jeudi 5 novembre 2009

Synesthète des mots

Les mots ne font pas sens pour moi en eux-mêmes... Dire "mon amour" a aussi peu de sens que "sel ou poivre"...

Les mots sont pour moi des outils de la vie quotidienne jusqu'à ce qu'on les fasse vivre dans une situation. Et alors, seulement, ils s'illuminent, ils prennent une existence propre, une existence non dans un signifié que tout le monde partage, mais dans la connivence d'une situation vécue avec quelqu'un. Les mots sont alors attachés à cette situation, imprégnés de ce vécu. Ces mots seront comme une clé d'entrée vers un autre univers. En Chine, un seul pictogramme peut représenter un mot. Dans mon pays, une seul mot peut contenir toute une scène.

"Mon amour" n'est plus alors le sobriquet mignon que tout le monde y voit, il devient la scène même avec toutes ses évocations et son ambiance, il n'est qu'entre deux personnes... Nous ne sommes plus alors les esclaves du langage, mais bien les maîtres, je réinvente le langage pour l'occasion en y glissant un nouveau sens, en lui ajoutant du corps et l'expérience du vécu.

Et quel bonheur que de parler en double sens permanent : un sens pour le tout venant, l'autre sens pour la personne, uniquement... Insolente et fière, je suis le faiseur d'une deuxième réalité parallèle et inaccessible à qui ne sait pas...

Allez, viens, nous avons Notre dico à construire...

NB : travailler sur l'aspect sacré du langage. Détourner le sens des mots, le réinventer, le trodre à son image suppose la "désacralisation" du langage (le sacré étant entendu comme ce qui ne peut être remis en cause).

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