dimanche 17 juin 2007

Encore lui!

Pour celui qui recherche le moi pur valéryen (que j'interprète ici comme étant le moi débarrassé des pressions extérieures, notamment de celles du langage), il importe d'analyser et de comprendre le langage, vaste écran entre les choses et nous-mêmes, pour retourner à un langage "pur" et avoir un accès direct de soi à soi. Aussi convient-il de repérer les connotations qui se rapportent à chaque terme et qui sont propres à chacun.

Un exemple:


Une table est une table, mais elle est différente pour chacun, associée à différentes expériences de sa propre vie; elle est bourrée de connotations, cette table, qui nous empêchent d'accéder à l'objet "pur".
Une citation:


Le malheur est que vous ne saurez jamais (pas plus que je ne pourrai jamais vous le communiquer) comment j'interprète ce que vous me dites. Vous n'avez pourtant pas parlé hébreu, non. Vous et moi, nous nous sommes servis de la même langue, des mêmes mots. Mais est-ce notre faute, à vous et à moi, si les mots en eux-mêmes, sont vides? ... Vides. En les prononcant, vous les remplissez du sens qu'ils ont pour vous; et moi, en les accueillant, je les remplis du sens que je leur donne. Nous avions cru nous comprendre, nous ne nous sommes pas compris du tout. (Pirandello)
Une glose:


Le langage est de forme asymptotique (si l'on conçoit les axes comme étant le langage "pur"), symptomatique!

S'il y avait bien une chose que j'aurais souhaité faire avant de mourir, c'aurait été de faire un dictionnaire de mes mots et de mes connotations. Mais la plupart de ces connotations me sont pour la plupart inaccessibles car inconscientes. Et pour accéder au moi pur, il me semble que l'on doit faire émerger les associations inconscientes qui peuplent notre monde.

Vaste programme!

Quelques lignuistes épris de langage pur s'y piquent en essayant d'informatiser le langage, mais on voit à quel point l'on est loin d'un résultat convaincant (il n'y a qu'à voir les traductions faites par ordinateur...)

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