samedi 7 juin 2008
La puissance de l'effet placebo
Je suis très curieuse de voir dans quelle mesure l'injection d'une substance dans le corps humain a réellement un effet sur celui-ci, ou simplement dans quelle mesure la synthèse d'une hormone a un véritable effet. Ce n'est pas de drogue que je veux parler, mais d'orgasme. Et d'effet placebo.
C'est bien connu, la femme doit être amoureuse pour éprouver du plaisir. Ce qui signifierait que la simple production d'une hormone sans l'association à un "fantasme" psychique n'aurait pas ou peu d'effet: l'orgasme, petite chose assez palotte en terme d'effet, s'il n'est pas associé à un puissant catalyseur psychique? Et pour l'homme? Pareil...
De même, si je suis accroc à la nicotine et que je ne fume pas pendant plusieurs heures, l'effet de la cigarette sera-t-il lié à la substance nicotine en tant que tel ou bien l'attente et le sentiment d'attente auront-ils eu un effet psychique bien plus importants? Car si je prend ma cigarette froidement sans y projeter tous les affects de l'attente, je vous assure qu'elle n'aura aucun intérêt si ce n'est un très vague effet relaxant, même plus agréable.
Cela revient aussi à se demander si les médicaments ont un réel effet... Bien sûr, qu'ils ont un effet mais sans aucune commune mesure avec ce que le cerveau peut produire par auto-conviction.
Alors, quelle est donc cette force "psychique" non mesurable en terme scientifique? Comment mesurer l'effet placebo?
C'est bien lui le tout-puissant, et aucun moyen de le mesurer puisque dissocié des mesures chimiques du corps humain... Voilà une vraie piste de travail: trouver un étalon placebo.
C'est bien connu, la femme doit être amoureuse pour éprouver du plaisir. Ce qui signifierait que la simple production d'une hormone sans l'association à un "fantasme" psychique n'aurait pas ou peu d'effet: l'orgasme, petite chose assez palotte en terme d'effet, s'il n'est pas associé à un puissant catalyseur psychique? Et pour l'homme? Pareil...
De même, si je suis accroc à la nicotine et que je ne fume pas pendant plusieurs heures, l'effet de la cigarette sera-t-il lié à la substance nicotine en tant que tel ou bien l'attente et le sentiment d'attente auront-ils eu un effet psychique bien plus importants? Car si je prend ma cigarette froidement sans y projeter tous les affects de l'attente, je vous assure qu'elle n'aura aucun intérêt si ce n'est un très vague effet relaxant, même plus agréable.
Cela revient aussi à se demander si les médicaments ont un réel effet... Bien sûr, qu'ils ont un effet mais sans aucune commune mesure avec ce que le cerveau peut produire par auto-conviction.
Alors, quelle est donc cette force "psychique" non mesurable en terme scientifique? Comment mesurer l'effet placebo?
C'est bien lui le tout-puissant, et aucun moyen de le mesurer puisque dissocié des mesures chimiques du corps humain... Voilà une vraie piste de travail: trouver un étalon placebo.
dimanche 1 juin 2008
Pourquoi?
Je croyais que tu m'aimais pour mon cynisme et mon air désabusé. Et puis, un jour, tu m'as révélé que tu aimais au contraire mon regard sérieux et respectueux, mon regard aimant.
Le génie du chef
Le véritable chef est avant tout celui qui sait dire non. Le rebelle a en effet pour moi l'essence du génie et, potentiellement, du vrai bien, car il porte en lui la capacité à réfléchir par lui-même et à ne pas suivre bêtement ce qu'on lui a répété. Il a en lui une voix qui lui est propre, avec tout ce qu'elle peut contenir de dissonances et d'humanité. Il a cette vision de ce qui est bon car il "sait". De manière magique, non réfléchie, il sent et sait. Il est amour désintéressé.
Il sait dire non, car il n'attend pas la reconnaissance de ses "supérieurs", le pouvoir ne l'intéresse que peu, il ne cherche pas à imposer et sa véritable légitimité lui vient d'en bas. Je crois profondément à la légitimité populaire.
