dimanche 14 décembre 2008

Cherche l'enfant dans l'adulte

La société fonctionne sur des "mythes" qu'elle fabrique au jour le jour. Ces mythes sont diffusés par quelques sources influentes qu'il faut simplement connaître: puis diffuser à son tour. Aimer vraiment un livre ou un film? Surtout ne dire que ce qui est socialement acceptable... Se trouver aussi des auteurs à citer pour le diners en ville. Se valoriser d'être entre gens de compagnie fréquentable.

Mais où est-il, celui qui aime simplement les choses, sans apriori? Avec grandeur et noblesse de coeur. Cet homme profond qui n'a que lui-même pour guide, dont les instincts profonds sont l'unique boussole? Car une fois déchu du paradis de l'enfance, comment croire encore? Pour de vrai et sincèrement, sans cynisme ni amertume... J'ai perdu en moi l'enfant.

Temps qu'à faire

La vie est vaine, voilà une chose dont personne ne doute plus. Tout ce que nous y faisons aussi: aucune sorte d'intérêt. Seuls quelques hommes suffisent à faire tourner le monde, seuls quelques hommes font ce monde et restent vivant après leur mort. Et les autres? Ils fabriquent d'autres petits êtres humains, à défaut d'avoir été quelqu'un qui fit avancer quoi que ce soit...

Alors, plutôt que de ne rien faire de plus, autant en profiter pour soi. Dans cette entreprise, je suis ravie de me remettre à la musique. Pourquoi la musique, plutôt qu'Internet, le ciné, le théâtre ou la télé? Pourquoi pas, ca ne fait rien de plus à personne, mais je me dis que tant qu'à dépenser du temps à quelque chose, autant le faire dans la musique. Sans raison. Seulement par goût. Pour passer le temps. Le temps n'existe plus quand je joue du piano, c'est une parenthèse qui arrête ma vie sur musique. Et j'aime ces moments parfaits qui réussissent à m'abstraire du temps. Je le déteste, mon ennemi temps, et je suis heureuse de parfois lui résister, de l'oublier.

samedi 15 novembre 2008

Portrait

Le week-end, pour compléter sa semaine, il achète des lampadaires chez Ikea. Pas ceux sur Internet car ils étaient vraiment trop chers. Il nous raconte les rideaux qu'il a trouvés.

D'une manière générale, il juge, mollement, le bien et le mal. Culture de droite en règle, conforme en tout point à ce que sa famille, puis l'école lui a inculquée. Collabo, complice de la vie quotidienne, il a une vie plate comme sa meuf. Chiant à mourir, aussi peu créatif que motivé, il est inspecteur des impôts. Même pas pointilleux, il s'avance mollement et sans conviction, pire sans passion et sans rêve. Le genre de bureaucrate taillé sur mesure: le rêve de l'état procédurier. Il ne moufte pas.

Le voit-on d'ailleurs? Pas vraiment. Une existence qui n'aura rien changé, comme tant d'autres. Un rôle déjà joué des milliers de fois par d'autres humains, interchangeables; il est sans goût, sans saveur, sans odeur.

Dominant-dominé, encore et toujours

Une pute visqueuse, un pote sournois, un Juda qui ne s'ignore pas, qui s'en amuse. L'autre en face ne voit rien, tendre, il se fait déchiqueter avec le sourire, donne, pardonne et ordonne qu'on le fouette encore...

Pourquoi? Pourquoi cherche-t-il à séduire celui qui l'humilie ouvertement et dans son dos? Pourquoi cherche-t-il à séduire, justement celui-là qui le méprise?

mercredi 15 octobre 2008

Inventeur de bonheur

N'oublie jamais cela, petit: le bonheur ne peut être issu des désirs que la société t'impose. Satisfaire ces besoins de gloire sociale te créera étonnamment un terrible sentiment de vide.

Car non, ton bonheur n'est pas à l'endroit que tout le monde indique. Il est là où tu l'inventes. Dans cet espace qui n'est qu'à toi, que tu crées spontanément pour l'occasion. Et qui emporte les autres autour de toi, tout sidéré qu'ils sont de voir une autre perspective du bonheur se dessiner sous leur yeux.

La surprise est la clé du bonheur, la création de l'instant aussi, c'est la magie de l'enfance réinventée et revisitée. Féérique.

Alors va, vis et deviens, petit, qui tu es, tu as tant de pages à tourner.

jeudi 2 octobre 2008

La cause du malheur est toujours projetée à l'extérieur

Celui qui va mal sans identifier pourquoi, concrètement dans sa vie quotidienne, se tournera toujours vers les fausses raisons. Il recherchera les causes profondes dans sa famille, il creusera du côté d'un manque fictif qu'il s'inventera pour l'occasion, ne supportera pas entièrement le poids de son propre malheur, il se dira que c'est à cause de la belle-soeur de son oncle qui l'a toujours ignoré qu'il a s'est mis en colère ce jour-là...

