dimanche 23 décembre 2007

J'aurais voulu être un chercheur...

Je me suis perdue en route... Une série de mauvais choix, un ratage scolaire.

Ce matin, en me réveillant, je suis incapable d'expliquer pourquoi j'ai fait des études de lettres. Hier, j'ai rédigé le compte rendu de scolarité pour mon école de commerce et du justifier de la cohérence de mon parcours. J'ai encore réussi.

Mais ce matin, je suis triste, car je vois bien que je n'ai pas fait le bon choix… La nuit a travaillé mon cerveau, comme d'habitude, et je sais que j'ai menti aujourdh'ui. Menti pendant 7 ans. Je n'aurais pas voulu être un artiste: c'est même tout le contraire. J'aurais voulu être scientifique, j'aurais voulu décoder le code génétique.

J'ai un esprit particulier, très particulier, et je ne l'ai pas vu. Ou si, je le savais, mais j'ai préféré l'ignorer et me conformer à un idéal sociétal que je situais hors de ma sphère de maths et de beautés abstraites. Et cet idéal n'est pas moi.

J'aurais du voir que j'étais différente alors que toute petite, je jouais aux lego technique et passais mon temps à faire des inventions. J'aurais du voir que ce qui m'avait passionné dans un de mes jeux vidéo, n'était pas le jeu vidéo en lui-même, mais le fait de trouver la loi qui dirigeait tous les codes secrets me permettant d'accéder à tous les niveaux du jeu. J'aurais du voir que mon jeu préféré n'était pas les mots croisés mais le jeu des différences. J'aurais du comprendre que l'histoire et les histoires ne me plaisaient pas. J'aurais du ne pas ooublier tous les "Il était un fois la vie" que je dévorais, tous les "C'est pas Sorcier" que je ne ratais pas. J'aurais du comprendre, alors que j'achète avec une régularité déconcertante le magazine scientifique Cerveau et Psycho. J'aurais du comprendre, alors que le deuxième de la classe en maths, lui, a fait Polytechnique. J'aurais du ne pas oublier mon 16 en bio au bac, et mon intérêt en seconde pour les cellules totipotentes qui me semblait alors l'avenir de la biologie, ce qu'elles sont devenus. J'aurais du M'accorder plus d'importance, mais je considérais tous ces choix si originaux comme des excroissances ratées, or qu'ils étaient moi...

J'aurais voulu découvrir une loi dans le domaine de la santé... Et je suis triste de savoir qu'il y a un cerveau qui attend, un cerveau particulier, un cerveau fait pour la recherche en génétique...

Il faut écouter les choix d'enfant que l'on fait car ce sont eux, les plus importants.

samedi 15 décembre 2007

Je rêve d'une bobo catho et d'un patron du CAC coco

Pourquoi s'ingénier à me faire détester toujours plus l'être humain et sa médiocrité...? De retour d'un "cours" de manager. C'est la mode des "formations", autant la suivre. Une sorte de fierté que de pouvoir faire une formation dans l'entreprise actuellement! En tout cas, quelque chose d'absolument sur-valorisé avec à la clé tout un tas de comportement normatif.

Déjà dans la salle, c'est un concours latent d'hormones: qui va prendre le leadership? La tension est à son comble. Et notre commercial national (un Maurice de Baycon-Les-Bruyères), très dubitatif à l'égard de la formation de type psychologisante, se renfrogne comme un gamin quand il ne réussit pas. Lui, il connaît la vie, il sait que ca ne se passe pas comme çà, que tout çà, c'est bien des conneries de psy. Il y a aussi Jean-Louis, l'ingénieur de haut gabarit qui la ramène sur son expérience, et se croit encore le fils unique qu'il a du être, mais dont le flot de paroles invite à voir en lui toutes les craquelures de sa personnalité. Qu'est-ce qu'il parle! Peut-être le plus honnête. Et puis, il y a aussi les femmes, toujours invisible dans ces situations, c'est étonnant... J'exagère, il y a la Bobo qui travaille dans une association humanitaire: elle lit Libé et Charlie Hebdo, ne la laisse pas tomber. Je me mets bien évidemment en dehors de cette description car je porte tristement sur moi tout un tas de codes: et oui, je suis habillée...

En tout cas, qu'est ce que nous sentons l'humain... Et c'est étrange de voir comme ces gens s'ingénient à s'auto-enfermer dans les propres cases de ce qu'ils montrent. C'est sans doute très rassurant que de suivre à la lettre un type de personnalité prédéfini. Ils en adoptent les codes à plaisir sans se demander si c'est vraiment "çà", sans même savoir qu'il s'agit de codes. Pire, ils défendent (logiquement) cette identité, et tâchent de conquérir le territoire-identité de l'autre en lui montrant que sa manière de vivre est la meilleure. L'éducation ne vise finalement qu'une chose: te faire choisir ta case. Et tes codes. Ta gueule!

Tiens, encore une chose qui vient apporter de l'eau à mon moulin: je crois profondément à une similitude entre le "macro" et le "micro". La personne n'est ni plus, ni moins qu'un territoire où il se partage un certains nombres de valeurs communes (sinon, guerre civile en soi). Je peux échanger avec mes voisins pour obtenir des ressources que je n'ai pas en interne. Je peux aussi être en guerre avec mon voisin si je n'arrive pas à échanger. Peut-être que c'est le problème de toute guerre: ne pas supporter la différence.

