Pourquoi s'ingénier à me faire détester toujours plus l'être humain et sa médiocrité...? De retour d'un "cours" de manager. C'est la mode des "formations", autant la suivre. Une sorte de fierté que de pouvoir faire une formation dans l'entreprise actuellement! En tout cas, quelque chose d'absolument sur-valorisé avec à la clé tout un tas de comportement normatif.
Déjà dans la salle, c'est un concours latent d'hormones: qui va prendre le leadership? La tension est à son comble. Et notre commercial national (un Maurice de Baycon-Les-Bruyères), très dubitatif à l'égard de la formation de type psychologisante, se renfrogne comme un gamin quand il ne réussit pas. Lui, il connaît la vie, il sait que ca ne se passe pas comme çà, que tout çà, c'est bien des conneries de psy. Il y a aussi Jean-Louis, l'ingénieur de haut gabarit qui la ramène sur son expérience, et se croit encore le fils unique qu'il a du être, mais dont le flot de paroles invite à voir en lui toutes les craquelures de sa personnalité. Qu'est-ce qu'il parle! Peut-être le plus honnête. Et puis, il y a aussi les femmes, toujours invisible dans ces situations, c'est étonnant... J'exagère, il y a la Bobo qui travaille dans une association humanitaire: elle lit Libé et Charlie Hebdo, ne la laisse pas tomber. Je me mets bien évidemment en dehors de cette description car je porte tristement sur moi tout un tas de codes: et oui, je suis habillée...
En tout cas, qu'est ce que nous sentons l'humain... Et c'est étrange de voir comme ces gens s'ingénient à s'auto-enfermer dans les propres cases de ce qu'ils montrent. C'est sans doute très rassurant que de suivre à la lettre un type de personnalité prédéfini. Ils en adoptent les codes à plaisir sans se demander si c'est vraiment "çà", sans même savoir qu'il s'agit de codes. Pire, ils défendent (logiquement) cette identité, et tâchent de conquérir le territoire-identité de l'autre en lui montrant que sa manière de vivre est la meilleure. L'éducation ne vise finalement qu'une chose: te faire choisir ta case. Et tes codes. Ta gueule!
Tiens, encore une chose qui vient apporter de l'eau à mon moulin: je crois profondément à une similitude entre le "macro" et le "micro". La personne n'est ni plus, ni moins qu'un territoire où il se partage un certains nombres de valeurs communes (sinon, guerre civile en soi). Je peux échanger avec mes voisins pour obtenir des ressources que je n'ai pas en interne. Je peux aussi être en guerre avec mon voisin si je n'arrive pas à échanger. Peut-être que c'est le problème de toute guerre: ne pas supporter la différence.
La différence, la démocratie, le rationnel, voil) qui m'emmène bien loin: c'est que toute situation "micro" porte en soi le germe d'un "macro"! Le tout est dans la partie...
samedi 15 décembre 2007
vendredi 7 décembre 2007
Femme du monde
Je peux partir partout dans le monde. Je peux être reçue en Belgique, à Bruxelles, et à Gant; en Allemagne, à Berlin ou Munich; en Espagne à Barcelone; à Londres en Angleterre; au Canada dans la région des grands lacs; à Brasilia do Brasil; aux States, à Chicago, Tucson et bientôt Detroit; au Maroc à Rabat. Je peux même visiter la France de fond en comble.
Mais ce soir, je ne fais rien. Tous mes amis proches sont loins. Quel dommage de ne pas profiter d'eux!
Je veux chanter pour ceux qui sont loin de chez moi...
Mais ce soir, je ne fais rien. Tous mes amis proches sont loins. Quel dommage de ne pas profiter d'eux!
Je veux chanter pour ceux qui sont loin de chez moi...
lundi 3 décembre 2007
L'argent fait le bonheur
Marrant, je viens de recroiser un ami de longue date qui est devenu depuis, trader à la City. Ce jeune homme était un garçon assez invisible et surtout timide, envers les filles, aussi. Très peu flamboyant, finalement, assez peu "fun", sortant peu. Je lui ai préféré un jeune leader en puissance.
Bref, ce jeune trader est devenu mince, sa vie est heureuse et riche en événements. Il a trouvé une petite amie, beaucoup d'amis et de sorties. Et il aime son boulot.