Il ira voir ailleurs si j'y suis comme pour s'éviter, comme pour éviter de se regarder pour de vrai. Il se mentira. Peut-être même qu'on le croira.

Et si c'était vrai...?

Détestation de l'apogée

Le travail, quel que soit sa nature, est une chose absolument abétissante en ce qu'il détourne de l'essentiel: le pourquoi et le comment de l'être humain.

Ce devrait être des questions de tous les instants - pourquoi a-t-il réagi de la sorte? quels sont les facteurs qui m'ont fait agir ainsi? ou veut-elle en venir? quelles sont mes valeurs? que veut-il lui apporter? pourquoi? - et pourtant, elles sont releguées au second plan à cause de la fatigue qui impose de ne plus se concentrer que sur la tâche en elle-même, non le sens profond de cette tâche...

Satanné travail qui emporte avec lui les questions adolescentes... Vivement la retraite et le renouveau d'un questionnement travaillé par la vie et par la mort.

jeudi 25 septembre 2008

Il faut...

Il faut:

- Dire détester la télévision et regarder le soir la série de TF1 sans l'avouer

Il faut...

Dans la veine du Dictionnaire des Idées Reçues, une nouvelle rubrique sur ce qu'il faut faire et penser sans juger, ce qu'il faut accepter et répéter sans réfléchir:

Il faut:
- Aimer le 3 ème concerto de Rachmaninov.
Se demander à la suite si Hélène Grimaud le joue bien. Toujours préférer la version de Rachmaninov.

lundi 22 septembre 2008

Reflux du passé

C'est étrange, je me retrouve projeté sans le vouloir 5 ans en arrière. Revu cette amie chanteuse qui a choisi, elle, de rester dans le milieu de la musique. Cette autre, une de mes meilleures amies, revenue après un long séjour du Maroc. Et puis, des nouvelles de l'autre, qui s'est casé, toujours aussi enigmatique... 5 ans plus tard, que sommes-nous devenus? Nous nous étions quittés enfants, nous nous retrouvons adulte, quelle bizarrerire... Quel chemin en si peu et tant de temps!

Ces mesures sont importantes...

Et puis, comme çà, pour le noter: chaque jet de sperme envoie 800 millions environ de spermatozoïdes, soit plus de 10 fois la population française!! On peut dire que la vie prend les moyens de ses ambitions, c'est comme tuer une mouche avec un canon... Qu'on ne me parle plus d'optimisation: quand on veut, on peut, tout dépend des moyens qu'on est prêt à y sacrifier...

Plus de hasard, juste une multiplication des chances.

Comme d'hab, des musiques me reviennent en tête comme pour sous-titrer ma vie...

Je sens des boums et des bangs
Agiter mon cœur blessé
L'amour comme un boomerang
Me revient des jours passés
A pleurer les larmes dingues
D'un corps que je t'avais donné

J'ai sur le bout de la langue
Ton prénom presque effacé
Tordu comme un boomerang
Mon esprit l'a rejeté
De ma mémoire, car la bringue
Et ton amour m'ont épuisé

Je sens des boums et des bangs
Agiter mon cœur blessé
L'amour comme un boomerang
Me revient des jours passés
A s'aimer comme des dingues
Comme deux fous à lier.

Sache que ce cœur exsangue
Pourrait un jour s'arrêter
Si, comme un boomerang
Tu ne reviens pas me chercher
Peu à peu je me déglingue
Victime de ta cruauté

Je sens des boums et des bang
Agiter mon cœur blessé
L'amour comme un boomerang
Me revient des jours passés
A t'aimer comme une dingue
Prête pour toi à me damner

Toi qui fait partie du gang
De mes séducteurs passés
Prends garde à ce boomerang
Il pourrait te faire payer
Toutes ces tortures de cinglés
Que tu m'as fait endurer.

Je sens des boums et des bangs
Agiter mon cœur blessé
L'amour comme un boomerang
Me revient des jours passés
C'est une histoire de dingue
Une histoire bête à pleurer

Ma raison vacille et tangue
Elle est prête à chavirer
Sous les coups de boomerangs
De flash-back enchaînés
Et si un jour je me flingue
C'est à toi que je le devrais

Je sens des boums et des bangs
Agiter mon cœur blessé
L'amour comme un boomerang
Me revient des jours passés
A pleurer les larmes dingues
D'un corps que je t'avais donné

samedi 20 septembre 2008

Le sans commentaire du week-end

  • Je n'ai pas les mots en face des trous aujourd'hui.
  • On a parlé de toi et n'importe quoi.
  • Je t'aime de toutes mes couilles

samedi 9 août 2008

Période scato-dalinienne

Je déteste qu'une envie de déféquer me prenne alors que je suis prise par une activité passionnante. Quelle perte de temps, quel vol mesquin d'énergie pour une activité qui en vaut si peu la peine...

