La chanson d'Anne Sylvestre remise au goût du jour par Vincent Delerm, Les gens qui doutent, a cet espèce de charme désuet de la simplicité. En l'écoutant en boucle pendant quelques jours, voici les paroles qui me viennent à l'esprit:
"J'aime les gens qui n'osent
S'approprier les choses
Encore moins les gens"
L'appropriation, quel mot intéressant, pour nous, petits êtres humains épris de conquête en permanence. Et pour celui qui doute, point de conquête n'est permise. Par peur du conflit, sans doute (un mot de gens qui doute), "celui qui n'ose" se confine dans son minuscule territoire.
Mais revenons à l'appropriation. S'approprier, c'est, stricto sensu, "usurper la propriété de quelque chose". Aussi l'acte d'apprendre et de retenir (le mot retenir n'est pas non plus anodin) serait-il une sorte de vol, de viol, de la propriété intellectuelle de quelqu'un. Bref, la culture générale, comme on l'appelle, la curiosité vis-à-vis de l'environnement, serait comme un pillage permanent de nourritures spitituelles autour duquel nous organiserions de grand feu de joie de la culture commune. On se partagerait les mets et l'on se précipiterait goulûment dessus.
Et comme le langage est coupable dans cette entreprise...! Regardez-le, ce langage, qui me permet de conscrire les choses et les gens. Il est la véritable arme, l'instrument de conquête de l'être humain civilisé. L'arme moderne de l'esprit de conquête physique ancestral. Tout en n''assumant pas d'être cet instrument de conquête, hypocrite langage!
Quel serait en effet le plaisir à parler politique, sujet sur lequel la plupart des gens n'ont effectivement aucun moyen d'action? Le plaisir de parler vient de la volonté factice de vouloir maîtriser et conquérir. Je me suis toujours demandée quel plaisir il y avait à parler des stars, ces gens inaccessibles de par leur statut même. Je crois que j'ai aujourd'hui la réponse: une vie par procuration, l'appropriation étant également un ancien terme de chimie désignant la disposition de deux corps à se combiner par l'addition d'un troisième.
Et celui qui doute de ne pas oser s'intéresser au grand monde qui l'entoure par peur de le violer. Car exister, être, c'est bien sûr conquérir (il me semble même que c'est la définition que je donnerais de l'existence, l'existence, c'est la conquête; voilà pourquoi la guerre est intrinsèque de l'existence).
mercredi 21 mai 2008
J'aime...
J'aime les gens qui doutent
Les gens qui trop écoutent
Leur coeur se balancer
J'aime les gens qui disent
Et qui se contredisent
Et sans se dénoncer
J'aime les gens qui tremblent
Que parfois ils ne semblent
Capables de juger
J'aime les gens qui passent
Moitié dans leurs godasses
Et moitié à côté
J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons
J'aime ceux qui paniquent
Ceux qui sont pas logiques
Enfin, pas comme il faut,
Ceux qui, avec leurs chaînes,
Pour pas que ça nous gêne
Font un bruit de grelot
Ceux qui n'auront pas honte
De n'être au bout du compte
Que des ratés du coeur
Pour n'avoir pas su dire
"Délivrez-nous du pire
Et gardez le meilleur"
J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons
J'aime les gens qui n'osent
S'approprier les choses
Encore moins les gens
Ceux qui veulent bien n'être
Qu'une simple fenêtre
Pour les yeux des enfants
Ceux qui sans oriflamme,
Les daltoniens de l'âme,
Ignorent les couleurs
Ceux qui sont assez poires
Pour que jamais l'Histoire
Leur rende les honneurs
J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons
J'aime les gens qui doutent
Et voudraient qu'on leur foute
La paix de temps en temps
Et qu'on ne les malmène
Jamais quand ils promènent
Leurs automnes au printemps
Qu'on leur dise que l'âme
Fait de plus belles flammes
Que tous ces tristes culs
Et qu'on les remercie
Qu'on leur dise, on leur crie
"Merci d'avoir vécu
Merci pour la tendresse
Et tant pis pour vos fesses
Qui ont fait ce qu'elles ont pu".