Qu'on ne me dise pas après que l'argent ne fait pas le bonheur...! En tout cas, il a clairement fait le sien
Bref, ce jeune trader est devenu mince, sa vie est heureuse et riche en événements. Il a trouvé une petite amie, beaucoup d'amis et de sorties. Et il aime son boulot.
Qu'on ne me dise pas après que l'argent ne fait pas le bonheur...! En tout cas, il a clairement fait le sien
samedi 1 décembre 2007
Le sans commentaire du week-end
Le phlébologue de ma grand-mère le disait à très juste titre: aujourd'hui, on peut contrôler (au sens de mesurer) tous les paramètres du corps humain (le taux de sédimentation, etc). Ce n'est pas pour autant que l'on sait quoi en faire par la suite…
Pareil pour le monde d'aujourd'hui: on peut tout contrôler, ce n'est pas pour autant qu'on sait en faire quelque chose.
Pareil pour le monde d'aujourd'hui: on peut tout contrôler, ce n'est pas pour autant qu'on sait en faire quelque chose.
lundi 26 novembre 2007
Dédicace à l'au-delà
De bonne humeur, j'avais les romances sans paroles de Fauré en tête et me voilà à repasser le génial disque interprété par Jean Doyen, père de feu mon ancienne professeure de piano. Comme tous les gens que j'ai toujours rencontrés dans ma vie, elle était encore une fois atypique. D'une sensibilité si forte qu'elle en était touchante, j'ai aimé ce personnage qui se cachait, à l'ombre de ce papa qui a du prendre trop d'espace...
Un père génial... Comment s'en sortir? Un père capable de passer d'une valse de Chopin à une autre en bifurquant subtilement d'une tonalité à l'autre, sans que l'amateur ne pût s'en rendre compte, capable d'improviser, d'interpréter, de déchiffrer à vue, capable de tout, capable d'utiliser la musique comme un langage à part entière, sans contraintes de sens (ou presque, c'est un autre débat).
A trois ans, elle commencait le piano, à 5 ans elle suivait l'école par correspondance pour se consacrer au piano, à 14 ans, elle était diplômée du CNSM. Elle a joué pour des radios, fait des concerts, a suivi les dignes traces de son père sans pouvoir se faire un nom.
Quand je l'ai trouvé à 55 ans, elle ne jouait presque plus. Du Fauré, elle jouait encore du Fauré, revivant encore de loin certains temps de gloire... Elle n'avait plus que cette sursensibilité qui la faisait entendre les moindres subtilités musicales, et puis ces paluches si grandes comme elle les appelait. Et l'alcool pour oublier, comme tous les génies ou tous ceux qui ont une autre idée de la vie.
Encore un personnage à remercier avant de mourir... Je ne sais pas ce qu'est devenu son beau piano à queue, elle n'avait pas d'enfant. Je ne sais pas ce que sont devenus ses trois chats et ses deux chiens, c'étaient ses seuls enfants. Je ne sais pas ce qu'est devenu cet appartement à faire peur les petits enfants, tant il était envahi par les plantes et les tableaux abstraits et violents qu'elle peignait. Quel personnage avec sa crinière rousse, jusqu'à rouge quand elle la ratait! Des vêtements toujours plus extravagants, comme pour crier j'existe, mais ne venez pas me toucher. Elle m'a touchée, et j'espère l'avoir touchée.
Elle m'a aidée. Personnelement aussi, nous avons bu tant de coup ensemble après les cours! Je me souviens des périodes d'examen où c'est à peine si je ne dormais pas chez elle. Je me souviens d'un moment magique, où je connaissais tant mon morceau et où nous travaillâmes si fort qu'il n'y avait plus de rapport prof-élève, mais véritablement fusion par la musique... Un moment vraiment inénarrable, et il n'y a que moi sur cette terre qui ai vécu ce moment, je le garde jalousement.
J'ai échoué lamentablement à cet examen là. Celui pour lequel j'avais tant travaillé et tant rêvé à la mention à l'unanimité: le verdict était tout net et me fût rapportée d'une amie, car j'avais soigneusement essayé d'évincer l'évènement: "floppée de fausses notes"...