Ca m'arrive trop souvent ces derniers temps; je devrais faire plus attention.

mardi 5 août 2008

Vrac de pensées

  • Une source d'étonnement: ce qui nous donne la vie est aussi ce qui nous donne la mort. L'oxygène nous fait vivre autant qu'il oxyde nos cellules (comme il oxyde le zinc).
  • Je crois que je suis si désabusée que je suis du genre mystique potentielle.
  • L'espoir n'est pas une stratégie.
  • Je reproche au philosophe d'ériger en symbole existentiel et sublime un de ses problèmes personnel et relativement banal, au fond, mais sublimé par son orgueil démesuré.
  • J'aime les chat-bite car il offusque les conformistes, consterne les bourgeois et réjouit les gamins.
  • Je préfère le cinéma au théâtre. L'un est seulement l'ancêtre de l'autre et le principe de sélection naturelle et d'adaptation à l'environnement m'invite à choisir le cinéma.

lundi 4 août 2008

Le sans commentaire de la semaine

Quelle est la différence entre un fou et un original?

Le portefeuille.

Il ne me reste plus qu'à devenir riche.

mardi 29 juillet 2008

L'oisiveté est mère de tous les... hommes

Une petite musique me trotte dur dans la tête en ce moment: je crois que l'humain, tel que nous le connaissons, est le fils de l'oisiveté. Que l'art, qui ne sert pas à chasser, que la musique, qui n'est pas utile à se camoufler, sont les fondements de notre civilisation et de notre "être" humain.

Bref le temps que nous économisions à ne pas chasser, nous l'avons pris à d'autres activités que nous avons du créer. L'ennui, comme élément clé de l'invention humaine.

lundi 14 juillet 2008

Le sans commentaire du week-end

Ma médiocrité, par rapport aux exigences que ma conscience m'impose, me hante, me laissant toujours insatisfaite. Ma seule consolation reste alors de me contenter d'être la meilleure avec les critères du commun des mortels... Au moins çà.

mardi 17 juin 2008

Antan en emporte le vent

C'est drôle de regarder comment les petits enfants se racontent ou s'expliquent leur histoire. Etudier la mythologie archaïque de tout un chacun, c'est peut-être retrouver ce qui a motivé les mythologies d'antan.

Et de me souvenir de cette chose étonnante: la manière dont une de mes amies a expliqué, toute petite, l'abandon par son père. Elle n'avait pas du tout compris qu'il était parti en lâche de la maison. Pour elle, il avait dit "non" le jour du mariage avec sa mère. Et ce n'est que bien plus tard qu'elle comprit la vérité.

Elle avait, contre ce qu'on lui imposait, magnifié l'acte de ce père absent. Il était le véritable héros, qui, seul contre tous, avait su dire non... Ce n'était pas bien, ce qu'il avait fait et elle savait qu'il lui fallait le penser, mais elle admirait secrètement le geste tel qu'elle l'avait interprété.

dimanche 8 juin 2008

Internet, la médiocratie au pouvoir?

Avec le web 2.0 et la possibilité pour tout un chacun d'écrire ce que bon lui semble, émerge une nouvelle donne du pouvoir. Des gens comme Kamini, ou comme Max Bloublil n'auraient sans doute pas émergé sans l'Internet. C'est aussi le syndrome Loft où tous les quelconques peuvent trouver une place et être médiatisés, tout aussi vite qu'ils retombent dans l'oubli, souvent.

J'en vois qui déjà s'insurgent contre l'Internet et la médiocratie populaire. Incapables de juger par eux-mêmes, ils s'en remettent aux élites classiques, celles qui ont l'argent et les bonnes relations, aux élites qui auraient peur que l'Internet piétine leurs plates-bandes.

Je trouve au contraire que l'Internet vient rééquilibrer le jeu de dés pipés du monde. Certes, beaucoup de déchets sur la toile, mais parfois de rares perles, l'Internet décongestionne la sacralisation du pouvoir.

Mais le pouvoir doit-il toujours être sacré? N'est-ce pas de là qu'il tire son pouvoir, justement? Trop vaste question, pour un matin de juin qui s'annonce froid...

samedi 7 juin 2008

Et si, et si...

Si j'étais producteur, il y a bien longtemps que je l'aurais fait monter sur les planches. Certaines personnes ont des talents rares, qui mériteraient d'être connus. Celle-là, je l'aurais placé dans un one-man show tragi-comique, dans une pièce si éxagérement triste que l'effet s'inverserait en fou rire permanent. Cette autre, je l'aurai bien vu relancer un mouvement encore confidentiel de la musique mais qui aurait pu prendre: la remise au goût du jour de musique des années 40 version samplée (Princess Crocodile par exemple). Elle a du moins cette touche "petite femme française des quartiers populaires" et on la verrait bien chanter "Mon homme". Cette autre, il faut qu'elle se dirige vers la recherche, c'est une évidence. Ce n'est pas encore son choix, j'espère qu'elle le comprendra à temps, c'est-à-dire avant les enfants.