Les gens qui trop écoutent
Leur coeur se balancer
J'aime les gens qui disent
Et qui se contredisent
Et sans se dénoncer
J'aime les gens qui tremblent
Que parfois ils ne semblent
Capables de juger
J'aime les gens qui passent
Moitié dans leurs godasses
Et moitié à côté
J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons
J'aime ceux qui paniquent
Ceux qui sont pas logiques
Enfin, pas comme il faut,
Ceux qui, avec leurs chaînes,
Pour pas que ça nous gêne
Font un bruit de grelot
Ceux qui n'auront pas honte
De n'être au bout du compte
Que des ratés du coeur
Pour n'avoir pas su dire
"Délivrez-nous du pire
Et gardez le meilleur"
J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons
J'aime les gens qui n'osent
S'approprier les choses
Encore moins les gens
Ceux qui veulent bien n'être
Qu'une simple fenêtre
Pour les yeux des enfants
Ceux qui sans oriflamme,
Les daltoniens de l'âme,
Ignorent les couleurs
Ceux qui sont assez poires
Pour que jamais l'Histoire
Leur rende les honneurs
J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons
J'aime les gens qui doutent
Et voudraient qu'on leur foute
La paix de temps en temps
Et qu'on ne les malmène
Jamais quand ils promènent
Leurs automnes au printemps
Qu'on leur dise que l'âme
Fait de plus belles flammes
Que tous ces tristes culs
Et qu'on les remercie
Qu'on leur dise, on leur crie
"Merci d'avoir vécu
Merci pour la tendresse
Et tant pis pour vos fesses
Qui ont fait ce qu'elles ont pu".
dimanche 18 mai 2008
L'eau à la bouche...
A quoi reconnaît-on une âme rééllement scientifique?
C'est quelqu'un qui est surtout très ouvert... Le scientifique cherche à enfermer mais est capable et même désireux de se voir remettre en cause.
Je m'explique: l'abstraction est le maître-mot du scientifique, il cherche à enfermer un nombre fini d'éléments dans une loi qui gouverne ces éléments, qui les résume. Mais c'est évidemment l'infini qui est à terme son objet de conquête, quel idéaliste ambitieux! Aussi tout élément nouveau qui vient contredire sa théorie vient en fait l'enrichir. Il faut faire rentrer le nouvel élément dans la boîte, et chercher (quel plaisir de chercher!) en quoi il modifie les paramètres de la précédente boîte tout en incluant toujours les autres éléments.
Voilà à quoi on reconnait le véritable scientifique, il aime le merveilleux, il aime la nouveauté comme étant un objet de conquête à défier, il aime à être SURPRIS. Il salive devant ces phénomènes qu'il n'arrive pas à comprendre, à saisir, même, au sens propre. Il jubile, un nouveau jeu, un instrument de plaisir pur, comme j'aimerais...
Car désormais pour moi, cl. est l'abréviation de client, non plus de chlorure...
C'est quelqu'un qui est surtout très ouvert... Le scientifique cherche à enfermer mais est capable et même désireux de se voir remettre en cause.
Je m'explique: l'abstraction est le maître-mot du scientifique, il cherche à enfermer un nombre fini d'éléments dans une loi qui gouverne ces éléments, qui les résume. Mais c'est évidemment l'infini qui est à terme son objet de conquête, quel idéaliste ambitieux! Aussi tout élément nouveau qui vient contredire sa théorie vient en fait l'enrichir. Il faut faire rentrer le nouvel élément dans la boîte, et chercher (quel plaisir de chercher!) en quoi il modifie les paramètres de la précédente boîte tout en incluant toujours les autres éléments.
Voilà à quoi on reconnait le véritable scientifique, il aime le merveilleux, il aime la nouveauté comme étant un objet de conquête à défier, il aime à être SURPRIS. Il salive devant ces phénomènes qu'il n'arrive pas à comprendre, à saisir, même, au sens propre. Il jubile, un nouveau jeu, un instrument de plaisir pur, comme j'aimerais...
Car désormais pour moi, cl. est l'abréviation de client, non plus de chlorure...
Je cherche l'absolu, non le relatif
L'être humain est un être d'habitude... Et à quel point!
Je déteste que l'histoire prenne à ce point de l'importance sur nos vies, la conditionne sans qu'on puisse réagir, que le passé soit un poid, qui empêche de choisir. Je déteste que les traditions fassent office de vérité. Bref, tout cela pour dire qu'aujourd'hui, il ne fait pas 20°C mais bien 293° au dessus du zéro absolu (qui n'est pas un zéro relatif inventé par l'humain).
