mercredi 10 juillet 2013

Transparence

Je suis toujours plus étonnée de ce monde « transparent ». Chaque affaire devient l’objet d’un déballage médiatique, preuves à l’appui, documents jetés en pâture au public. En ces temps de transparence, où chacun est traqué jusque dans son intimité, à son insu ou tristement de plein grès, seul le cœur est un refuge, mais pour encore combien de temps ?

Passionnée de nouvelles technologies –y travaillant même -, progressiste et ouverte à la nouveauté, je suis la plus ambigüe des personnes pour ce qui concerne ce que l’on appelle la « transparence ». Et je me dis naturellement : qu’ai-je donc à cacher finalement ? Qu’ai-je à me reprocher ? J’ai compris que Facebook était une vitrine de soi où l’on ne met en avant que ce que l’on souhaite vendre… Et tant pis pour ceux qui ne l’ont pas compris et exposent à l’humanité de leurs connaissance leurs chagrins et bobos, ne se rendant pas compte que ce sont autant de coups qu’ils portent à leur ego  dans un cercle toujours plus vicieux de dévalorisation. Mais personne n’oublie, et encore moins Facebook.

Et puis, je regarde les médias, je tombe comme vous sur cette lettre d’allégeance de Christine Lagarde. Pas si mal écrite, finalement, je me projette même et me sens tout à fait capable d’un tel engagement si l’on exclue le contexte latent (d’ailleurs, quel rapport explicite à l’affaire Tapis ?). Cela m’inquiète pour moi-même car je me projette à nouveau : qu’aurai-je à me reprocher ? Toujours rien si ce n’est l’interprétation qu’on en fait… Et, n’interprète-t-on pas à défaut de connaître ?

« N’interprète-t-on pas à défaut de connaître ? », c’est le sujet du bac philo et que j’aurais volontiers traité : de vérité, il n’existe pas puisque la vérité n’est jamais que le barycentre du point de vue des humains à un moment donné (oui, oui, ca fait des années que je le répète et mon expérience de la vérité en audit m’en a convaincue). La vérité, donc, ne m’appartient pas, elle est juste un accord tacite sur la définition d’une notion à un moment entre moi ET d’autres que moi. Et s’il y a désaccord ? Et bien la majorité tranchera, quitte à vous faire comprendre, dans un procès tout kafkaïen, que vos convictions et votre lecture du monde ne sont pas les bonnes : « ta perception est fausse », « ce que tu ressens n’est pas la vérité, c’est une imagination de ta part ». Léger flirt avec la folie, mais tout ira bien, ne t’en fais pas. Premier pas vers une dictature qui souhaiterait modifier tes perceptions…

Mais je divague, revenons à Christine Lagarde et à ce procès, qui confirme peut-être la fin de l’indépendance entre le judiciaire et l’exécutif en ce que l’affaire sort sous un gouvernement de gauche… Et aussi, la fin de la séparation entre ce qui est privé et public. Car qui a besoin de connaître les détails de la garde-robe de Lagarde, justement, tant que l’enquête n’est pas menée à son bout ?

Et je m’interroge encore, hier chantre du « tout le monde a le droit de savoir car je crois à l’intelligence collective et à l’intelligence de chacun », je me demande si l’on peut/doit tout dire à tout le monde ? Si l’on croit que l’homme est naturellement bon et responsable et adulte, alors très certainement oui, mais j’ai malheureusement de plus en plus de doutes à ce sujet… Peut-être n’est-ce qu’une question de temps ? On peut tout dire à tout le monde mais dans un timing moins urgent. J’ai avoué des années après à ma mère avoir séché l’école une journée (horrible journée de culpabilité, m’en souvient). Au moment où je lui ai dit, il y avait évidemment prescription, c’était même plutôt drôle, mais je vous jure que ce n’aurait pas été le cas à l’époque !

Enfin, je réatterris sur la notion de transparence : être transparent, c’est aussi ne plus exister dans sons sens figuré, c’est tant se livrer en pâture que l’on en disparait. Car l’identité, c’est surtout établir une limite entre soi et le non-soi : mes limites corporelles et mentales sont autant d’éléments qui font que je ne me dissous pas dans une humanité vorace et englobante. Get it ?

samedi 24 septembre 2011

De l'influence comme recherche du bonheur

Étonnante histoire que celle d'un bébé. Histoire très simple et qui pourtant contient le secret de tout une vie.

La Toute-puissance du nourrisson, celle dont parlent les psychologues, est bien celle que nous allons rechercher tout au long de notre vie. Ce moment, où criant, nous obtenons des parents ce que nous souhaitons. Nous désirons? Nous obtenons... Je peux tout ce que je veux.