Et moi, quel est donc mon autre talent que de repérer celui des autres? Pauvre Grenouille du Parfum, incapable de se sentir soi-même, et qui a du développer une surcapacité à comprendre ou imaginer comprendre le talent des autres pour voir où était le sien... Car mon seul talent serait de repérer ces talents, de donner par là une vue sur ce qu'est mon monde, différent de celui des autres mais dans lequel d'épanouit un désir encore inconscient de ces mêmes autres. Faire émerger l'inconscient collectif, pas moins, mettre un mot sur une chose encore inexistante verbalement, mais qui existait confusément à l'état de germe.

Le sans commentaire du week-end

Exagérer, c'est commencer d'inventer.

La puissance de l'effet placebo

Je suis très curieuse de voir dans quelle mesure l'injection d'une substance dans le corps humain a réellement un effet sur celui-ci, ou simplement dans quelle mesure la synthèse d'une hormone a un véritable effet. Ce n'est pas de drogue que je veux parler, mais d'orgasme. Et d'effet placebo.

C'est bien connu, la femme doit être amoureuse pour éprouver du plaisir. Ce qui signifierait que la simple production d'une hormone sans l'association à un "fantasme" psychique n'aurait pas ou peu d'effet: l'orgasme, petite chose assez palotte en terme d'effet, s'il n'est pas associé à un puissant catalyseur psychique? Et pour l'homme? Pareil...

De même, si je suis accroc à la nicotine et que je ne fume pas pendant plusieurs heures, l'effet de la cigarette sera-t-il lié à la substance nicotine en tant que tel ou bien l'attente et le sentiment d'attente auront-ils eu un effet psychique bien plus importants? Car si je prend ma cigarette froidement sans y projeter tous les affects de l'attente, je vous assure qu'elle n'aura aucun intérêt si ce n'est un très vague effet relaxant, même plus agréable.

Cela revient aussi à se demander si les médicaments ont un réel effet... Bien sûr, qu'ils ont un effet mais sans aucune commune mesure avec ce que le cerveau peut produire par auto-conviction.

Alors, quelle est donc cette force "psychique" non mesurable en terme scientifique? Comment mesurer l'effet placebo?

C'est bien lui le tout-puissant, et aucun moyen de le mesurer puisque dissocié des mesures chimiques du corps humain... Voilà une vraie piste de travail: trouver un étalon placebo.

dimanche 1 juin 2008

Pourquoi?

Je croyais que tu m'aimais pour mon cynisme et mon air désabusé. Et puis, un jour, tu m'as révélé que tu aimais au contraire mon regard sérieux et respectueux, mon regard aimant.

Le génie du chef

Le véritable chef est avant tout celui qui sait dire non. Le rebelle a en effet pour moi l'essence du génie et, potentiellement, du vrai bien, car il porte en lui la capacité à réfléchir par lui-même et à ne pas suivre bêtement ce qu'on lui a répété. Il a en lui une voix qui lui est propre, avec tout ce qu'elle peut contenir de dissonances et d'humanité. Il a cette vision de ce qui est bon car il "sait". De manière magique, non réfléchie, il sent et sait. Il est amour désintéressé.

Il sait dire non, car il n'attend pas la reconnaissance de ses "supérieurs", le pouvoir ne l'intéresse que peu, il ne cherche pas à imposer et sa véritable légitimité lui vient d'en bas. Je crois profondément à la légitimité populaire.

Le Christ incarne pour moi ce génie du chef. Et je ne retiens qu'une chose de la bible: cet homme qui a su dire non, qui a su remettre en cause les clichés du bien, celui qui a su aimer Marie-Madeleine, contre la vindique populaire. C'est sans doute ce que j'aime le plus dans cette religion catholique, son aspect rebelle bien loin de ce qu'on peut lui prêter aujourd'hui.

Mais le chef a surtout cette capacité à être un véritable écran dans lequel chacun peut se projeter, il sait révéler le meilleur de chacun sans l'épingler, il dirige sans imposer. Dans un chef parlent tous les hommes qui construisent un projet.

lundi 26 mai 2008

J'aurais aimé écrire cela...

Bon appétit, messieurs !

– Tous se retournent. Silence de surprise etd'inquiétude. Ruy Blas se couvre, croise lesbras, et poursuit en les regardant en face.

Ô ministres intègres !
Conseillers vertueux ! Voilà votre façon
De servir, serviteurs qui pillez la maison !
Donc vous n'avez pas honte et vous choisissez l'heure,
L'heure sombre où l'Espagne agonisante pleure !
Donc vous n'avez ici pas d'autres intérêts
Que remplir votre poche et vous enfuir après!
Soyez flétris, devant votre pays qui tombe,
Fossoyeurs qui venez le voler dans sa tombe !
– Mais voyez, regardez, ayez quelque pudeur.
L'Espagne et sa vertu, l'Espagne et sa grandeur,
Tout s'en va. –