Le Christ incarne pour moi ce génie du chef. Et je ne retiens qu'une chose de la bible: cet homme qui a su dire non, qui a su remettre en cause les clichés du bien, celui qui a su aimer Marie-Madeleine, contre la vindique populaire. C'est sans doute ce que j'aime le plus dans cette religion catholique, son aspect rebelle bien loin de ce qu'on peut lui prêter aujourd'hui.
Mais le chef a surtout cette capacité à être un véritable écran dans lequel chacun peut se projeter, il sait révéler le meilleur de chacun sans l'épingler, il dirige sans imposer. Dans un chef parlent tous les hommes qui construisent un projet.
Il sait dire non, car il n'attend pas la reconnaissance de ses "supérieurs", le pouvoir ne l'intéresse que peu, il ne cherche pas à imposer et sa véritable légitimité lui vient d'en bas. Je crois profondément à la légitimité populaire.
Le Christ incarne pour moi ce génie du chef. Et je ne retiens qu'une chose de la bible: cet homme qui a su dire non, qui a su remettre en cause les clichés du bien, celui qui a su aimer Marie-Madeleine, contre la vindique populaire. C'est sans doute ce que j'aime le plus dans cette religion catholique, son aspect rebelle bien loin de ce qu'on peut lui prêter aujourd'hui.
Mais le chef a surtout cette capacité à être un véritable écran dans lequel chacun peut se projeter, il sait révéler le meilleur de chacun sans l'épingler, il dirige sans imposer. Dans un chef parlent tous les hommes qui construisent un projet.
lundi 26 mai 2008
J'aurais aimé écrire cela...
Bon appétit, messieurs !
– Tous se retournent. Silence de surprise etd'inquiétude. Ruy Blas se couvre, croise lesbras, et poursuit en les regardant en face.
Ô ministres intègres !
Conseillers vertueux ! Voilà votre façon
De servir, serviteurs qui pillez la maison !
Donc vous n'avez pas honte et vous choisissez l'heure,
L'heure sombre où l'Espagne agonisante pleure !
Donc vous n'avez ici pas d'autres intérêts
Que remplir votre poche et vous enfuir après!
Soyez flétris, devant votre pays qui tombe,
Fossoyeurs qui venez le voler dans sa tombe !
– Mais voyez, regardez, ayez quelque pudeur.
L'Espagne et sa vertu, l'Espagne et sa grandeur,
Tout s'en va. –
– Tous se retournent. Silence de surprise etd'inquiétude. Ruy Blas se couvre, croise lesbras, et poursuit en les regardant en face.
Ô ministres intègres !
Conseillers vertueux ! Voilà votre façon
De servir, serviteurs qui pillez la maison !
Donc vous n'avez pas honte et vous choisissez l'heure,
L'heure sombre où l'Espagne agonisante pleure !
Donc vous n'avez ici pas d'autres intérêts
Que remplir votre poche et vous enfuir après!
Soyez flétris, devant votre pays qui tombe,
Fossoyeurs qui venez le voler dans sa tombe !
– Mais voyez, regardez, ayez quelque pudeur.
L'Espagne et sa vertu, l'Espagne et sa grandeur,
Tout s'en va. –
J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans
En essayant de savoir combien mon assiette pouvait contenir de verres d'eau (3 verres Nutella tiennent dans une assiette Habitat au demeurant), je me suis rappelée de ce merveilleux jeu qui a occupé beaucoup de mes mercredis après-midi: il s'agissait de tremper des rouleaux de papier toilette vides dans l'eau jusqu'à ce que les morceaux de carton se désunissent naturellement. Il fallait ensuite laisser sécher les "feuilles" de carton ainsi obtenues, chacune formant un losange avec sa couleur particulière, du beige clair au gris foncé. Quel bonheur de chaque instant! Et je ne vous parle pas des rouleaux de papier sopalin (en fait, je les aimais moins car les feuilles étaient trop grandes et beaucoup plus rigides, je préférais la souplesse des rouleaux de papier toilette...). Je suis très heureuse de retrouver ce petit jeu, complètement oublié, va sans dire
Voilà ce qu'on perd en grandissant, la capacité à s'émerveiller...
