Notre contrôleur de gestion s'est transformé en contrôleur de café...
Cet homme-là parle de la pluie et du café. Car tristement, pour les pauvres employés, son bureau a une vue épatante sur la salle de café. C'est donc à un vigoureux sens de l'à propos que l'on doit ces discussions matinales fort intéressantes: combien l'on boit de café dans une entreprise. Un véritable débat de société, un combat de tous les jours même.
Et le voilà, l'arrogant, pérorant et arguant des coûts financiers que pouvaient induire à l'année de telles dépenses éhontées… Regardez-le comme il est mignon en train de calculer de tête: "alors 2 cafés par personne et par jour que multiplie le nombre de gens, fois…" C'est ce qu'on doit appeler une déformation professionnelle. Ou juste son côté rabat-joie.
En tout cas, ces chiffres lui paraissent manifestement beaucoup plus sexys que les chiffres qu'on lui demande. Peut-être justement, parce qu'on ne les lui demande pas. Un véritable homme d'initiative, finalement.
Remarquez, pendant ce temps, il ne s'en prend pas à la direction qui choisit ses vols d'avion aux prix les plus indécents (pour notre tranquillité à tous, il n'a fort heureusement pas vue sur l'aéroport de Charles de Gaulle) et préfère s'attaquer, le courageux, à la plèbe locale.
Le pauvre, sans doute n'a-t-il pas assez de travail? A moins qu'il ne "kiffe" vraiment de comptabiliser le nombre de gens qui se sont insidieusement glissés dans la salle à café, quels effrontés. C'est aussi qu'il doit être énervé d'y voir se dérouler la vie du bureau, d'y voir rire des gens qui échangent des propos sans importance aux heures de pause alors que lui-même est incapable d'y participer, car beaucoup trop Agnan.
Très étonnant, en tout cas, de voir un homme aussi propre sur lui, aussi connoté sciences po, se transformer sous mon œil vicieux en vieille concierge aigrie qui cherche des sujets de conversation.
Sans doute, son rêve, à ce petit démiurge, serait d'interdire le café en février 2008, en même temps que les cigarettes…
jeudi 24 mai 2007
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8 commentaires:
Et si son propos n'avait qu'un but... phtasique ?
(désolé... pas pu résister...) ;-)
(et désolée... j'ai pas pu comprendre:-)
Non, sérieux, je crois qu'il n'aime pas beaucoup la musique
Brice de Paname est dans la place!
Qui va battre l'autre à coup de mot plaqué l'or?
Fais moi, mal Johnny, Johnny, Johnny, envoie moi au ciel......
Dans mes réminiscences de David Lodge, il présente la conversation « phtasique » (était-ce bien ce terme ?) comme celle qui ne véhicule aucune information, son seul but étant de maintenir le contact entre les interlocuteurs…
Voila, voila… J’ai bien l’air pédant, là, je trouve… Font suer ces contrôleurs de gestion ! ;-)
Ok! Des reminiscences des cours de Lettres! Si loin... Phatique, bien sur, la fonction phatique du langage, Jakobson...
Tiens, tiens, faudrait penser à la fonction phatique d'un blog;-)
Gagné, donc, Mél?
Je me doutais qu'il y avait un truc qui collait pas, puisqu'en le googlant ça ne donnait rien. "Phatic" m'a effectivement répondu The Art of Writing sur lequel j'ai remis la main hier soir, dubitatif que j'étais… Merci de ta correction !
Tu as donc fait des études de Lettres avant d’aller dans une B.U. ??
Je n'ai pas choisi le chemin le plus direct, en effet...
Parcours atypique, donc intéressant... pas de regret sur les lettres, une vocation tardive ?
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