J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans

En essayant de savoir combien mon assiette pouvait contenir de verres d'eau (3 verres Nutella tiennent dans une assiette Habitat au demeurant), je me suis rappelée de ce merveilleux jeu qui a occupé beaucoup de mes mercredis après-midi: il s'agissait de tremper des rouleaux de papier toilette vides dans l'eau jusqu'à ce que les morceaux de carton se désunissent naturellement. Il fallait ensuite laisser sécher les "feuilles" de carton ainsi obtenues, chacune formant un losange avec sa couleur particulière, du beige clair au gris foncé. Quel bonheur de chaque instant! Et je ne vous parle pas des rouleaux de papier sopalin (en fait, je les aimais moins car les feuilles étaient trop grandes et beaucoup plus rigides, je préférais la souplesse des rouleaux de papier toilette...). Je suis très heureuse de retrouver ce petit jeu, complètement oublié, va sans dire

Voilà ce qu'on perd en grandissant, la capacité à s'émerveiller...

samedi 24 mai 2008

Le sens de la mutique

On me l'avait décrit comme une espèce de fou génial qui donnait des concerts sporadiquement, au moment où jamais on ne l'attendait. C'est à croire qu'il le faisait exprès pour feinter les journalistes. Ce pianiste donnait donc des concerts impromptus dans de grands théâtres, parfois, puis dans le bar du coin, dans un hôtel, dans des foires de ville. Intraçable.

Cet être énigmatique était connu pour ne pas parler, pour refuser tout contact avec quiconque, encore moins avec le producteur et dénicheur de talents que j'étais. Et du talent, il en avait. Il était notamment célèbre pour ses patchworks alambiqués de morceaux. Ainsi était-il capable de partir d'une ballade de Chopin hyper-romantique, de s'engager dans un trait vertigineux, pour se reposer en douceur sur une sonate toute classique de Haydn. Imaginez, bien sûr, toutes les complexités harmoniques et les changements de tonalité et de forme que cela engendrait, à fortiori quand il passait d'un Rachmaninov à un Satie bien senti. Cet être agile se jouait sans qu'on s'en aperçoive des codes historiques de la musique. C'était son génie à lui, un génie diachronique, un génie qui mélangeait les périodes, qui les faisaient agilement se superposer en un temps eternel. Il cherchait dans la musique l'humain, la substance humaine, l'intemporel de l'humain. L'humain n'était plus avec lui une histoire avec ses guerres et ses passions, l'humain devenait une essence musicale, philosophique, divine.

Mais dès qu'il n'y avait plus de piano à l'horizon, il disparaissait. Non pas physiquement, mais psychiquement, il disparaissait aux yeux de tous, il se soustrayait naturellement à leur environnement. Comment un être aussi doué que lui pouvait-il avoir aussi peu d'aura et de présence en société? Et quand on n'entendait plus que lui emplir toute une salle et laisser bouche-bée 300 spectateurs, il laissait indifférent la communauté humaine qui piaillait.

Cet être-là, aussi timide et peu présent soit-il, m'intéressait définitivement. J'en parlais autour de moi mais personne ne comprit ma soudaine passion pour un artiste qui n'était pas capable de créer l'événement médiatique autre que de manière confidentiel: car rien ne sortait de lui en dehors des concerts, il ne "donnait" qu'en toute confidentialité à ses auditeurs. Mais il m'intéressait. Sans doute y voyait-on encore une de mes lubies qui se calmerait aussi vite qu'elle était née. Pourtant, je restais fascinée et voyais bien que cet être miraculeux détenait peut-être bien ce que l'humain a de plus humain, qu'il était allé au cœur même de l'être, qu'il connaissait les plus grandes profondeurs de l'âme. Il gardait ce secret, lui, le musicien, cette chose que je cherchais depuis toute jeune au travers des gens charismatiques. Je m'étais trompée, c'était vers cet être sans présence (ou à la présence si énigmatique, si fantomatique, si excessive et intermittente) que je devais me tourner pour trouver la vérité.

Comment l'approcher, le musicien qui ne parlait pas? J'en avais entendu, des mythes qui avaient retenu et entretenu mon imagination sur les pianistes. Celle qui vivait avec les loups, celui qui enregistrait chacune de ses pièces note par note, celui qu'on avait retrouvé en costume dans la mer (un faux pianiste, mais dont la légende était impatiente de s'emparer). Les musiciens étaient-ils donc tous fous? Etait-ce un mythe? Un gros coup marketing quand la musique classique à elle seule n'était plus capable d'attirer les foules? Ou simplement un être humain qui, après avoir gagné la confiance de l'autre, pouvait se permettre d'être qui il était vraiment, ce joyau pur, hors du conditionnement social?