Voilà ce qu'on perd en grandissant, la capacité à s'émerveiller...
samedi 24 mai 2008
Le sens de la mutique
On me l'avait décrit comme une espèce de fou génial qui donnait des concerts sporadiquement, au moment où jamais on ne l'attendait. C'est à croire qu'il le faisait exprès pour feinter les journalistes. Ce pianiste donnait donc des concerts impromptus dans de grands théâtres, parfois, puis dans le bar du coin, dans un hôtel, dans des foires de ville. Intraçable.
Cet être énigmatique était connu pour ne pas parler, pour refuser tout contact avec quiconque, encore moins avec le producteur et dénicheur de talents que j'étais. Et du talent, il en avait. Il était notamment célèbre pour ses patchworks alambiqués de morceaux. Ainsi était-il capable de partir d'une ballade de Chopin hyper-romantique, de s'engager dans un trait vertigineux, pour se reposer en douceur sur une sonate toute classique de Haydn. Imaginez, bien sûr, toutes les complexités harmoniques et les changements de tonalité et de forme que cela engendrait, à fortiori quand il passait d'un Rachmaninov à un Satie bien senti. Cet être agile se jouait sans qu'on s'en aperçoive des codes historiques de la musique. C'était son génie à lui, un génie diachronique, un génie qui mélangeait les périodes, qui les faisaient agilement se superposer en un temps eternel. Il cherchait dans la musique l'humain, la substance humaine, l'intemporel de l'humain. L'humain n'était plus avec lui une histoire avec ses guerres et ses passions, l'humain devenait une essence musicale, philosophique, divine.
Mais dès qu'il n'y avait plus de piano à l'horizon, il disparaissait. Non pas physiquement, mais psychiquement, il disparaissait aux yeux de tous, il se soustrayait naturellement à leur environnement. Comment un être aussi doué que lui pouvait-il avoir aussi peu d'aura et de présence en société? Et quand on n'entendait plus que lui emplir toute une salle et laisser bouche-bée 300 spectateurs, il laissait indifférent la communauté humaine qui piaillait.
Cet être-là, aussi timide et peu présent soit-il, m'intéressait définitivement. J'en parlais autour de moi mais personne ne comprit ma soudaine passion pour un artiste qui n'était pas capable de créer l'événement médiatique autre que de manière confidentiel: car rien ne sortait de lui en dehors des concerts, il ne "donnait" qu'en toute confidentialité à ses auditeurs. Mais il m'intéressait. Sans doute y voyait-on encore une de mes lubies qui se calmerait aussi vite qu'elle était née. Pourtant, je restais fascinée et voyais bien que cet être miraculeux détenait peut-être bien ce que l'humain a de plus humain, qu'il était allé au cœur même de l'être, qu'il connaissait les plus grandes profondeurs de l'âme. Il gardait ce secret, lui, le musicien, cette chose que je cherchais depuis toute jeune au travers des gens charismatiques. Je m'étais trompée, c'était vers cet être sans présence (ou à la présence si énigmatique, si fantomatique, si excessive et intermittente) que je devais me tourner pour trouver la vérité.
Comment l'approcher, le musicien qui ne parlait pas? J'en avais entendu, des mythes qui avaient retenu et entretenu mon imagination sur les pianistes. Celle qui vivait avec les loups, celui qui enregistrait chacune de ses pièces note par note, celui qu'on avait retrouvé en costume dans la mer (un faux pianiste, mais dont la légende était impatiente de s'emparer). Les musiciens étaient-ils donc tous fous? Etait-ce un mythe? Un gros coup marketing quand la musique classique à elle seule n'était plus capable d'attirer les foules? Ou simplement un être humain qui, après avoir gagné la confiance de l'autre, pouvait se permettre d'être qui il était vraiment, ce joyau pur, hors du conditionnement social?