La différence, la démocratie, le rationnel, voil) qui m'emmène bien loin: c'est que toute situation "micro" porte en soi le germe d'un "macro"! Le tout est dans la partie...

vendredi 7 décembre 2007

Femme du monde

Je peux partir partout dans le monde. Je peux être reçue en Belgique, à Bruxelles, et à Gant; en Allemagne, à Berlin ou Munich; en Espagne à Barcelone; à Londres en Angleterre; au Canada dans la région des grands lacs; à Brasilia do Brasil; aux States, à Chicago, Tucson et bientôt Detroit; au Maroc à Rabat. Je peux même visiter la France de fond en comble.

Mais ce soir, je ne fais rien. Tous mes amis proches sont loins. Quel dommage de ne pas profiter d'eux!

Je veux chanter pour ceux qui sont loin de chez moi...

lundi 3 décembre 2007

L'argent fait le bonheur

Marrant, je viens de recroiser un ami de longue date qui est devenu depuis, trader à la City. Ce jeune homme était un garçon assez invisible et surtout timide, envers les filles, aussi. Très peu flamboyant, finalement, assez peu "fun", sortant peu. Je lui ai préféré un jeune leader en puissance.

Bref, ce jeune trader est devenu mince, sa vie est heureuse et riche en événements. Il a trouvé une petite amie, beaucoup d'amis et de sorties. Et il aime son boulot.

Qu'on ne me dise pas après que l'argent ne fait pas le bonheur...! En tout cas, il a clairement fait le sien

samedi 1 décembre 2007

Le sans commentaire du week-end

Le phlébologue de ma grand-mère le disait à très juste titre: aujourd'hui, on peut contrôler (au sens de mesurer) tous les paramètres du corps humain (le taux de sédimentation, etc). Ce n'est pas pour autant que l'on sait quoi en faire par la suite…

Pareil pour le monde d'aujourd'hui: on peut tout contrôler, ce n'est pas pour autant qu'on sait en faire quelque chose.

lundi 26 novembre 2007

Dédicace à l'au-delà

De bonne humeur, j'avais les romances sans paroles de Fauré en tête et me voilà à repasser le génial disque interprété par Jean Doyen, père de feu mon ancienne professeure de piano. Comme tous les gens que j'ai toujours rencontrés dans ma vie, elle était encore une fois atypique. D'une sensibilité si forte qu'elle en était touchante, j'ai aimé ce personnage qui se cachait, à l'ombre de ce papa qui a du prendre trop d'espace...

Un père génial... Comment s'en sortir? Un père capable de passer d'une valse de Chopin à une autre en bifurquant subtilement d'une tonalité à l'autre, sans que l'amateur ne pût s'en rendre compte, capable d'improviser, d'interpréter, de déchiffrer à vue, capable de tout, capable d'utiliser la musique comme un langage à part entière, sans contraintes de sens (ou presque, c'est un autre débat).

A trois ans, elle commencait le piano, à 5 ans elle suivait l'école par correspondance pour se consacrer au piano, à 14 ans, elle était diplômée du CNSM. Elle a joué pour des radios, fait des concerts, a suivi les dignes traces de son père sans pouvoir se faire un nom.

Quand je l'ai trouvé à 55 ans, elle ne jouait presque plus. Du Fauré, elle jouait encore du Fauré, revivant encore de loin certains temps de gloire... Elle n'avait plus que cette sursensibilité qui la faisait entendre les moindres subtilités musicales, et puis ces paluches si grandes comme elle les appelait. Et l'alcool pour oublier, comme tous les génies ou tous ceux qui ont une autre idée de la vie.

Encore un personnage à remercier avant de mourir... Je ne sais pas ce qu'est devenu son beau piano à queue, elle n'avait pas d'enfant. Je ne sais pas ce que sont devenus ses trois chats et ses deux chiens, c'étaient ses seuls enfants. Je ne sais pas ce qu'est devenu cet appartement à faire peur les petits enfants, tant il était envahi par les plantes et les tableaux abstraits et violents qu'elle peignait. Quel personnage avec sa crinière rousse, jusqu'à rouge quand elle la ratait! Des vêtements toujours plus extravagants, comme pour crier j'existe, mais ne venez pas me toucher. Elle m'a touchée, et j'espère l'avoir touchée.

Elle m'a aidée. Personnelement aussi, nous avons bu tant de coup ensemble après les cours! Je me souviens des périodes d'examen où c'est à peine si je ne dormais pas chez elle. Je me souviens d'un moment magique, où je connaissais tant mon morceau et où nous travaillâmes si fort qu'il n'y avait plus de rapport prof-élève, mais véritablement fusion par la musique... Un moment vraiment inénarrable, et il n'y a que moi sur cette terre qui ai vécu ce moment, je le garde jalousement.

J'ai échoué lamentablement à cet examen là. Celui pour lequel j'avais tant travaillé et tant rêvé à la mention à l'unanimité: le verdict était tout net et me fût rapportée d'une amie, car j'avais soigneusement essayé d'évincer l'évènement: "floppée de fausses notes"...

Mais du canard boiteux que j'étais en arrivant au Conservatoire, j'ai réussi à me faire ma place, et quelle place! J'avais 15 ans quand j'ai commencé le piano, 17 quand je suis rentrée au Conservatoire, six mois plus tard, je sautais 5 classes en piano, tandis que mon niveau de solfège était celui d'un enfant de 10 ans... Je me souviens encore que le seul examen que le professeur de solfège me fît passer pour entrer au Conservatoire était de reproduire à l'oreille une mélodie au piano... Pas de lecture de note, c'était ridicule, je ne connaissais absolument rien au solfège!