Comment allais-je donc l'approcher? Je pensais à un étrange stratagème qui, par lui-même, me donnait déjà du plaisir, peut-être plus que la rencontre du pianiste même! (c'est toujours le chemin qui fait plaisir, plus que la fin). Je me retrouvais gosse à essayer de construire une histoire comme on construit un roman, j'inventais des manières subtiles de me retrouver sur son chemin et de le rencontrer. Evidemment le scenario se devait d'être le plus fantasque possible. Comment aurait-il pu être crédible, sinon?

mercredi 21 mai 2008

Le langage, bien loin d'être un instrument de conciliation, est l'instrument même d'une conquête qui ne dit pas son nom

La chanson d'Anne Sylvestre remise au goût du jour par Vincent Delerm, Les gens qui doutent, a cet espèce de charme désuet de la simplicité. En l'écoutant en boucle pendant quelques jours, voici les paroles qui me viennent à l'esprit:

"J'aime les gens qui n'osent
S'approprier les choses
Encore moins les gens"

L'appropriation, quel mot intéressant, pour nous, petits êtres humains épris de conquête en permanence. Et pour celui qui doute, point de conquête n'est permise. Par peur du conflit, sans doute (un mot de gens qui doute), "celui qui n'ose" se confine dans son minuscule territoire.

Mais revenons à l'appropriation. S'approprier, c'est, stricto sensu, "usurper la propriété de quelque chose". Aussi l'acte d'apprendre et de retenir (le mot retenir n'est pas non plus anodin) serait-il une sorte de vol, de viol, de la propriété intellectuelle de quelqu'un. Bref, la culture générale, comme on l'appelle, la curiosité vis-à-vis de l'environnement, serait comme un pillage permanent de nourritures spitituelles autour duquel nous organiserions de grand feu de joie de la culture commune. On se partagerait les mets et l'on se précipiterait goulûment dessus.

Et comme le langage est coupable dans cette entreprise...! Regardez-le, ce langage, qui me permet de conscrire les choses et les gens. Il est la véritable arme, l'instrument de conquête de l'être humain civilisé. L'arme moderne de l'esprit de conquête physique ancestral. Tout en n''assumant pas d'être cet instrument de conquête, hypocrite langage!

Quel serait en effet le plaisir à parler politique, sujet sur lequel la plupart des gens n'ont effectivement aucun moyen d'action? Le plaisir de parler vient de la volonté factice de vouloir maîtriser et conquérir. Je me suis toujours demandée quel plaisir il y avait à parler des stars, ces gens inaccessibles de par leur statut même. Je crois que j'ai aujourd'hui la réponse: une vie par procuration, l'appropriation étant également un ancien terme de chimie désignant la disposition de deux corps à se combiner par l'addition d'un troisième.

Et celui qui doute de ne pas oser s'intéresser au grand monde qui l'entoure par peur de le violer. Car exister, être, c'est bien sûr conquérir (il me semble même que c'est la définition que je donnerais de l'existence, l'existence, c'est la conquête; voilà pourquoi la guerre est intrinsèque de l'existence).

J'aime...

J'aime les gens qui doutent
Les gens qui trop écoutent
Leur coeur se balancer

J'aime les gens qui disent
Et qui se contredisent
Et sans se dénoncer

J'aime les gens qui tremblent
Que parfois ils ne semblent
Capables de juger

J'aime les gens qui passent
Moitié dans leurs godasses
Et moitié à côté

J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons

J'aime ceux qui paniquent
Ceux qui sont pas logiques
Enfin, pas comme il faut,

Ceux qui, avec leurs chaînes,
Pour pas que ça nous gêne
Font un bruit de grelot

Ceux qui n'auront pas honte
De n'être au bout du compte
Que des ratés du coeur

Pour n'avoir pas su dire
"Délivrez-nous du pire
Et gardez le meilleur"

J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons

J'aime les gens qui n'osent
S'approprier les choses
Encore moins les gens

Ceux qui veulent bien n'être
Qu'une simple fenêtre
Pour les yeux des enfants

Ceux qui sans oriflamme,
Les daltoniens de l'âme,
Ignorent les couleurs

Ceux qui sont assez poires
Pour que jamais l'Histoire
Leur rende les honneurs

J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons

J'aime les gens qui doutent
Et voudraient qu'on leur foute
La paix de temps en temps

Et qu'on ne les malmène
Jamais quand ils promènent
Leurs automnes au printemps

Qu'on leur dise que l'âme
Fait de plus belles flammes
Que tous ces tristes culs

Et qu'on les remercie
Qu'on leur dise, on leur crie
"Merci d'avoir vécu

Merci pour la tendresse
Et tant pis pour vos fesses
Qui ont fait ce qu'elles ont pu".

dimanche 18 mai 2008

L'eau à la bouche...

A quoi reconnaît-on une âme rééllement scientifique?
C'est quelqu'un qui est surtout très ouvert... Le scientifique cherche à enfermer mais est capable et même désireux de se voir remettre en cause.

Je m'explique: l'abstraction est le maître-mot du scientifique, il cherche à enfermer un nombre fini d'éléments dans une loi qui gouverne ces éléments, qui les résume. Mais c'est évidemment l'infini qui est à terme son objet de conquête, quel idéaliste ambitieux! Aussi tout élément nouveau qui vient contredire sa théorie vient en fait l'enrichir. Il faut faire rentrer le nouvel élément dans la boîte, et chercher (quel plaisir de chercher!) en quoi il modifie les paramètres de la précédente boîte tout en incluant toujours les autres éléments.