Comment allais-je donc l'approcher? Je pensais à un étrange stratagème qui, par lui-même, me donnait déjà du plaisir, peut-être plus que la rencontre du pianiste même! (c'est toujours le chemin qui fait plaisir, plus que la fin). Je me retrouvais gosse à essayer de construire une histoire comme on construit un roman, j'inventais des manières subtiles de me retrouver sur son chemin et de le rencontrer. Evidemment le scenario se devait d'être le plus fantasque possible. Comment aurait-il pu être crédible, sinon?
Cet être énigmatique était connu pour ne pas parler, pour refuser tout contact avec quiconque, encore moins avec le producteur et dénicheur de talents que j'étais. Et du talent, il en avait. Il était notamment célèbre pour ses patchworks alambiqués de morceaux. Ainsi était-il capable de partir d'une ballade de Chopin hyper-romantique, de s'engager dans un trait vertigineux, pour se reposer en douceur sur une sonate toute classique de Haydn. Imaginez, bien sûr, toutes les complexités harmoniques et les changements de tonalité et de forme que cela engendrait, à fortiori quand il passait d'un Rachmaninov à un Satie bien senti. Cet être agile se jouait sans qu'on s'en aperçoive des codes historiques de la musique. C'était son génie à lui, un génie diachronique, un génie qui mélangeait les périodes, qui les faisaient agilement se superposer en un temps eternel. Il cherchait dans la musique l'humain, la substance humaine, l'intemporel de l'humain. L'humain n'était plus avec lui une histoire avec ses guerres et ses passions, l'humain devenait une essence musicale, philosophique, divine.
Mais dès qu'il n'y avait plus de piano à l'horizon, il disparaissait. Non pas physiquement, mais psychiquement, il disparaissait aux yeux de tous, il se soustrayait naturellement à leur environnement. Comment un être aussi doué que lui pouvait-il avoir aussi peu d'aura et de présence en société? Et quand on n'entendait plus que lui emplir toute une salle et laisser bouche-bée 300 spectateurs, il laissait indifférent la communauté humaine qui piaillait.
Cet être-là, aussi timide et peu présent soit-il, m'intéressait définitivement. J'en parlais autour de moi mais personne ne comprit ma soudaine passion pour un artiste qui n'était pas capable de créer l'événement médiatique autre que de manière confidentiel: car rien ne sortait de lui en dehors des concerts, il ne "donnait" qu'en toute confidentialité à ses auditeurs. Mais il m'intéressait. Sans doute y voyait-on encore une de mes lubies qui se calmerait aussi vite qu'elle était née. Pourtant, je restais fascinée et voyais bien que cet être miraculeux détenait peut-être bien ce que l'humain a de plus humain, qu'il était allé au cœur même de l'être, qu'il connaissait les plus grandes profondeurs de l'âme. Il gardait ce secret, lui, le musicien, cette chose que je cherchais depuis toute jeune au travers des gens charismatiques. Je m'étais trompée, c'était vers cet être sans présence (ou à la présence si énigmatique, si fantomatique, si excessive et intermittente) que je devais me tourner pour trouver la vérité.
Comment l'approcher, le musicien qui ne parlait pas? J'en avais entendu, des mythes qui avaient retenu et entretenu mon imagination sur les pianistes. Celle qui vivait avec les loups, celui qui enregistrait chacune de ses pièces note par note, celui qu'on avait retrouvé en costume dans la mer (un faux pianiste, mais dont la légende était impatiente de s'emparer). Les musiciens étaient-ils donc tous fous? Etait-ce un mythe? Un gros coup marketing quand la musique classique à elle seule n'était plus capable d'attirer les foules? Ou simplement un être humain qui, après avoir gagné la confiance de l'autre, pouvait se permettre d'être qui il était vraiment, ce joyau pur, hors du conditionnement social?
Comment allais-je donc l'approcher? Je pensais à un étrange stratagème qui, par lui-même, me donnait déjà du plaisir, peut-être plus que la rencontre du pianiste même! (c'est toujours le chemin qui fait plaisir, plus que la fin). Je me retrouvais gosse à essayer de construire une histoire comme on construit un roman, j'inventais des manières subtiles de me retrouver sur son chemin et de le rencontrer. Evidemment le scenario se devait d'être le plus fantasque possible. Comment aurait-il pu être crédible, sinon?
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