J'ai été pendant longtemps aux yeux des autres élèves, cet ovni que peut être un "vieux génie". Mais ca ne tient pas longtemps, ce genre de choses. Au bout de 7 ans de piano, je ne pouvais plus être encore ce vieux génie. Alors, j'ai arrêté.

Et je ne suis même pas venue à votre enterrement, Geneviève, vous qui m'avait supportée pendant 5 ans, vous qui m'avez ouvert ce que peu de gens ont eu le droit de voir: votre coeur. Il était trop épris de merveilles pour ne pas effrayer, trop pur et trop aveuglant de sincérité de ce qu'est l'humanité entre misère profonde et splendeur véritable... C'est un signe, le dernier morceau du disque, un signe de l'au-delà...

vendredi 16 novembre 2007

Le sans commentaire du week-end

L'Eden, le ventre maternel.
Le péché originel féminin, la femme qui rejette l'enfant hors du paradis.
Etre chassé du paradis originel, l'atroce douleur de la naissance.

Je suis persuadée que toute mythologie est issue d'une expérience imprimée dans notre inconscient (j'enfonce des portes ouvertes...?). Reste à fonder une méthode pour trouver cette cause primordiale. Une relecture des mythes à l'aune des découvertes psychologiques: toujours détruire le sacré, philosophie au marteau.

Et pour clore sur une pensée de Cioran: le démon est un ange trop amibitieux qui souhaitait le pouvoir.

Le merveilleux humain

Je viens de relire les "Entretiens" de Cioran. Et je suis retombée sur une phrase que j'avais soulignée et qui fait écho au loin à mon "sentir" du moment: "Nous n'agissons que par la fascination de l'impossible".

Cette fascination de l'impossible, c'est ce que j'appelle le "merveilleux humain" ou le sacré.

Et c'est bien ce "merveilleux" qui attire en permanence l'homme. Celui-ci est incapable d'être à sa place réelle, c'est-à-dire à sa place d'animal qui vit et mourra, sans plus d'intérêt que n'importe quel autre animal ou caillou. Non, l'être humain n'accepte désespéramment pas son statut qui est pourtant loin d'être particulier.

On nous parle de conscience. Que sait-on de celle des animaux? Pourquoi se placer en roi, en centre, quand nous ne sommes rien moins que des amas de cellules organisés selon une structure type?

Dieu est mort, dit le prophète.

Dieu n'est absolument pas mort, impossible de tuer Dieu en l'homme, c'est lui-même qu'il tuerait... Car Dieu, c'est ce merveilleux qui fait croire à l'homme qu'il est un être supérieur.

Petit con de la dernière école de commerce, vieux con...

La société française est beaucoup plus indienne qu'on ne l'imagine et les castes sociales, bien plus prégantes. Mais pourquoi donc ce besoin...?

Hier, à table, cet espèce de con, à peine sorti des couches culottes de l'école, qui parle de secrétaires comme de bonnes viandes à niquer, alors qu'il pisse dans son froc devant la directrice marketing. Moi, ca me fait marrer. Ca me fait penser au début de Belle du Segineur sur les relations de pouvoir à la SDN. Et cet autre qui est très fier de lui-même depuis la nuit des temps mais que le fric a rendu encore plus puant. Il y en a même une qui a eu l'audace de me demander mon salaire pour "situer" (sic): elle avait une sale tronche de dégénérée, j'ai préféré ne pas lui répondre. Faut viser très haut pour être entouré de gens simples...

mardi 16 octobre 2007

Fermé pour cause de sentiments différents...

Reviendrai p'tet dans un jour, un mois, un an.

La maturation fût lente, mais enfin, j'accouche de ma volonté: me tirer de l'univers du blog. En avant la vie!

dimanche 14 octobre 2007

Le sombre avenir du marketing...

" On vante l'efficacité marketing d'une relation entièrement personnalisée entre un marchand et son client, une personnalisation de l'offre et du message, fondée sur une parfaite connaissance du second par le premier. Le one-to-one serait la solution marketing à tous les problèmes rencontrés par les sites marchands ! Surtout, on a la possibilité de modéliser et d'automatiser cette mécanique marketing. On imagine que l'application one-to-one est à même d'élaborer une représentation fidèle et fonctionnelle du client, et que cette représentation permet, à partir de l'exécution de quelques règles, de déduire ses attentes et d'y répondre. Si l'idée du one-to-one est séduisante, ce qui me gène dans son développement technique, c'est le peu de place laissée à la créativité ! " E-commerce N°14 - 01/09/2001 - Yann Clayessen
Selon moi, le marketing one-to-one repose sur l’illusion de l’objectivité et de l’omnipotence. En effet, les bases de données ont un objectif identifiable de modélisation du client, de prédiction de son comportement. Elles reposent donc sur une hypothèse de scientificité du comportement humain et de son libre arbitre. Il est évident qu’une certaine dose de répétition des comportements d’achat est repérable, mais elle n’est repérable que sur le passé, en aucun cas sur le futur. Comme le dit le philosophe Robert W. Elliott, l’histoire est plus que fortuite et moins que nécessaire. Tout au plus existe-t-il un style. En suivant son exemple, l’œuvre de Mozart est tout à fait modélisable. Pour autant, personne n’est capable de savoir l’œuvre que Mozart aurait écrit par la suite s’il n’était pas mort, puisque chaque œuvre modifie l’ensemble du corpus. L’illusion sur laquelle repose le marketing one-to-one est donc celle d’un monde figé, d’un monde cartésien.

