Chaque fois que je vais voir un spectacle d'improvisation, j'ai toujours un sentiment de malaise. J'y retrouve les instincts les plus bas, les réflexes instinctifs animaux de domination. Les relations qui se tissent au sein d'un sketch d'improvisation sont impregnés de volonté de pouvoir.
Et l'on y voit des animaux blessés.
Qui cherchent leurs mots, quand d'autres piaffent et hénissent pour voler la parole. La parole, c'est la nourriture, et elle doit être meilleure que celle de son voisin : vendre sa sauce à tout prix.
Démago, au fond, c'est ce qui marche toujours. Ne pas ajouter d'intelligence, juste choisir le plaisant, l'aimable, le léger. Journaliste un peu, journaleux tête de noeud beaucoup.
La formule choc. Qui emporte avec elle la nuance et la politesse.
Et une fois que le jeu est lancé, impossible de faire machine arrière. Dans ce combat d'ego, les vainqueurs sont désignés dans les premiers temps. Les positionnements resteront similaires si aucun acteur nouveau n'entre en jeu.
Gagner, investir, conquérir, prendre la parole, imposer, oui, l'improvisation est bien l'endroit de l'instinct.
vendredi 24 avril 2009
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2 commentaires:
Tu me provoques hein, coquine ?
Je te suis sur un seul point : le côté instinctif. Oui, pour faire de l'impro, il ne faut pas être trop cérébral, trop réfléchi. Il faut au contraire se choisir un personnage, une émotion et laisser parler son instinct. Réagir et parler comme si nous étions cette personne, sans savoir à 'avance ce qu'on va dire.
L'une des premières régles qu'on nous apprend à l'impro, c'est justement de ne pas écraser l'autre. De ne pas chercher à tirer la couverture à soi. De ne surtout pas faire l'intéressant en sortant une grosse blague qui va faire rire le public mais complètement décrédibiliser son camarade de jeu. Il faut écouter l'autre, respecter ses idées et suivre le chemin qu'il a tracé, même si on avait une meilleure idée.
Bref, ton article ne s'applique pour moi qu'aux mauvais improvisateurs.
On s'en reparle quand tu veux.
Alors les meilleurs improvisateurs sont ceux qui laissent parler et ne participent pas à cette guerre d'instinct... Les choix qui sont faits ne sont jamais les meilleurs, ils sont simplement ceux des plus dominants. Et sinon, quel besoin de marketing dans ce monde "objectif" que je décris?
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