mercredi 30 mai 2007

Relecture du Mythe de la Caverne

La laverie d'en bas de chez moi est étonnamment très chic. La faute au quartier dans lequel je crèche. Je n'y ai encore jamais mis les pieds, sauf pour y reluquer deux ou trois étudiants attardés et blonds y faire leurs machines et me renseigner sur le fonctionnement de leurs engins (ce qu'ils se sont empressés de faire).

J'ai préféré faire mes premiers pas dans une autre laverie, vide celle-là. Un vague dégoût en imaginant le nombre incalculable de culottes qui ont du précéder les miennes. Et puis, des réflexions d'ordre métaphysique: la laverie automatique semble un passage obligé dans la transition étude - boulot, une activité comprise dans le forfait indépendance.

J'introduis les pièces, le tambour s'emballe, mes yeux sont alors magiquement happés par le magnifique spectacle qui s'offre à moi, toujours renouvelé. Je pourrais le regarder des heures, ce triste feu de bois des villes... Impossible de déterminer les prochains passages, l'ordre dans lequel pantalons, chaussettes et chemises vont s'agencer. Impossible de connaître les trajectoires à l'avance, de retrouver un rythme commun malgré la vitesse homogène du tambour. Un défi pour mon cerveau conquérant.

Et déjà, le coquin pantalon s'en va rejoindre la chemisette mignonne, au rythme du tambour déchaîné, tandis qu'un jean déboule, balourd, dans cette relation naissante. Le treillis solitaire scande la musique. Le petit top élégant essaie de suivre méthodiquement son déhanchement. Ca y est, une soquette s'est imbriquée dans le soutien-gorge, on y est...

Je leur prêterai presque une volonté, à ces êtres tout à coup animés. Ils veulent, ils décident, ils se dirigent. Je leur vois de la profondeur, jusqu'à une identité, même. Leurs actions interagissent, sont imbriquées, complexes. C'est la vie même qui se joue devant moi.

Mais le tambour s'arrête net, tout le monde descend. Ca n'était que le tourbillon du tambour, le tourbillon de la vie qui m'avait fait croire à leur existence.

Bien sûr que non, cela n'est pas possible, c'est seulement les forces alentours qui les a fait se mouvoir le temps d'un court passage sur Terre.

10 commentaires:

Anonyme a dit…

Les machines à laver sont tendance... Je vais regretter de ne jamais avoir fréquenté les laveries... (ça c'est bien phatique comme commentaire !)

-M- a dit…

C'est en effet tellement plus intéressant de parler de petites culottes se battant contre des jeans que de mecs!!
Décidément, quelle force de conviction ;-)

Anonyme a dit…

C'était pas une métaphore ? ;-)

Perso, j'ai pas grand chose à dire sur les mecs ; plutôt parler lingerie...

P. a dit…

Mél: En effet, pas plus intéressant. Tu vois que tu commences à comprendre ;-) (en revanche, tu vas prendre cher sur ton "blong";-p Super titre, d'ailleurs, j'aime beaucoup et me demande qui a trouvé cette si bonne idée ;-)

Hapax: Métaphore matinée de personnifications ;-) Aurais-tu également fait des lettres avant d'arriver en BU?

-M- a dit…

Dommage que tu te refuses à jouer à d'autres jeux (je) que les tiens!
Allez, sans rancunz (t'en as de la chance)
Tchô

PS : Hapax a mené des études de droit.

P. a dit…

Je te retourne le compliment ;-)

Anonyme a dit…

études de droit... pour exercer la profession la plus logique qui en découle mais la dernière que je pensais faire... pas forcément logique non plus... mais du coup je n'évolue pas directement dans les environnements matriciels...!

Bon... Et la soquette dans tout ça ? C'est une allégorie de la condition masculine ? :-)

-M- a dit…

Putain, j'aurais jamais du plonger...chez le coiff-tiff!

Anonyme a dit…

Mais si, ça te va très bien !

Bonnes soirées demain, mesdemoiselles....

P. a dit…

Merci!