Les couples petits enfants-grands-parents sont toujours émouvants (du moins, ils m'émeuvent toujours). Dans Persepolis, c'est évidemment cette relation petite fille-grand-mère qui m'a touchée: j'adore ma grand-mère.
D'ailleurs, d'une manière générale, j'aime les personnes agées. Et les enfants. Entre les deux, point de salut, les gens m'inintéressent au possible, ils ne se cherchent plus, ils construisent: c'est juste le déroulé de leur introduction.
Les enfants sont encore très libres, ils ne sont pas encore tombés dans l'indifférence, ni dans la "catégorisation", tout est source d'intérêt pour eux. Et les personnes agées, qui naturellement font un bilan de leur vie, réfléchissent comme les enfants au sens réél de la vie...
Et tristement, je m'enfonce dans l'âge adulte, armée de toutes mes certitudes, convictions et autres conneries. Vivement la vieillesse, pour que je me dise qu'"on ne sait jamais" (une chanson de Gabin que ma grand-mère a joué pour son anniversaire).
Pour en revenir aux relations petite fille-grand-mère, qui n'a pas au fond de lui l'image d'une poupette qui apprend la vie à sa petite fille, lui refile les bons tuyaux?
Même si elle n'a rien à voir avec une poupette déjantée (à part le don de la musique, dont elle m'a refilé le virus), et ressemblerait même plutôt à la Reine Mère (c'est comme cela qu'on l'appelle dans la famille), ma grand-mère est une personne incroyable, dotée d'un instinct de vie inépuisable. J'ai un plaisir fou à la retrouver et à jouer avec elle: comme on lui dit souvent qu'elle ressemble à Denise Gray avec ses grands yeux bleus, et moi, à Sophie Marceau, alors nous poussons le vice jusqu'à nous retrouver à la Coupole et à jouer ensemble cette comédie. J'aime partager ces clichés avec elle.
Il doit y avoir de cela, dans l'amour, aimer jouer le cliché de la relation.
jeudi 2 août 2007
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5 commentaires:
Tu te livrerais presque, là , non ?
Et si l’introduction a débuté avec « c’était par une sombre nuit de tempête » ? Pas de construction qui puisse t’intéresser ?
Pas de chance, ma vie a commencé par une nuit sombre... Peut-être est-ce pour cela que je m'intéresse autant à celles qui ont commencé par une douce nuit de printemps ;-)
Tu aurais un côté Snoopy ??? ;-)
Pour revenir sur le fond de ton post, plus que des clichés, les relations amoureuse se nourrissent de rituels, références parfois peut être faciles, certes,mais qui ont avant tout pour objet d'être communes. Qui ont l’avantage de se montrer l’un à l’autre que l’on en partage la signification, qu’on les comprend tous deux, donc que l’on est ensemble, uni (cela s’apparente à ce mécanisme classique de rhétorique qui consiste à choisir des références par ellipse plus ou moins appuyée qui feront penser à l’auditeur que, les ayant comprises, il pense comme l’orateur, et peut donc partager son point de vue – ex : « Ferdinand ! Voila… » peut créer un sentiment de compréhension réciproque…).
A cela s’ajoute sans doute aussi dans la perpétuation de ces rituels, le besoin de se rassurer par leur constance sur la permanence de la relation elle-même. D’où la nécessité à ses débuts de ne pas trop en faire vis-à-vis de l’autre, car le jour où l’attention première disparait pour quelque raison, ce sera toujours interprété par le destinataire qui l’attendait comme un amoindrissement - sinon la disparition - des sentiments. Enfin, là, c’est du Kundera (dans quel roman ? je ne sais plus). Ce en quoi je trouve qu’il n’a pas tort, soit dit en passant.
Mais loin d’avoir entièrement raison, en même temps… non ? ;-)
Et oui... Tu viens donc d'avouer qu'une relation repose sur l'illusion et le contrôle...
Règle générale : je n'avoue jamais.
:-p
Et en l'occurence, non, ce n'est pas ce que j'insinuais de près ou de loin. Tout au contraire, je crois qu'une relation ne peut exister que si elle repose sur la confiance - hors de toute illusion et contrôle donc - laquelle a cependant besoin de jalons... difficile à accorder, aisèment brisée.
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