mardi 12 juin 2007

Garden party

Voilà la vie qui m'attend, qui me tend les bras en me souriant... Viens donc manger un petit four salé, un aux tomates confites, l'autre au foie gras.

Standardisés. Comme les convives (vive les cons). Envie de vomir. Les petits fours comme les gens.

Donnez-moi un gin fizz. Quitte à paraître décalée, autant le faire jusqu'au bout.

Chacun bien propret avec sa petite étiquette au nom de son entreprise. Un discours du président des anciens bien propret lui aussi. L'esprit de caste, la future élite de demain, l'auto-congratulation in english please. Distribution de cartes, minable petite caste, incestueuse caste de castrés et sans couilles fils de (de mes deux). Castoi!

Le grand chic du moment: faire du conseil, mais en orga, tu vois, une approche métier, pas du technique, de la strat.

Encore cette question qui me taraude depuis 27 ans: "qu'est-ce que je fous là?". Avec la même réponse, "le hasard". Et toujours, ce retour de bâton, "j'y arrive pas".

Je me vois leur parler, jouer la "aware", la comique, la dynamique. Dynamité, mon monde. S'ils savaient juste à quel point mon monde est dynamité, loin de leurs réceptions, de leurs atours, loin du visible et de la vie quotidienne. Mais impossible d'en parler, ils comprennent aussi peu que je ne les comprends. Alors je continue à feindre, ils sont plus nombreux.

Revêtu mon masque de mondaine, ce soir, juste pour me prouver que je savais encore faire. Juste pour les enculer profond. Et pour sentir l'humanité.

4 commentaires:

-M- a dit…

Mais qu'est-c'qu'tu fous là? J'te croyais chez ta mère mais tu te fous de moi!

Voilà ce que je "leur" aurais dit.

Anonyme a dit…

Me trompe-je ou as tu fais une école de commerce ? Faut pas venir se plaindre après... ;-)

"incestueuse caste de castrés"... joli...

Intéressant que dans ton écrit tu leur supprimes toute virilité et que les seuls attributs masculins et actions viriles te reviennent…

Mais où sont passées la sororité, la domination de l’homme par la femme ?

P. a dit…

J'avais juste envie d'écriture violente ce soir-là. La soirée était sympa pour de vrai, j'y ai retrouvé des gens que j'aimais bien et que j'avais pas revu depuis longtemps.

Je te l'ai dit, je ne veux pas parler de moi;-), et j'ai peut-être trouvé une solution: transposer, transformer, camoufler.

Pas de règle, mais ici, c'est le cas.

Intéressant ton analyse masculin féminin. En fait, je déteste cantonner les sexes à des rôles précis, tu ne t'en étonneras pas, moi qui cherche à déminer toute pression extérieure.

Ca me fait penser à Barthes, Jouets, dans Mythologies: "Il existe par exemple des poupées qui urinent; elles ont un oesophage, on leur donne le biberon, elles mouillent leurs langes; bientôt, sans nul doute, le lait dans leur ventre se transformera en eau. On peut par là préparer la petite fille à la causalité ménagère, la «conditionner» à son futur rôle de mère. Seulement, devant cet univers d'objets fidèles et compliqués, l'enfant ne peut se constituer qu'en propriétaire, en usager, jamais en créateur; il n'invente pas le monde, il l'utilise: on lui prépare des gestes sans aventure, sans étonnement et sans joie. On fait de lui un petit propriétaire pantouflard qui n'a même pas à inventer les ressorts de la causalité adulte; on les lui fournit tout prêts: il n'a qu'à se servir, on ne lui donne jamais rien à parcourir. "

Anonyme a dit…

Du Barthes... Wouch !

Dommage pour le camouflage...