Mais du canard boiteux que j'étais en arrivant au Conservatoire, j'ai réussi à me faire ma place, et quelle place! J'avais 15 ans quand j'ai commencé le piano, 17 quand je suis rentrée au Conservatoire, six mois plus tard, je sautais 5 classes en piano, tandis que mon niveau de solfège était celui d'un enfant de 10 ans... Je me souviens encore que le seul examen que le professeur de solfège me fît passer pour entrer au Conservatoire était de reproduire à l'oreille une mélodie au piano... Pas de lecture de note, c'était ridicule, je ne connaissais absolument rien au solfège!
J'ai été pendant longtemps aux yeux des autres élèves, cet ovni que peut être un "vieux génie". Mais ca ne tient pas longtemps, ce genre de choses. Au bout de 7 ans de piano, je ne pouvais plus être encore ce vieux génie. Alors, j'ai arrêté.
Et je ne suis même pas venue à votre enterrement, Geneviève, vous qui m'avait supportée pendant 5 ans, vous qui m'avez ouvert ce que peu de gens ont eu le droit de voir: votre coeur. Il était trop épris de merveilles pour ne pas effrayer, trop pur et trop aveuglant de sincérité de ce qu'est l'humanité entre misère profonde et splendeur véritable... C'est un signe, le dernier morceau du disque, un signe de l'au-delà...
Un père génial... Comment s'en sortir? Un père capable de passer d'une valse de Chopin à une autre en bifurquant subtilement d'une tonalité à l'autre, sans que l'amateur ne pût s'en rendre compte, capable d'improviser, d'interpréter, de déchiffrer à vue, capable de tout, capable d'utiliser la musique comme un langage à part entière, sans contraintes de sens (ou presque, c'est un autre débat).
A trois ans, elle commencait le piano, à 5 ans elle suivait l'école par correspondance pour se consacrer au piano, à 14 ans, elle était diplômée du CNSM. Elle a joué pour des radios, fait des concerts, a suivi les dignes traces de son père sans pouvoir se faire un nom.
Quand je l'ai trouvé à 55 ans, elle ne jouait presque plus. Du Fauré, elle jouait encore du Fauré, revivant encore de loin certains temps de gloire... Elle n'avait plus que cette sursensibilité qui la faisait entendre les moindres subtilités musicales, et puis ces paluches si grandes comme elle les appelait. Et l'alcool pour oublier, comme tous les génies ou tous ceux qui ont une autre idée de la vie.
Encore un personnage à remercier avant de mourir... Je ne sais pas ce qu'est devenu son beau piano à queue, elle n'avait pas d'enfant. Je ne sais pas ce que sont devenus ses trois chats et ses deux chiens, c'étaient ses seuls enfants. Je ne sais pas ce qu'est devenu cet appartement à faire peur les petits enfants, tant il était envahi par les plantes et les tableaux abstraits et violents qu'elle peignait. Quel personnage avec sa crinière rousse, jusqu'à rouge quand elle la ratait! Des vêtements toujours plus extravagants, comme pour crier j'existe, mais ne venez pas me toucher. Elle m'a touchée, et j'espère l'avoir touchée.
Elle m'a aidée. Personnelement aussi, nous avons bu tant de coup ensemble après les cours! Je me souviens des périodes d'examen où c'est à peine si je ne dormais pas chez elle. Je me souviens d'un moment magique, où je connaissais tant mon morceau et où nous travaillâmes si fort qu'il n'y avait plus de rapport prof-élève, mais véritablement fusion par la musique... Un moment vraiment inénarrable, et il n'y a que moi sur cette terre qui ai vécu ce moment, je le garde jalousement.
J'ai échoué lamentablement à cet examen là. Celui pour lequel j'avais tant travaillé et tant rêvé à la mention à l'unanimité: le verdict était tout net et me fût rapportée d'une amie, car j'avais soigneusement essayé d'évincer l'évènement: "floppée de fausses notes"...
Mais du canard boiteux que j'étais en arrivant au Conservatoire, j'ai réussi à me faire ma place, et quelle place! J'avais 15 ans quand j'ai commencé le piano, 17 quand je suis rentrée au Conservatoire, six mois plus tard, je sautais 5 classes en piano, tandis que mon niveau de solfège était celui d'un enfant de 10 ans... Je me souviens encore que le seul examen que le professeur de solfège me fît passer pour entrer au Conservatoire était de reproduire à l'oreille une mélodie au piano... Pas de lecture de note, c'était ridicule, je ne connaissais absolument rien au solfège!