Ce monde cartésien omet l’être, qu’Husserl tente de remettre à sa place avec la phénoménologie. C’est bien l’une des grandes découvertes de notre siècle, la physique quantique, qui explique que le fait d’observer une particule change la manière de se mouvoir de cette particule. Jusqu’alors, le scientifique s’était placé en simple observateur objectif et comptable. La phénoménologie nous enseigne que rien que notre existence et notre « vision » modifient ce que l’on regarde. Aussi, le marketing one-to-one qui cherche à se placer en réceptacle invisible et objectif qui comblerait les désirs du consommateur ne se rend-il pas compte qu’il change lui-même les règles du jeu à chaque intervention.

Par ailleurs, l’idée du marketing one-to-one est tout à fait séduisante mais elle repose sur l’illusion du contrôle et sur l’omnipotence de l’enfant : l’entreprise comblerait de manière magique les désirs du consommateur-enfant. Au fond, l’on se rend compte que l’idée de contrôle est tout à fait rassurante, mais non valable. Ainsi, l’on se contenterait de mettre en place d’énormes bases de données, véritables machines à gaz extrêmement coûteuses, dont le rôle ne serait tout au plus que de suivre et retracer les évolutions des clients, non de les prédire. Et pour reprendre une des pensées de l’ancien ambassadeur du Liban, Monsieur Blanc, rien n’a été plus beau que l’émergence de l’opposition et de la contradiction au sein d’une Russie soviétique qui cherchait à tout contrôler.

samedi 6 octobre 2007

Etude éthnologique

L'homme d'affaires est une espèce bizarre. Plongée trop jeune dans les plus hautes sphères, je n'ai pas eu le temps de m'habituer par étapes aux sommets décisionnels.



Me voilà donc à attendre l'embarquement à Francfort au lounge d'Air France (carte Flying Blue oblige) et à en tirer quelques conclusions:



1) L'homme d'affaires est toujours informé de ce qui se passe dans le monde. On peut croire que c'est un surhomme; c'est juste qu'il a beaucoup de temps pour lire tous les journaux dans les aéroports.

2) L'homme d'affaires a un carnet d'adresses incroyable; cela se paie à force de diners offerts par la société.

3) L'homme d'affaires a des avis sur tout. S'occuper de ce qui ne le regarde pas est son passe-temps favori; cf loi n°1

vendredi 28 septembre 2007

L'inconscient de l'inconscient

Je "crois" de moins en moins au triolet conscient, inconscient, préconscient. Ce n'est pas tant que je n'y crois pas, à vrai dire, c'est plutôt que derrière ces termes verbeux/baveux se cache une réalité on ne peut plus concrète et facilement appréhendable. Les choses dont on nous dit qu'elles sont inaccessibles le sont souvent fort peu: beaucoup de prétention pour désigner des choses simples (parfois moins simples, aussi). Et surtout, une sorte de sacralisation* du savoir: une question de pouvoir, bien évidemment. On a bien raison de sacraliser les choses si on ne veut pas qu'elles soient remises en cause...

En fait, ce que je reproche au terme "inconscient", c'est la connotation magique qu'il garde, ce sont les significations - ou pressions - inconscientes, justement, qui lui sont associées. Voila bien un mot-"pression". Encore aujourd'hui...! La psychanalyse, c'est le nouvel opium du peuple. Le psychanalyste-prêtre abuse de mots "sacrés", il donne l'ostie et le pardon avec un rituel tout aussi précis que les religions d'antant.

Pourtant, à lire les écrits de Freud, on se rend compte que son esprit est juste épris d'enfermement conceptuel (un esprit de conquête, un vrai scientifique, quoi;) ; il cherchait seulement à nommer des processus simples et pratiquement observables.

Pour moi, l'inconscient est surtout la somme de ces gestes qui sont devenus habitudes: je conduis ma voiture de manière automatique, mes gestes, qui étaient conscients au début, deviennent inconscients par la suite. Si je veux changer ma manière de conduire parce qu'elle n'est pas adaptée, je dois revenir sur ces automatismes pour essayer de savoir quelles associations se sont faites naturellement au moment où j'ai appris, pour les désolidariser et inventer ma nouvelle manière de conduire avec les éléments présents. (A approfondir)

Esprit confus, ce soir, bloubiboulga de mots. Je retourne à mon "Et Nietzsche a pleuré" qui m'a poussé à écrire cela: Freud y est décrit comme analysant les rêves et y cherchant les symboles. Oui, l'être humain est un être de symbole qui travestit les réalités cachées... Ou seulement des réalités oubliées...

*(une question à aborder: comment sacraliser les choses? Une piste: les décontextualiser)

dimanche 23 septembre 2007

Réclamation

Monsieur,

Suite à notre conversation du 23 septembre, je souhaiterais porter à votre connaissance le fait que nous manquons assiduement d'ampoules pour lampes à pied (et non d'ampoules pour pieds à lampe, comme je me le suis laissée entendre dire, encore moins de poules à pieds ampoulés) et attire votre attention sur le fait que le mot ampoule semble provenir (selon ma sagace intelligence) de lampe: ainsi, lampe -> l'ampoule. Le "l'" semble donc bien être une faute entrée dans les moeurs, et je ne pas tombe pas, à l'instar de tout un chacun, dans le vicieux piège. Aussi, pourriez-vous me rapporter une lampoule (a moins que vous ne souhaitassiez que nous l'appelames desormais lampette comme dans l'exemple chausse -> chaussette, ou lampure comme dans le contre-exemple chausse -> chaussure) de format vis et de culot étroit. Quant au Watter (ou watture, ou Wouah la tête), je n'en ai pas le soupcon d'une idée. Débrouillez-vous.