Et un phénoménologue de me répondre: "je n'ai pas beaucoup dormi hier, et j'ai très froid aujourd'hui. Il ne fait pas 20°C comme l'indique le thermomètre. Pour moi, il fait 15°C aujourd'hui."
Il est chiant le phénoménologue, quand même, non?
Je déteste que l'histoire prenne à ce point de l'importance sur nos vies, la conditionne sans qu'on puisse réagir, que le passé soit un poid, qui empêche de choisir. Je déteste que les traditions fassent office de vérité. Bref, tout cela pour dire qu'aujourd'hui, il ne fait pas 20°C mais bien 293° au dessus du zéro absolu (qui n'est pas un zéro relatif inventé par l'humain).
Et un phénoménologue de me répondre: "je n'ai pas beaucoup dormi hier, et j'ai très froid aujourd'hui. Il ne fait pas 20°C comme l'indique le thermomètre. Pour moi, il fait 15°C aujourd'hui."
Il est chiant le phénoménologue, quand même, non?
samedi 17 mai 2008
mardi 13 mai 2008
Paroles
Toi et ton côté pygmalion,
Qui croyait faire de moi un papillon.
Un couple qui copule,
Un plouc qui picole.
Qui croyait faire de moi un papillon.
Un couple qui copule,
Un plouc qui picole.
dimanche 11 mai 2008
Lettre d'insulte
Chère amie,
Je ne sais pas comment tu fais pour être aussi bornée et stupide. Tant de banalités réunies en une seule personne, c'est un exploit. Et je dois te féliciter: tu es l'incarnation du ridicule, de l'étroitesse, tu es l'incarnation du Dictionnaire des Idées Reçues à toi toute seule; même Flaubert n'a pas été aussi inventif. Je sais que dès que je m'approcherai de toi, j'y retrouverai toute l'étroitesse qui caractérise ta petite vie quotidienne merdique. Tu me raconteras alors ta vie méthodique et organisée, tu critiqueras pointilleusement les erreurs de tes collègues de bureau, et te rejouiras de ta supériorité (car oui, aussi étonnant que cela puisse paraître, tu es pleine de toi-même, l'erreur de l'autre te réjouit, te fait plaisir, et te renforce tristement dans ce que tu es), tu me raconteras tes voyages pour montrer ton ouverture et parleras de la dernière émission de mai 68, pour montrer que tu es une femme du monde informée.
Toutes tes phrases sont impregnées de cette débilité mortifère. Tes réflexions snobs sur les gens "à ne pas fréquenter", ta peur de l'originalité, de la vie, de l'envie. Ton plaisir palpable à t'accaparer les choses "à faire" et "à dire", tes pret-à-penser qui ne sont qu'un pillage des pensum les plus vulgaires.
Mais tout cela reste entre nous, n'est-ce pas?
Je ne sais pas comment tu fais pour être aussi bornée et stupide. Tant de banalités réunies en une seule personne, c'est un exploit. Et je dois te féliciter: tu es l'incarnation du ridicule, de l'étroitesse, tu es l'incarnation du Dictionnaire des Idées Reçues à toi toute seule; même Flaubert n'a pas été aussi inventif. Je sais que dès que je m'approcherai de toi, j'y retrouverai toute l'étroitesse qui caractérise ta petite vie quotidienne merdique. Tu me raconteras alors ta vie méthodique et organisée, tu critiqueras pointilleusement les erreurs de tes collègues de bureau, et te rejouiras de ta supériorité (car oui, aussi étonnant que cela puisse paraître, tu es pleine de toi-même, l'erreur de l'autre te réjouit, te fait plaisir, et te renforce tristement dans ce que tu es), tu me raconteras tes voyages pour montrer ton ouverture et parleras de la dernière émission de mai 68, pour montrer que tu es une femme du monde informée.
Mais tu veux que je te dise? On sent que tu es une provinciale complexée de Paris, on sent tes goûts de beaufs derrière un faux-semblant de raffinement, on sent que tu es complexée de ne pas avoir fait les "études" qu'il fallait: ta vie est un enfer de "il faut".
Toutes tes phrases sont impregnées de cette débilité mortifère. Tes réflexions snobs sur les gens "à ne pas fréquenter", ta peur de l'originalité, de la vie, de l'envie. Ton plaisir palpable à t'accaparer les choses "à faire" et "à dire", tes pret-à-penser qui ne sont qu'un pillage des pensum les plus vulgaires.
Mais tout cela reste entre nous, n'est-ce pas?
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