(Imaginer l'histoire d'un enfant dont les parents s'occuperaient tout le temps qui ne serait dévoué qu'à lui : pourrait-il alors grandir ?)

vendredi 8 juillet 2011

Le sans commentaire du week-end

You can't be yourself if you don't know who that is...

jeudi 3 mars 2011

L'abstraction comme élément nécessaire du sentiment

L'ellipse n'est-elle pas le lieu du sentiment? De l'humour, en tout cas, cela est certain... Des sous-entendus, aussi.

Un ordinateur par exemple ne comprend pas l'ellipse, il n'est que descriptif, sans sentiment. En revanche, un humoriste ne fonctionne qu'à l'ellipse et déclenche le sentiment.

A creuser quand j'aurai du temps.

samedi 8 janvier 2011

Le sans commentaire du week-end

Il n'y a pas de sens. Encore moins d'essence.

lundi 3 janvier 2011

Scénario

Le pitch :
C'est l'histoire d'un psychiatre, hyper sensitif et très empathique, qui estime que l'amour ne fait pas bien les choses. L'amour unit certes dans son lit les cheveux blancs, les cheveux gris, mais pas pour des raisons optimales de vie ensemble à long terme selon lui. Alors, cet hyper sensitif décide de recréer les couples selon leur probable entente. On y voit les techniques qu'il utilise.

Les questions sous-jacentes :
Il ne s'agit que de la perception d'un mec : en quoi est-il mieux placé pour savoir et pour prendre le pouvoir ?
Un homme qui devient un démiurge et choisit ce qui est bon ou mal, comme Dieu dans la Genèse (et "Dieu vit que c'était bon")
Quand bien même, il aurait raison, doit-on suivre son avis ? Et qui ne changerait pas 100 d'ennui contre 35 ans de vie ?
De la dangerosité de la psychanalyse comme autorité nouvelle, remplaçant la religion.

samedi 4 décembre 2010

Wikileaks : rapporteur de Paris, mets ta couche et va au lit

Le sujet : Wikileaks

Le débat : Beaucoup de la polémique autour de Wikileaks tient moins au contenu des fuites qu'à l'audace de pénétrer des places fortes de l'autorité, jusqu'ici inviolables (Alan Rusbridger, rédac chef du Guardian).

Les fantasmes Wikileaks :

  • le mythe de la transparence absolue : Wikileaks n'est pas totalement transparent, il y a des barrières à l'entrée que sont la langue et la profusion des informations en désordre (les idées reçues selon Gaël Villeneuve) .
  • le mythe de la libre circulation des informations en "peer-to-peer", c'est-à-dire dans un rapport égalitaire : le WikiLeaks n'a pas pu rester un wiki.


Les questions : ouverture/fermeture, quelles nouvelles limites, quelles nouvelles frontières ? Quelle transparence ? Jusqu'à quel point peut-on dire les choses et pourquoi, selon quels motifs ? Quelles conséquences ? A quel point la transparence est-elle despotique ?

Les arguments en faveur de Wikileaks :

  1. Il faut dénoncer les erreurs des gouvernements
  2. Wikileaks peut être transparent ET intelligent : transparence et discernement ne sont pas incompatibles dit le Monde
  3. Wikileaks impose un ordre nouveau, une philosophie nouvelle : c'est une dimension de l'affranchissement des hommes à l'égard des pouvoirs (les pouvoirs en place dénoncent toujours la publication des documents qui les dérangent...)
Les arguments plutôt mitigés par rapport à Wikileaks :
  1. Tout dépend du but des révélations : une cause noble d'informer ou une cause vile d'affaiblir ?
  2. Les "révélations" qui sont faites n'en sont qu'à moitié: qui n'était pas au courant qu'une guerre faisait des morts ? Qui n'était pas au courant que Sarko était pro-américain ? On est flatté d'être dans la confidence mais on n'apprend pas grand chose. Wikileaks enfonce des portes ouvertes, oui, il y a du "off" et de la complicité, comme dans toute relation de collaboration. Et alors ? (Gaël Villeneuve)
  3. D'autres sites existent depuis longtemps : Cryptome en 1996 et Secrecy News en 2000. Statewatch en 91

Les arguments contre :