Avec tous mes sentiments les plus distingués et les plus profonds envers votre endroit,

Le sans commentaire du week-end

Tu es Facebook ou tu es MySpace? Tu es Meetic ou Pointcommuns.com? Tu es Viaduc ou tu es LikedIn? Dis-moi quel site tu fréquentes, je te dirai qui tu es. Et moi, qui je hais...

Fessebouc, la démocratisation du loft

Le glas des blogs est régulièrement traité en ce moment... Et les nouveaux réseaux prennent le relai.

Facebook, c'est une évidence, c'est l'avenir. Les derniers résistants se convertissent peu à peu sous l'effet de mode hallucinant. Tout un chacun diffuse désormais ses infos privés, les centralisent en une méga base de données délectable à n'importe quel tyran mal intentionné (ou juste à n'importe quelle entreprise, finalement, dans un rapport ou non d'inclusion). D'autant que bientôt (de manière insidieuse car on ne le sait que peu), les informations de Facebook seront apparemment accessibles de google, à moins d'interdire cette fonction.
Je suis désormais au courant que Maurice s'est réveillé à 7h en ce dimanche ensolleillé et qu'il a écrit à Manu pour prendre un verre dans notre troquet préféré (sans moi). Il en a profité pour rajouter ses photos de vacances, le nom de sa petite amie (ainsi que plusieurs photos d'elle: son nom s'affiche magiquement pour être bien sur d'identifier la personne en question lorsque l'on passe sur les photos). J'ai vu aussi qu'il participait à l'Oktoberfest virtuelle et envoie quantités de bières à des amis qui n'en sont pas dans une sorte de mugnificience artificielle. C'est cool, parce qu'il n'a pas d'argent en ce moment, le Maurice (et tant pis pour les cadeaux virtuels qu'il peut ne envoyer, car ayant un coût réel, eux). Comme dans le Loft, je lis desormais la vie de Maurice au travers de sous-titres: "Maurice est en train de manger".

Bref, sans le savoir - ou pire, en le sachant (me voilà à réaliser l'exercice de Doublepensée de 1984!) - nous devenons les propres artisans de notre "mise en boite": un Big Brother volontaire, en quelque sorte, avec un grand sourire aux lèvres. Sauf que dans Big Brother, c'étaient les enfants qui informaient la police... Là, nous nous auto-enfermons gaiement.

Bien sur, nous n'avons rien à nous reprocher, et cet effort de transparence (je déteste la transparence, et les hypocrites open space; j'ajoute également le développement durable sans rapport avec le propos, mais ca fait du bien) ne parait pas en soi un problème. Mais de la transparence à la surveillance, il n'y a qu'un pas. Quelles limites à la transparence? Quelles limites au domaine privé? Je sais maintenant que tel prof d'université a mis toutes ses élèves dans ses amies... Je sais aussi grâce aux cookies dans sa machine qu'il a visité un site pornographique il y a deux semaines et téléchargé illicitement "Two day in Paris" qui se trouve être en fait un film pédophile. De là à en tirer des conclusions malencontreuses? Et pourtant, ce type n'a jamais rien fait de mal, on a juste traqué sa pensée, où tout est encore permis jusqu'en 2050 (à cette époque, toutes nos pensées et mémoires pourront être transmises à un ordinateur selon British Telecom). Je vous semble alarmiste? Pourtant, je connais effectivement ce professeur...

Bref, la responsabilité, ce n'est surtout pas la transparence (il faudra revenir la dessus dans un prochain article), c'est un mélange complexe et tristement non mathématisable des bonnes informations à donner au bon moment. Un problème crucial de limites. Mais les écrits restent... Et tout ce que j'écris ici aussi... Toute décision par internet est irrévocablement notée... Et je me demande si c'est grave ou non...

jeudi 20 septembre 2007

Image-innée

Des cravates de toute sorte: des rose, des à fleurs, des rayés. Toute l'originalité du sujet doit pouvoir s'y exprimer pour contrebalancer le costume sombre de rigueur.

A chaque fois que j'en vois une, je n'y peux rien, je ne peux pas m'empecher d'y penser; le symbole phallique est tellement grossier que ces ajouts de fantaisie faits pour attirer l'attention me font marrer: "attention, énorme queue à l'abordage" (les audiences montent!). Et chacun qui complimente la nouvelle cravate de son collègue! Imaginez: "quelle jolie queue, vous avez aujourd'hui, Monsieur le directeur".

C'est marrant quand même la place du symbole chez l'être humain, l'image qui prend le dessus au point qu'on en oublie la signification originelle... Je partirais bien sur une petite lecon de psychologie, là: le non/nom du père lacanien et l'entrée dans le symbolisme, la sublimation de Freud, l'objet transitionnel de Winnicott. J'en passe et des meilleures, mais je sublime, là. Allez, retournons à ma bonne vieille télé pour effet cathartique de fin de journée. L'image, toujours l'image: tiens, un commentaire sur Sarko.

A bientôt!

Ramdam

C'est Ramadan en ce moment. Il n'y a plus une seule goutte d'alcool vendue à Rabat, apparemment. Seul un bar tolère encore vaguement la bière dans toute la ville.