J'ai été pendant longtemps aux yeux des autres élèves, cet ovni que peut être un "vieux génie". Mais ca ne tient pas longtemps, ce genre de choses. Au bout de 7 ans de piano, je ne pouvais plus être encore ce vieux génie. Alors, j'ai arrêté.
Et je ne suis même pas venue à votre enterrement, Geneviève, vous qui m'avait supportée pendant 5 ans, vous qui m'avez ouvert ce que peu de gens ont eu le droit de voir: votre coeur. Il était trop épris de merveilles pour ne pas effrayer, trop pur et trop aveuglant de sincérité de ce qu'est l'humanité entre misère profonde et splendeur véritable... C'est un signe, le dernier morceau du disque, un signe de l'au-delà...
vendredi 16 novembre 2007
Le sans commentaire du week-end
L'Eden, le ventre maternel.
Le péché originel féminin, la femme qui rejette l'enfant hors du paradis.
Etre chassé du paradis originel, l'atroce douleur de la naissance.
Je suis persuadée que toute mythologie est issue d'une expérience imprimée dans notre inconscient (j'enfonce des portes ouvertes...?). Reste à fonder une méthode pour trouver cette cause primordiale. Une relecture des mythes à l'aune des découvertes psychologiques: toujours détruire le sacré, philosophie au marteau.
Et pour clore sur une pensée de Cioran: le démon est un ange trop amibitieux qui souhaitait le pouvoir.
Le péché originel féminin, la femme qui rejette l'enfant hors du paradis.
Etre chassé du paradis originel, l'atroce douleur de la naissance.
Je suis persuadée que toute mythologie est issue d'une expérience imprimée dans notre inconscient (j'enfonce des portes ouvertes...?). Reste à fonder une méthode pour trouver cette cause primordiale. Une relecture des mythes à l'aune des découvertes psychologiques: toujours détruire le sacré, philosophie au marteau.
Et pour clore sur une pensée de Cioran: le démon est un ange trop amibitieux qui souhaitait le pouvoir.
Le merveilleux humain
Je viens de relire les "Entretiens" de Cioran. Et je suis retombée sur une phrase que j'avais soulignée et qui fait écho au loin à mon "sentir" du moment: "Nous n'agissons que par la fascination de l'impossible".
Cette fascination de l'impossible, c'est ce que j'appelle le "merveilleux humain" ou le sacré.
Et c'est bien ce "merveilleux" qui attire en permanence l'homme. Celui-ci est incapable d'être à sa place réelle, c'est-à-dire à sa place d'animal qui vit et mourra, sans plus d'intérêt que n'importe quel autre animal ou caillou. Non, l'être humain n'accepte désespéramment pas son statut qui est pourtant loin d'être particulier.
On nous parle de conscience. Que sait-on de celle des animaux? Pourquoi se placer en roi, en centre, quand nous ne sommes rien moins que des amas de cellules organisés selon une structure type?
Dieu est mort, dit le prophète.
Dieu n'est absolument pas mort, impossible de tuer Dieu en l'homme, c'est lui-même qu'il tuerait... Car Dieu, c'est ce merveilleux qui fait croire à l'homme qu'il est un être supérieur.
Cette fascination de l'impossible, c'est ce que j'appelle le "merveilleux humain" ou le sacré.
Et c'est bien ce "merveilleux" qui attire en permanence l'homme. Celui-ci est incapable d'être à sa place réelle, c'est-à-dire à sa place d'animal qui vit et mourra, sans plus d'intérêt que n'importe quel autre animal ou caillou. Non, l'être humain n'accepte désespéramment pas son statut qui est pourtant loin d'être particulier.
On nous parle de conscience. Que sait-on de celle des animaux? Pourquoi se placer en roi, en centre, quand nous ne sommes rien moins que des amas de cellules organisés selon une structure type?
Dieu est mort, dit le prophète.
Dieu n'est absolument pas mort, impossible de tuer Dieu en l'homme, c'est lui-même qu'il tuerait... Car Dieu, c'est ce merveilleux qui fait croire à l'homme qu'il est un être supérieur.
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