dimanche 8 juin 2008

Internet, la médiocratie au pouvoir?

Avec le web 2.0 et la possibilité pour tout un chacun d'écrire ce que bon lui semble, émerge une nouvelle donne du pouvoir. Des gens comme Kamini, ou comme Max Bloublil n'auraient sans doute pas émergé sans l'Internet. C'est aussi le syndrome Loft où tous les quelconques peuvent trouver une place et être médiatisés, tout aussi vite qu'ils retombent dans l'oubli, souvent.

J'en vois qui déjà s'insurgent contre l'Internet et la médiocratie populaire. Incapables de juger par eux-mêmes, ils s'en remettent aux élites classiques, celles qui ont l'argent et les bonnes relations, aux élites qui auraient peur que l'Internet piétine leurs plates-bandes.

Je trouve au contraire que l'Internet vient rééquilibrer le jeu de dés pipés du monde. Certes, beaucoup de déchets sur la toile, mais parfois de rares perles, l'Internet décongestionne la sacralisation du pouvoir.

Mais le pouvoir doit-il toujours être sacré? N'est-ce pas de là qu'il tire son pouvoir, justement? Trop vaste question, pour un matin de juin qui s'annonce froid...

samedi 7 juin 2008

Et si, et si...

Si j'étais producteur, il y a bien longtemps que je l'aurais fait monter sur les planches. Certaines personnes ont des talents rares, qui mériteraient d'être connus. Celle-là, je l'aurais placé dans un one-man show tragi-comique, dans une pièce si éxagérement triste que l'effet s'inverserait en fou rire permanent. Cette autre, je l'aurai bien vu relancer un mouvement encore confidentiel de la musique mais qui aurait pu prendre: la remise au goût du jour de musique des années 40 version samplée (Princess Crocodile par exemple). Elle a du moins cette touche "petite femme française des quartiers populaires" et on la verrait bien chanter "Mon homme". Cette autre, il faut qu'elle se dirige vers la recherche, c'est une évidence. Ce n'est pas encore son choix, j'espère qu'elle le comprendra à temps, c'est-à-dire avant les enfants.

Et moi, quel est donc mon autre talent que de repérer celui des autres? Pauvre Grenouille du Parfum, incapable de se sentir soi-même, et qui a du développer une surcapacité à comprendre ou imaginer comprendre le talent des autres pour voir où était le sien... Car mon seul talent serait de repérer ces talents, de donner par là une vue sur ce qu'est mon monde, différent de celui des autres mais dans lequel d'épanouit un désir encore inconscient de ces mêmes autres. Faire émerger l'inconscient collectif, pas moins, mettre un mot sur une chose encore inexistante verbalement, mais qui existait confusément à l'état de germe.

Le sans commentaire du week-end

Exagérer, c'est commencer d'inventer.

La puissance de l'effet placebo

Je suis très curieuse de voir dans quelle mesure l'injection d'une substance dans le corps humain a réellement un effet sur celui-ci, ou simplement dans quelle mesure la synthèse d'une hormone a un véritable effet. Ce n'est pas de drogue que je veux parler, mais d'orgasme. Et d'effet placebo.

C'est bien connu, la femme doit être amoureuse pour éprouver du plaisir. Ce qui signifierait que la simple production d'une hormone sans l'association à un "fantasme" psychique n'aurait pas ou peu d'effet: l'orgasme, petite chose assez palotte en terme d'effet, s'il n'est pas associé à un puissant catalyseur psychique? Et pour l'homme? Pareil...

De même, si je suis accroc à la nicotine et que je ne fume pas pendant plusieurs heures, l'effet de la cigarette sera-t-il lié à la substance nicotine en tant que tel ou bien l'attente et le sentiment d'attente auront-ils eu un effet psychique bien plus importants? Car si je prend ma cigarette froidement sans y projeter tous les affects de l'attente, je vous assure qu'elle n'aura aucun intérêt si ce n'est un très vague effet relaxant, même plus agréable.

Cela revient aussi à se demander si les médicaments ont un réel effet... Bien sûr, qu'ils ont un effet mais sans aucune commune mesure avec ce que le cerveau peut produire par auto-conviction.

Alors, quelle est donc cette force "psychique" non mesurable en terme scientifique? Comment mesurer l'effet placebo?

C'est bien lui le tout-puissant, et aucun moyen de le mesurer puisque dissocié des mesures chimiques du corps humain... Voilà une vraie piste de travail: trouver un étalon placebo.

dimanche 1 juin 2008

Pourquoi?

Je croyais que tu m'aimais pour mon cynisme et mon air désabusé. Et puis, un jour, tu m'as révélé que tu aimais au contraire mon regard sérieux et respectueux, mon regard aimant.

Le génie du chef

Le véritable chef est avant tout celui qui sait dire non. Le rebelle a en effet pour moi l'essence du génie et, potentiellement, du vrai bien, car il porte en lui la capacité à réfléchir par lui-même et à ne pas suivre bêtement ce qu'on lui a répété. Il a en lui une voix qui lui est propre, avec tout ce qu'elle peut contenir de dissonances et d'humanité. Il a cette vision de ce qui est bon car il "sait". De manière magique, non réfléchie, il sent et sait. Il est amour désintéressé.

Il sait dire non, car il n'attend pas la reconnaissance de ses "supérieurs", le pouvoir ne l'intéresse que peu, il ne cherche pas à imposer et sa véritable légitimité lui vient d'en bas. Je crois profondément à la légitimité populaire.

Le Christ incarne pour moi ce génie du chef. Et je ne retiens qu'une chose de la bible: cet homme qui a su dire non, qui a su remettre en cause les clichés du bien, celui qui a su aimer Marie-Madeleine, contre la vindique populaire. C'est sans doute ce que j'aime le plus dans cette religion catholique, son aspect rebelle bien loin de ce qu'on peut lui prêter aujourd'hui.

Mais le chef a surtout cette capacité à être un véritable écran dans lequel chacun peut se projeter, il sait révéler le meilleur de chacun sans l'épingler, il dirige sans imposer. Dans un chef parlent tous les hommes qui construisent un projet.

lundi 26 mai 2008

J'aurais aimé écrire cela...

Bon appétit, messieurs !

– Tous se retournent. Silence de surprise etd'inquiétude. Ruy Blas se couvre, croise lesbras, et poursuit en les regardant en face.

Ô ministres intègres !
Conseillers vertueux ! Voilà votre façon
De servir, serviteurs qui pillez la maison !
Donc vous n'avez pas honte et vous choisissez l'heure,
L'heure sombre où l'Espagne agonisante pleure !
Donc vous n'avez ici pas d'autres intérêts
Que remplir votre poche et vous enfuir après!
Soyez flétris, devant votre pays qui tombe,
Fossoyeurs qui venez le voler dans sa tombe !
– Mais voyez, regardez, ayez quelque pudeur.
L'Espagne et sa vertu, l'Espagne et sa grandeur,
Tout s'en va. –