Et en passant acheter de la bière tout à l'heure chez mon "arabe" à 10h du soir, j'y ai repensé... La vie est parfois vraiment absurde...

Bhonneur

Nike, cherche ton honneur... Je vois bien une signature dans ce style. J'avais perdu le sens du mot honneur jusqu'à présent: beaucoup trop lié à une prétention de soi.

Pourtant, je redécouvre avec bonheur l'importantce de l'honneur. Et c'est bien lui qu'il faut chercher. Mettre un poing d'honneur à faire les choses - et donc se sentir impliqué, volontaire - voila qui est bon. J'avais perdu ce sentiment depuis belle lurette, j'étais au mauvais endroit et peu m'importait au fond de réussir ou rater: je redécouvre ce sentiment d'avoir envie d'être forte à cette place là.

Tiens? Des études du bio pour me rapprocher toujours plus des sciences? Bah, je vais retrouver mon statiticien en génétique: mmhhh, rien que le nom me fait saliver

mardi 11 septembre 2007

Chat alors

Pacha passe desormais la plupart de ses nuits chez moi. Je crois que je vais bientôt devoir en parler à ses maîtres, au rez-de-chaussée. On s'aime, c'est ainsi.
Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t'assoiras d'abord un peu loin de moi, comme ça, dans l'herbe. Je te regarderai du coin de l’œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t'asseoir un peu plus près...Le lendemain revint le petit prince.-Il eût mieux valu revenir à la même heure, dit le renard. Si tu viens, par exemple, à quatre heures de l'après- midi, dès trois heures je commencerai d'être heureux. Plus l'heure avancera, plus je me sentirai heureux. A quatre heures, déjà, je m'agiterai et m'inquiéterai; je découvrirai le prix du bonheur!

Portrait chinois

Une ponctuation: points de suspension

Un stylo: criterium

Un logiciel: Excel

Un journal: Le Canard Enchainé

Une bouffe: carpaccio

dimanche 9 septembre 2007

De la fierté comme sentiment non intégré au soi (et qu'on sort)

Ce que nous sommes n'est pas un choix que nous faisons de nous-mêmes. Il est une émanation, une signature de nous, qui n'a ni besoin de preuves, ni de justifications: je suis, et c'est ainsi, envers et contre toi.

L'être est donc un état de fait, et en tirer une quelconque fierté me répugne. Surtout, parce que la fierté est rapport à l'autre, elle est au fond attente de l'approbation de l'autre pour exister. La fierté provient d'une réussite non assumée intrinséquement, d'une réussite non intégrée.

Quatre mariages et un suicide

Etonnant de voir à quel point tout le monde se dirige dans le même sens. Depuis des millénaires. Peut-être la seule institution (sous quelque forme que ce soit) qui reste. Avec les enterrements. C'est beau, les fondamentaux de ce type. Et jusqu'à quel point, ce sont des fondamentaux hors social...

lundi 3 septembre 2007

Pour être lu, faut parler cul

Test concluant et réussi. Voilà les mots clés qu'ont "googlisé" les visiteurs pour arriver à mon blog hier:
bite sans poiles
bite sans poils
combien rapporte une laverie
paradoxe amoureux
poils sur la bite

On remarquera entre autres l'élégante faute d'orthographe, le mot bite plus souvent associé au mot poil qu'au mot couille (le poil sur la bite semble occuper beaucoup d'hommes, à l'instar de ces dames et leur coiffures. Un carré plongeant? Non, non, coupez court sur le gland), la triste nature humaine bassement mercantile, un romantique torturé et cérébral qui se lamente sur la pathétique condition humaine (un pote?).

Je tenterais bien de déposer les mots pénétration anale et cunilingus (mais il faudrait peut-être mal les orthographier?), mais je risquerais de faire exploser les indicateurs...

samedi 1 septembre 2007

Le sans commentaire du week-end

Il y a les blogs Buègue-BD-tagada-voila-les-Dalton, les blogs Ou-est-le-bec-prise-de-bec et les blogs Ame-et-lit-notre-tombe-priez-pour-nous-pauvres-pecheurs...

Plaisirs d'amour ne durent qu'un seul jour...

vendredi 31 août 2007

L'horreur de Lady Di...

Mon dieu, c'est horrible... Cela faisait 10 ans. Dans ma tête, 3 ou 4 ans, pas plus... Peut-être qu'on aura Paris à nos pieds demain, mais j'espère qu'on ne sera pas aux pieds de Paris...

Demain est urgent.

jeudi 30 août 2007

Comme un roman...

- Tu ne dois pas tomber amoureux de moi.

Rien que l'injonction était déjà une invitation. C'était ce qu'elle lui répétait à longueur de temps quand son corps donnait l'inverse à voir. Elle le touchait, le tourmentait des ses longs doigts, devenait toujours plus belle au fur et à mesure qu'elle le côtoyait. Non qu'elle veuille une quelconque histoire avec lui, sa position était très claire là-dessus. Mais une perversité naturelle et joueuse la poussait à tendre toujours plus la relation vers l'ambiguïté: un coup pour voir, un corps pour jouer...

Le pauvre petit être humain en face,manipulé par des ressorts aussi classiques, ne résistait évidemment pas. Que l'être humain est simple et rudimentaire. Le voilà redevenu petit garçon sérieux, attentif aux moindres desideratas de sa maman. Elle brille dans ses yeux, cela crève les yeux, il pourrait tuer père et mère si elle lui demandait, renoncer à cette raison qui fait pourtant de lui un être humain.