  1. On ne peut pas dénoncer les erreurs du gouvernement de manière illicite : un galeriste qui aurait volé une oeuvre et qui l'exposerait à tous au motif que tout le monde doit le connaitre serait accusé de recel (commentaire d'un quidam dans le monde ) --> 2 réflexions à son encontre : les journalistes ont toujours fait appel à des sources plus ou moins autorisées, et l'information est un bien immatériel pour lequel on ne peut pas parler de recel.
  2. On ne peut pas dénoncer les erreurs du gouvernement si elles peuvent porter préjudice à un particulier : Steven Aftergood, de Secrecy News : "la publication d'informations non autorisées sert l'intérêt public quand elle révèle de la corruption, des erreurs ou du gâchis mais elle dessert l'intérêt public quand elle expose des individus à des dangers physiques, ou porte atteinte à la vie privée (du coup, la collabora!tion avec des journaux qui filtrent l'info est une bonne chose...).
  3. Contre une transparence débridée : Tout n'est pas bon à dire à tout le monde : il faut selectionner l'information utile à l'auditeur et pas un tout-venant faussement égalitaire (car, au final, c'est celui qui diffuse l'information qui a le pouvoir).
  4. Contre une transparence instantannée : on peut tout dire dans les pays démocratiques, certes, mais pas dans l'immédiateté; la plupart des pays démocratiques déclassifient leur correspondance diplomatique au bout d'un certain nombre d'années en ouvrant leurs archives.
  5. Wikileaks impose une transparence despotique

A traiter :

  • Seuls les faibles sont transparents, les forts ne le sont pas
  • Etre responsable, est-ce ne pas tout dire ?
  • Wikileaks est un peu comme le rapporteur de Paris qu'on n'aimait pas à l'école...

dimanche 7 novembre 2010

Privé de public

Il faut réfléchir sur les limites entre le privé et le public. Qu'est-ce qui est de l'ordre de l'intimité ?

A cette question, il y a une multitude de réponses en fonction du pays dans lequel on se situe. Et cette rélativité est intéressante : par exemple, au Maroc, montrer un bras s'avère être une chose des plus impudique, tandis que l'on peut parler de règles ou de détails scabreux sans choquer. Etre triste, là bas, et le dire, ce sera sans doute la plus grande des impudeurs.

A côté de cette dispersion synchronique, il y a également une dispersion diachronique : avec le temps, la frontière entre privé et public se déplace sous l'influx de nouvelles technos comme Facebook.

Bref, il y aurait un vrai grand travail de sociologue bien passionnant à faire sur le sujet... Encore un.

Le sans commentaire du week-end

Je n'aime pas les idées reçues. Une idée devient reçue quand on ne la questionne plus, quand la réponse est automatique et semble évidente. Et c'est à ce moment que j'interviens, quand une idée devient un argument d'autorité.

Tiens d'ailleurs, pour mon petit Noël, il existe une collection Idées Reçues...

lundi 1 novembre 2010

L'autorité n'est pas autre chose qu'une affaire de croyance, de religion dans son sens le plus étendu


Je pense beaucoup à ce qu'est l'autorité en ce moment (j'y pense... et puis j'oublie), et aussi à son corollaire le pouvoir. J'y pense et je me demande ce qui a pu pousser des gens à aller à l'église tous les dimanches, à subir des sermons (pas forcément dégueulasses, même plutôt plaisants, parfois), à accepter un cérémonial religieux sentencieux qu'un enfant regarderait très étonné (mais pourquoi font-ils donc ca?).

Qu'est-ce que l'autorité, donc ? Doit-elle être forcément ce qu'on ne remet pas en cause, ce qui est sacré (pour moi, le sacré = ce qui ne peut être remis en cause, sous quelque forme que ce soit), un consensus que personne ne peut remettre en cause ? Ou bien tout le contraire? Justement quelque chose que l'on peut questionner ? Qui est capable d'abosorber les coups de la remise en question?

Ne respecte-t-on pas que ce que l'on ne questionne pas...?

Et qu'est-ce qui fait que je vais pouvoir adhérer à une pensée? Lui donner du crédit et ma confiance? Qu'est-ce qui fait que je vais me soumettre quand j'ai la possibilité de penser par moi-même, de penser, repenser, dépenser, repanser. On confie l'autorité à une autorité que l'on croit supérieure. Mais si l'on efface la hiérarchie et le supérieur, si je me pense supérieur, alors comment faire pour reconnaître une autorité?

L'information, c'est bien connu, c'est le pouvoir.
La démocratisation de l'information par le biais de l'internet brise la hiérarchie.
Le pouvoir politique n'est plus que factice aujourd'hui.

Alors comment rétablir une autorité :
- Se poser comme supérieur, au nom d'une force occulte quelconque : une monarchie de droit divin, reste à réinventer le dieu.
- Se poser comme une référence, un radeau dans la mer contre vents et marées, être une figure parentale stable et éternelle quand les gouvernments se succèdent : la monarchie, où le roi représente l'autorité, la référence, sans être le pouvoir, il garantit le respect et la légitimité (à penser: peut-être que la monarchie n'est pas le pire des réigmes dans le rétablissement d'une autorité?)
- Etre supérieur, montrer qui est le plus fort, comme à l'école où le gros barraque (barrack?) impose sa loi : une dicature militaire
- Se poser comme légitime, au nom d'une vraie supériorité, reconnue de tous : la démocratie.