Voilà à quoi on reconnait le véritable scientifique, il aime le merveilleux, il aime la nouveauté comme étant un objet de conquête à défier, il aime à être SURPRIS. Il salive devant ces phénomènes qu'il n'arrive pas à comprendre, à saisir, même, au sens propre. Il jubile, un nouveau jeu, un instrument de plaisir pur, comme j'aimerais...

Car désormais pour moi, cl. est l'abréviation de client, non plus de chlorure...

Je cherche l'absolu, non le relatif

L'être humain est un être d'habitude... Et à quel point!
Je déteste que l'histoire prenne à ce point de l'importance sur nos vies, la conditionne sans qu'on puisse réagir, que le passé soit un poid, qui empêche de choisir. Je déteste que les traditions fassent office de vérité. Bref, tout cela pour dire qu'aujourd'hui, il ne fait pas 20°C mais bien 293° au dessus du zéro absolu (qui n'est pas un zéro relatif inventé par l'humain).

Et un phénoménologue de me répondre: "je n'ai pas beaucoup dormi hier, et j'ai très froid aujourd'hui. Il ne fait pas 20°C comme l'indique le thermomètre. Pour moi, il fait 15°C aujourd'hui."

Il est chiant le phénoménologue, quand même, non?

samedi 17 mai 2008

Le sans commentaire du week-end

Je suis tellement au dessus de tout que j'en visite les bas fonds.

mardi 13 mai 2008

Paroles

Toi et ton côté pygmalion,
Qui croyait faire de moi un papillon.

Un couple qui copule,
Un plouc qui picole.

dimanche 11 mai 2008

Lettre d'insulte

Chère amie,

Je ne sais pas comment tu fais pour être aussi bornée et stupide. Tant de banalités réunies en une seule personne, c'est un exploit. Et je dois te féliciter: tu es l'incarnation du ridicule, de l'étroitesse, tu es l'incarnation du Dictionnaire des Idées Reçues à toi toute seule; même Flaubert n'a pas été aussi inventif. Je sais que dès que je m'approcherai de toi, j'y retrouverai toute l'étroitesse qui caractérise ta petite vie quotidienne merdique. Tu me raconteras alors ta vie méthodique et organisée, tu critiqueras pointilleusement les erreurs de tes collègues de bureau, et te rejouiras de ta supériorité (car oui, aussi étonnant que cela puisse paraître, tu es pleine de toi-même, l'erreur de l'autre te réjouit, te fait plaisir, et te renforce tristement dans ce que tu es), tu me raconteras tes voyages pour montrer ton ouverture et parleras de la dernière émission de mai 68, pour montrer que tu es une femme du monde informée.
Mais tu veux que je te dise? On sent que tu es une provinciale complexée de Paris, on sent tes goûts de beaufs derrière un faux-semblant de raffinement, on sent que tu es complexée de ne pas avoir fait les "études" qu'il fallait: ta vie est un enfer de "il faut".

Toutes tes phrases sont impregnées de cette débilité mortifère. Tes réflexions snobs sur les gens "à ne pas fréquenter", ta peur de l'originalité, de la vie, de l'envie. Ton plaisir palpable à t'accaparer les choses "à faire" et "à dire", tes pret-à-penser qui ne sont qu'un pillage des pensum les plus vulgaires.

Mais tout cela reste entre nous, n'est-ce pas?

Mon merveilleux humain

Voilà ce que j'ai concrètement réussi aujourd'hui: trouver des gens que j'aime, des vrais gens qui ont cette touche humaine si sensible et touchante. Des vrais êtres humains qui ont ce regard cynique, jusqu'à sinistre, mais qui dévoile cette superbe et idéale humanité. Beaux dans leur laideur quotidienne.

Dessine-moi une envie

Il est loin le temps de l'enfance, ce temps où l'éternité est un quotidien. Je suis encore jeune aux yeux des vieux (et pour cause) mais je me sens déjà proche de l'issue... Je m'agite en tout sens en me disant que je ne sais pas dessiner, que je ne sais pas programmer sur un ordinateur, que je n'ai pas eu le temps de monter ce groupe et de me mettre à la batterie, que je n'ai toujours pas repris mes études de biologie, que je n'ai pas écrit ce bouquin rêvé, que je n'ai pas composé, que je n'ai étudié la philosophie comme je le voulais. J'ai peur d'oublier mes désirs, je devrais les noter consciencieusement: "liste d'envie en cas de déprime", "nourriture terrestre à utiliser en cas d'inaction adulte", "liste de choses à accomplir avant de mourir".