Demain, il pourrait commettre les pires atrocités inhumaines. Parce qu'il est amoureux. C'est le paradoxe que je comprends le moins.

L'amour dans nos sociétés est considéré comme quelque chose de sacré. Passé 25 ou 30 ans, chaque être humain en recherche un autre avec une sorte de compulsion médiocre: voilà qui occupe bon nombre de conversations. Certains tombent sur la "bonne personne", d'autres non mais restent avec elle: après tout, c'est l'âge de rencontre qui décide de la relation, non la personne en face. A défaut d'être amour, on fait l'amour, on le mime, on le singe, à l'image de l'idée que l'on s'en fait, que la société nous en donne. Désolant. Mais lorsqu'on le vit réellement, lorsqu'il emporte sur son passage tous les repères et toutes les certitudes que le petit humain s'était durement constitués, lorsqu'il remet en cause le fondement de ce qu'il est profondément, l'amour devient une sorte de sacralité que tout le monde respecte d'un coup.

Un "je suis amoureux" lancé pour se justifier d'une erreur vaut bien plus qu'une somme d'arguments patiemment construits. Bref, l'amour est une porte ouverte à toutes les exactions. En plus de n'être qu'un exclavagisme camouflé, il inspire un respect circonspect et admiratif de toute la société... Un autre paradoxe.

Il est amoureux, c'est tellement beau, cette puissance dont il est habité et qui peut tout remettre en cause: il est puissant de cette nouvelle liberté sans carcan, de cette enfance nouvellement reçue, de cette résurrection. Il est le Christ.

Je suis entomologue. J'ai passé un temps infini à observer des animaux et à rationaliser leurs comportements. Mon regard en a été déformé: je ne peux plus penser l'humain en termes de sacré, j'ai trop disséqué pour ne pas porter un regard froid et scientifique sur le sujet. Pour moi, Dieu est mort et l'être humain avec. Mon humanité également.

Mais de cette position, j'ai une vue imprenable sur l'être humain, sur ce qu'il appelle amour, morale et toutes ces grandes valeurs dont il fait un usage régulier pour justifier de ce qu'il est et imposer sa recette de vie aux autres.

Pour moi, l'amour est une mue intéressée. Le petit insecte choisit une autre proie pour se débarrasser de son ancienne peau, une peau trop étriquée dans laquelle son expérience de vie ne rentre plus. Il a besoin d'un deuxième corps réceptacle, d'un déversoir où il pourra choisir plus tranquillement (car extérieur à lui) ce qu'il garde et ce qu'il oublie. Une mue, donc, et intéressée qui plus est, mais de cela, il n'est pas conscient: on ne peut pas se permettre de toucher à ce point au sacré.

J'ai toujours perçu le sacré comme dangereux: un argument d'autorité qu'on ne saurait, ne serait-ce que toucher. Il est très gênant de remettre en cause un ordre censément intrinsèque à l'être humain: l'amour. Une sorte de peur magique de toucher à la divinité en l'homme et de toucher la divinité.

J'ai pourtant réussi à recréer scientifiquement les conditions qui font naître l'amour. En chimiste éclairé, j'ai retracé les étapes de l'expérience et sélectionné les ingrédients nécessaires à chaque étape. Un franc succès, l'expérience a fonctionné à chaque fois. J'ai même pu associer des tests complémentaires de sorte à pouvoir bien délimiter les champs, ce qui est sans doute la chose la plus difficile pour valider une hypothèse.

Au tribunal de l'humanité, je passerais pour un vieux fou passible de prison pour crime prémédité quand l'amour serait un crime non prémidité. J'ai pourtant choisi d'être plus prévoyant et responsable, dans cette affaire en prenant conscience de tout ce qui se passait et des conséquences. Ce n'est pas ma faute si je vois à l'avance les 15 coups qui mènent à l'échec et mat, j'aurais préféré ne pas voir.

J'ai arrêté depuis mes expériences et l'idée de pouvoir suggérer l'amour m'a répugné, me renvoyant toujours l'image d'une fin délétère. Car comment être aussi naïf (ou intéressé?), avoir une vue à aussi court terme, et se lancer dans une histoire d'amour en croyant qu'elle durera l'éternité? Quelle inconscience et irresponsabilité pour l'autre! Et quel égoïsme!

Aussi, ce "je ne veux pas que tu tombes amoureux de moi" m'avait-il paru assez responsable dans un premier temps. Mais l'usage qu'elle en avait fait par la suite, car incapable de tomber elle-même de son propre pied d'estale, m'avait semblé encore plus vicieux. Sans doute est-ce cela, le vice, susciter l'amour jusqu'à la corde, puis serrer doucement et ne pas le rassasier, entamer les préliminaires sans permettre la jouissance.

lundi 20 août 2007

A year in ze merde?

Depuis avril, certains agents de la Poste sont en grève tous les lundis. C'est Pentecôte tous les week-ends!

Ca me fait penser à ce qu'un ami étranger m'avait dit à propos du droit de grève en France: il faut bien sûr l'autoriser, mais en milieu de semaine (et si possible l'hiver).

dimanche 19 août 2007

Le sans commentaire du week-end

Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d'eux, ils en diraient bien d'avantage.

Sacha Guitry

Filmographie de l'été

Je viens de me rendre compte que la copine de Pignon (c'est possible...) est Forrest Gump: elle marche du matin au soir et du soir au matin.

