Voila bien un mot-"pression". Encore aujourd'hui...! La psychanalyse, c'est le nouvel opium du peuple. Le psychanalyste-prêtre abuse de mots "sacrés", il donne l'ostie et le pardon avec un rituel tout aussi précis que les religions d'antant.
Pourtant, à lire les écrits de Freud, on se rend compte que son esprit est juste épris d'enfermement conceptuel (un esprit de conquête, un vrai scientifique, quoi;) ; il cherchait seulement à nommer des processus simples et pratiquement observables.
Pour moi, l'inconscient est surtout la somme de ces gestes qui sont devenus habitudes: je conduis ma voiture de manière automatique, mes gestes, qui étaient conscients au début, deviennent inconscients par la suite. Si je veux changer ma manière de conduire parce qu'elle n'est pas adaptée, je dois revenir sur ces automatismes pour essayer de savoir quelles associations se sont faites naturellement au moment où j'ai appris, pour les désolidariser et inventer ma nouvelle manière de conduire avec les éléments présents. (A approfondir)
Esprit confus, ce soir, bloubiboulga de mots. Je retourne à mon "Et Nietzsche a pleuré" qui m'a poussé à écrire cela: Freud y est décrit comme analysant les rêves et y cherchant les symboles. Oui, l'être humain est un être de symbole qui travestit les réalités cachées... Ou seulement des réalités oubliées...
*(une question à aborder: comment sacraliser les choses? Une piste: les décontextualiser)
dimanche 23 septembre 2007
Réclamation
Monsieur,
Suite à notre conversation du 23 septembre, je souhaiterais porter à votre connaissance le fait que nous manquons assiduement d'ampoules pour lampes à pied (et non d'ampoules pour pieds à lampe, comme je me le suis laissée entendre dire, encore moins de poules à pieds ampoulés) et attire votre attention sur le fait que le mot ampoule semble provenir (selon ma sagace intelligence) de lampe: ainsi, lampe -> l'ampoule. Le "l'" semble donc bien être une faute entrée dans les moeurs, et je ne pas tombe pas, à l'instar de tout un chacun, dans le vicieux piège. Aussi, pourriez-vous me rapporter une lampoule (a moins que vous ne souhaitassiez que nous l'appelames desormais lampette comme dans l'exemple chausse -> chaussette, ou lampure comme dans le contre-exemple chausse -> chaussure) de format vis et de culot étroit. Quant au Watter (ou watture, ou Wouah la tête), je n'en ai pas le soupcon d'une idée. Débrouillez-vous.
Avec tous mes sentiments les plus distingués et les plus profonds envers votre endroit,
Suite à notre conversation du 23 septembre, je souhaiterais porter à votre connaissance le fait que nous manquons assiduement d'ampoules pour lampes à pied (et non d'ampoules pour pieds à lampe, comme je me le suis laissée entendre dire, encore moins de poules à pieds ampoulés) et attire votre attention sur le fait que le mot ampoule semble provenir (selon ma sagace intelligence) de lampe: ainsi, lampe -> l'ampoule. Le "l'" semble donc bien être une faute entrée dans les moeurs, et je ne pas tombe pas, à l'instar de tout un chacun, dans le vicieux piège. Aussi, pourriez-vous me rapporter une lampoule (a moins que vous ne souhaitassiez que nous l'appelames desormais lampette comme dans l'exemple chausse -> chaussette, ou lampure comme dans le contre-exemple chausse -> chaussure) de format vis et de culot étroit. Quant au Watter (ou watture, ou Wouah la tête), je n'en ai pas le soupcon d'une idée. Débrouillez-vous.
Avec tous mes sentiments les plus distingués et les plus profonds envers votre endroit,
Le sans commentaire du week-end
Tu es Facebook ou tu es MySpace? Tu es Meetic ou Pointcommuns.com? Tu es Viaduc ou tu es LikedIn? Dis-moi quel site tu fréquentes, je te dirai qui tu es. Et moi, qui je hais...
Fessebouc, la démocratisation du loft
Le glas des blogs est régulièrement traité en ce moment... Et les nouveaux réseaux prennent le relai.
Facebook, c'est une évidence, c'est l'avenir. Les derniers résistants se convertissent peu à peu sous l'effet de mode hallucinant. Tout un chacun diffuse désormais ses infos privés, les centralisent en une méga base de données délectable à n'importe quel tyran mal intentionné (ou juste à n'importe quelle entreprise, finalement, dans un rapport ou non d'inclusion). D'autant que bientôt (de manière insidieuse car on ne le sait que peu), les informations de Facebook seront apparemment accessibles de google, à moins d'interdire cette fonction.
Bref, sans le savoir - ou pire, en le sachant (me voilà à réaliser l'exercice de Doublepensée de 1984!) - nous devenons les propres artisans de notre "mise en boite": un Big Brother volontaire, en quelque sorte, avec un grand sourire aux lèvres. Sauf que dans Big Brother, c'étaient les enfants qui informaient la police... Là, nous nous auto-enfermons gaiement.