En passant, il faudra réécrire sur la société féodale sur laquelle semble fonctionner notre société. Lorsque l'autorité centrale a été démembrée, ce qui est le cas aujourd'hui, il faut s'octroyer une part du gâteau comme le font les entreprises du CAC, état dans l'état : c'est donc une féodalité où les seigneurs sont les entreprises, chapelles autour desquels se regrouperaient les vassaux-employés. Les vassaux recoivent aide matérielle et protection sociale de l'entreprise, ce qui les en rend dépendant. Les vassaux, en échange, devait foi et hommage au suzerain; à notre époque, on parler de "coporate". Je dois creuser ce qu'est le "coroporate".

lundi 18 octobre 2010

Etonnements

La Loire est dans le Rhône...
Le Maine-et-Loire et pourtant la Mayenne...
L'Eure-et-Loir et non l'Eure-et-Loire
La Haute-Corse est en haut, le Haut-Rhin est en bas...
Le cours d'eau du Var ne passe pas par le Var...
La mer est maritime, atlantique ou d'armor...


En résumé :

Les départements furent principalement nommés non pas d'après des critères historiques, pour ne pas rappeler le découpage en provinces de l'Ancien Régime, mais surtout d'après des critères géographiques.


Enfin, trois départements seulement ont des noms historiques et non pas géographiques, deux car rattachés à la France en 1860 seulement : la Savoie et la Haute-Savoie et, depuis les années 70, les Alpes-de-Haute-Provence qui est, à ce jour, le seul à porter le nom d'une ancienne province du royaume de France









vendredi 16 juillet 2010

Le sans commentaire du week-end

C'est vraiment lors des mariages que l'on se rend compte de la position sociale d'une famille...

Adieu Oedipe, Cassandre, couvez

Si Freud a été révolutionnaire de penser le tout-sexuel à une époque où le mot "sexe" faisait hérisser le poil de la bonne société bourgeoise, alors peut-être serai-je révolutionnaire, dans notre époque de l'omni-sexuel, de penser que tout est loin d'être sexuel ?

Les théories de Freud sont aujourd'hui datées, conscrites à une époque, et surtout se veulent obejctives quand elles ne sont que projection de Freud, lui-même.

Bref, toute réalité psychique n'est pas sexuelle, mais en revanche, toute réalité psychique est bien la rencontre entre la projection de ses propres imagos sur l'extérieur et l'extérieur lui-même.

vendredi 4 juin 2010

Du sens de la vie

La vie d'amis que je ne connais peu ou guère et que je vois étalée sur facebook me semble vulgaire. Médiocre, en fait, au sens de moyen. Dans la moyenne. L'être humain qui s'affiche ainsi croit affirmer son individualité, il ne fait que montrer à quel point sa vie n'est que la reproduction de 10000 autres petites vies étroites... C'est l'humanité.

La Vie avec un grand V prend son dû, ponctionne son droit, fait usage de son droit de cuissage sur l'être humain et sur tout être vivant, et nous utilise pour continuer sa paisible existence. Nous ne voyons même pas notre joug par rapport à la Vie (la Vie est peut-être bien la Matrice), tout heureux que nous sommes d'être en vie, de l'afficher fièrement sur Facebook.

lundi 12 avril 2010

Rêverie de printemps

Quel est la fonction du rêve ? Je parle de la nuit bien sur, mais aussi du jour. Les enfants rêvent, mais les adultes n'ont plus la possibilité (presque phisiologiquement) de jouer et rêver. Le ludique s'est éteint en même temps que la possibilité de réaliser "en vrai".

Mais quelle est cette étrange fonction et à quoi sert-elle ? Y a-t-il un rapport avec l'apprentissage ?

vendredi 19 mars 2010

dimanche 14 mars 2010

Le sans commentaire du week-end

Post scrotum : j'ai les boules.
Post scrutin : j'ai encore plus les boules...

Le sans commentaire du week-end

J'ai deux types d'amis : les gens extraordinaires et ceux qui m'aiment.

mardi 2 mars 2010

Un intellectuel est un quelqu'un qui a trouvé quelque chose de plus intéressant que le sexe

Les symptômes de la passion :
  • La certitude d'être la meilleure, l'illusion que rien ne peut me résister
  • L'obsession occupe tout mon temps libre et occulte tout le reste, mon cerveau cherche tout seul des solutions aux problèmes concernant le sujet
  • Je parle à tout le monde de cette obsession

C'est bien ce qui s'est passé en piano.

Question en suspens : pourquoi la passion est-elle si agréable à vivre ?