J'ai essayé de me remettre au dessin tout à l'heure, une photo de moi petite, qui regarde vers le haut alors que je grimpe à un arbre. J'étais belle, petite, avec ces grands yeux très en amande, des yeux attirés, curieux de voir ce qui passerait tout en haut, et ce demi-sourire amusé tout autant que craintif. Un regard vif et profond, tourné vers les cieux, vers la cime. Une sorte d'aspiration respectueuse, pieuse de la vie. Une envie. Comme j'aimerais retrouver ce regard...

Comment dessiner une envie? Comment dessiner un enfant dont les traits sont encore si peu marqués, sans le vieillir? Mais mes traits à moi, sont désormais marqués, marqués par le temps, un temps qui s'enfuit, le temps qui passe. Je suis aujourd'hui en haut de la cime et je regarde le chemin parcouru. Ce n'est pas si intéressant que je le croyais, tout en haut... On surplombe, mais il n'y a plus de possibilité d'aller plus haut. La vie sera désormais redescente comme après un shout, pourvu que je ne m'écrase pas, la vie est fragile et emporte qui elle veut aux moments les moins opportuns, ou pas.

Pourtant, je fais la génération d'aujourd'hui, nous sommes à notre âge les actuels décideurs de monde, nous le fabriquons à notre envie, ce qui n'est pas le cas quand on est petit: je peux décider le monde. Mais je n'ai plus ni le temps ni la foi. Je dessine trop vite, je perds ma patience. Vite, demain tu es morte. Comment pouvoir se concentrer et retrouver cette foi qui abolit toute notion de temps et me permettait de dessiner en prenant mon temps?

dimanche 4 mai 2008

Le sans commentaire du week-end

Je ne comprends définitivement pas pourquoi l'évier est si bas. C'est une absurdité que d'avoir à toujours se courber pour faire la vaisselle. A quand l'évier dont la hauteur est adaptable?

jeudi 1 mai 2008

Scaphandre

Qu'y a-t-il de pire qu'un scaphandre mental? Il tue le papillon avant éclosion...

Il brûle encore...

"Finalement, tout ça se réduit à un excès d'informations sur nous-mêmes. Autrefois, on pouvait s'ignorer. On pouvait garder ses illusions. Aujourd'hui, grâce aux médias, au transistor, à la télévision surtout, le monde est devenu excessivement visible. La plus grande révolution des temps modernes, c'est cette soudaine et aveuglante visibilité du monde. Nous en avons appris plus long sur nous-mêmes, au cours des dernières trente années, qu'au cours des millénaires, et c'est traumatisant".
Romain Gary, L'angoisse du roi Salomon

"Si tu veux comprendre la part que joue le sourire dans mon oeuvre - et dans ma vie - tu dois te dire que c'est un réglement de comptes avec notre "je" à tous, avec ses prétentions inouïes et ses amours élégiaques avec lui-même."
Romain Gary, La nuit sera calme

mercredi 23 avril 2008

J'ai toujours rêvé de reproduire la magique mécanique d'un distributeur de canettes. Toujours fascinée par cet objet merveilleux, j'ai tenté d'inventer des distributeurs. En vain.

vendredi 18 avril 2008

Pour une 6ème République

Le sans commentaire du week-end

Chat-bite, de la balle; Chabal, de la bite.

Passager clandestin de la vie

Plus je monte dans la hiérarchie, moins j'bosse et plus les conflits sont tamisés. Oui, pas de conflit tout en haut, tout arrive déformé, loin des réalités de la vie, qui crie, qui hurle à longueur de temps.

C'est normal, plein d'échelons n'ont pas osé dire à quel point c'était la merde. Une pâle réalité déformée de la vie parvient tout en haut, faute de gens qui osent. Ambiance feutrée, tu préfères te taire, comme tout le monde, pas de rebellion qui point, point de révolte, marche au pas. Tu attends ton tour pour être "chef", glisse-toi dans la peau civilisée du "chef", doucement. Rien faire et laisser dire. Va dans le sens du poil de l'autre, ta pelisse à toi ne sert à rien.

Ton avis, que nenni. Sans queue ni que ta mère, assassin de la police, au moins.

dimanche 9 mars 2008

Babel et le langage universel Mac Do

En quête de sensations fortes et de nouvelles découvertes, j'ai décidé de tester un Mac Do à Chicago; un big mac pour être plus précise. Je suis heureuse de découvrir qu'à quelques 7058km de distance, le goût de mon Big Mac préféré n'a pas changé. Pleine de naïveté, je me demande si ce sera le cas à Tucson et à New York...

La ville de Chicago, en elle-même, est superbe et a cette espèce de beauté glacée (au sens propre comme au figuré: hier, -10°C) que lui confèrent les immeubles tout de miroirs vêtus. Ils semblent être les seuls habitants géants de la ville, et je me promène parmi eux dans des rues désertes, comme un nourisson entouré d'adulte: oui, vraiment, ils en imposent ces skyscraper, je n'ose pas trop les aborder de front de peur que la Sears Tower ne me toise de sa hauteur ou que la Water Tower ne laisse échapper un dragon. La Tour de Babel n'a qu'à bien se tenir!