Bien sur, nous n'avons rien à nous reprocher, et cet effort de transparence (je déteste la transparence, et les hypocrites open space; j'ajoute également le développement durable sans rapport avec le propos, mais ca fait du bien) ne parait pas en soi un problème. Mais de la transparence à la surveillance, il n'y a qu'un pas. Quelles limites à la transparence? Quelles limites au domaine privé? Je sais maintenant que tel prof d'université a mis toutes ses élèves dans ses amies... Je sais aussi grâce aux cookies dans sa machine qu'il a visité un site pornographique il y a deux semaines et téléchargé illicitement "Two day in Paris" qui se trouve être en fait un film pédophile. De là à en tirer des conclusions malencontreuses? Et pourtant, ce type n'a jamais rien fait de mal, on a juste traqué sa pensée, où tout est encore permis jusqu'en 2050 (à cette époque, toutes nos pensées et mémoires pourront être transmises à un ordinateur selon British Telecom). Je vous semble alarmiste? Pourtant, je connais effectivement ce professeur...
Bref, la responsabilité, ce n'est surtout pas la transparence (il faudra revenir la dessus dans un prochain article), c'est un mélange complexe et tristement non mathématisable des bonnes informations à donner au bon moment. Un problème crucial de limites. Mais les écrits restent... Et tout ce que j'écris ici aussi... Toute décision par internet est irrévocablement notée... Et je me demande si c'est grave ou non...
Facebook, c'est une évidence, c'est l'avenir. Les derniers résistants se convertissent peu à peu sous l'effet de mode hallucinant. Tout un chacun diffuse désormais ses infos privés, les centralisent en une méga base de données délectable à n'importe quel tyran mal intentionné (ou juste à n'importe quelle entreprise, finalement, dans un rapport ou non d'inclusion). D'autant que bientôt (de manière insidieuse car on ne le sait que peu), les informations de Facebook seront apparemment accessibles de google, à moins d'interdire cette fonction.
Je suis désormais au courant que Maurice s'est réveillé à 7h en ce dimanche ensolleillé et qu'il a écrit à Manu pour prendre un verre dans notre troquet préféré (sans moi). Il en a profité pour rajouter ses photos de vacances, le nom de sa petite amie (ainsi que plusieurs photos d'elle: son nom s'affiche magiquement pour être bien sur d'identifier la personne en question lorsque l'on passe sur les photos). J'ai vu aussi qu'il participait à l'Oktoberfest virtuelle et envoie quantités de bières à des amis qui n'en sont pas dans une sorte de mugnificience artificielle. C'est cool, parce qu'il n'a pas d'argent en ce moment, le Maurice (et tant pis pour les cadeaux virtuels qu'il peut ne envoyer, car ayant un coût réel, eux). Comme dans le Loft, je lis desormais la vie de Maurice au travers de sous-titres: "Maurice est en train de manger".
Bref, sans le savoir - ou pire, en le sachant (me voilà à réaliser l'exercice de Doublepensée de 1984!) - nous devenons les propres artisans de notre "mise en boite": un Big Brother volontaire, en quelque sorte, avec un grand sourire aux lèvres. Sauf que dans Big Brother, c'étaient les enfants qui informaient la police... Là, nous nous auto-enfermons gaiement.
Bien sur, nous n'avons rien à nous reprocher, et cet effort de transparence (je déteste la transparence, et les hypocrites open space; j'ajoute également le développement durable sans rapport avec le propos, mais ca fait du bien) ne parait pas en soi un problème. Mais de la transparence à la surveillance, il n'y a qu'un pas. Quelles limites à la transparence? Quelles limites au domaine privé? Je sais maintenant que tel prof d'université a mis toutes ses élèves dans ses amies... Je sais aussi grâce aux cookies dans sa machine qu'il a visité un site pornographique il y a deux semaines et téléchargé illicitement "Two day in Paris" qui se trouve être en fait un film pédophile. De là à en tirer des conclusions malencontreuses? Et pourtant, ce type n'a jamais rien fait de mal, on a juste traqué sa pensée, où tout est encore permis jusqu'en 2050 (à cette époque, toutes nos pensées et mémoires pourront être transmises à un ordinateur selon British Telecom). Je vous semble alarmiste? Pourtant, je connais effectivement ce professeur...
Bref, la responsabilité, ce n'est surtout pas la transparence (il faudra revenir la dessus dans un prochain article), c'est un mélange complexe et tristement non mathématisable des bonnes informations à donner au bon moment. Un problème crucial de limites. Mais les écrits restent... Et tout ce que j'écris ici aussi... Toute décision par internet est irrévocablement notée... Et je me demande si c'est grave ou non...
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