En parlant de film, envore vu un film de pianiste tarée et ratée, La tourneuse de pages. C'est marrant comme les pianistes inspirent les réalisateurs. Ca m'enerve, comme d'hab. Cette fois-ci, c'est une histoire encore malsaine qui se trame, une histoire d'homosexualité latente sur fond de projection de soi dans l'autre, le tout inspiré par la vengeance. Un bon film, franchement, tenu par un suspens délicieux d'ambiguité.

lundi 13 août 2007

Import-export


Gabriel Fauré - Nocturne n°1 op. 33

Cela fait un peu plus de trois ans que je n'ai quasiment aucune nouvelles. Son meilleur ami est venu d'Allemagne me rapporter mon harmonium. Cet harmonium, c'est tout une époque de ma vie. Pas l'instrument en tant que tel, mais tout ce qu'il y a autour et ce que j'y projette. Cet harmonium, c'est tout à la fois mes premières vacances illicites, mes premières vacances de gosse de riche dans les suites de l'île de Sylt, puis de manouche en camping-car, de sauvage liberté, mon road 66 à moi. J'ai goûté à tout ce qui m'effrayait, toujours plus loin, toujours plus interdit, toujours moins de sommeil, "geht's nicht, gibt's nicht".

Le salaud, il ne rapporte pas seulement l'harmonium, il me livre en même temps le mal de l'Allemagne, tout ce que j'y ai vécu et tenté d'oublier. Et cette satanée musique des années Conservatoire me revient tout de go. Un nostalgique nocturne de Fauré. Quelque chose de doux, de lancinant, qui colle au clavier, au coeur, à la peau, gluant, suintant, trop proche, ne va pas plus loin ou je t'en colle une.

Maintenant, il n'y a plus de souvenir, jusque quelques phrases, quelques mots et beaucoup de sentiments. Surtout ceux qui font mal, parce qu'ils vous font à nouveau espérer... C'est la tristesse que le sombre messager me lègue aujourd'hui. Il me l'a livré en express, c'est bon, il peut repartir en Allemagne.

Si l'amour dure trois ans, j'eus bien aimé qu'il en fût de même pour le chagrin d'amour...

samedi 11 août 2007

Cioran, L'anti-prophète (in Précis de décomposition)

"Dans tout homme sommeille un prophète, et quand il s'éveille il y a un peu plus de mal dans le monde...

La folie de prêcher est si ancrée en nous qu'elle émerge de pro- fondeurs inconnues à l'instinct de conservation. Chacun attend son moment pour proposer quelque chose: n'importe quoi. Il a une voix: cela suffit. Nous payons cher de n'être ni sourds ni muets...

Des boueux aux snobs, tous dépensent leur générosité criminelle, tous distribuent des recettes de bonheur, tous veulent diriger les pas de tous: la vie en commun en devient intolérable, et la vie avec soi-même plus intolérable encore: lorsqu'on n'intervient point dans les affaires des autres, on est si inquiet des siennes que l'on convertit son "moi" en religion, ou, apôtre à rebours, on le nie: nous sommes victimes du jeu universel...

L'abondance des solutions aux aspects de l'existence n'a d'égale que leur futilité. L'Histoire: manufacture d'idéaux..., mythologie lunatique, frénésie des hordes et des solitaires..., refus d'envisager la réalité telle quelle, soif mortelle de fictions... La source de nos actes réside dans une propension inconsciente à nous estimer le centre, la raison et l'aboutissement du temps. Nos réflexes et notre orgueil transforment en planète la parcelle de chair et de conscience que nous sommes. Si nous avions le juste sens de notre position dans le monde, si comparer était inséparable du vivre, la révélation de notre infime présence nous écraserait. Mais vivre, c'est s'aveugler sur ses propres dimensions... Que si tous nos actes -depuis la respiration jusqu'à la fondation des empires ou des systèmes métaphysiques -dérivent d'une illusion sur notre importance, à plus forte raison l'instinct prophétique. Qui, avec la vision exacte de sa nullité, tenterait d'être efficace et de s'ériger en sauveur?

Nostalgie d'un monde sans "idéal", d'une agonie sans doctrine, d'une éternité sans vie... Le Paradis... Mais nous ne pourrions exister une seconde sans nous leurrer: le prophète en chacun de nous est bien le grain de folie qui nous fait prospérer dans notre vide.

L'homme idéalement lucide, donc idéalement normal, ne devrait avoir aucun recours en dehors du rien qui est en lui... Je me figure l'entendre: "Arraché au but, à tous les buts, je ne conserve de mes désirs et de mes amertumes que leurs formules. Ayant résisté à la tentation de conclure, j'ai vaincu l'esprit, comme j'ai vaincu la vie par l'horreur d'y chercher une solution. Le spectacle de l'homme, -quel vomitif ! L'amour, -une rencontre de deux salives... Tous les sentiments puisent leur absolu dans la misère des glandes. Il n'est de noblesse que dans la négation de l'existence, dans un sourire qui surplombe des paysages anéantis.

Autrefois j'avais un "moi"; je ne suis plus qu'un objet... Je me gave de toutes les drogues de la solitude; celles du monde furent trop faibles pour me le faire oublier. Ayant tué le prophète en moi, (Comment aurais-je encore une place parmi les hommes ?)

Le sans commentaire du week-end

L'adulte est un enfant qui se prend au sérieux.

Droit des peuples à disposer d'eux-même...

Petite question délicate qui me trottine en ce qui concerne le droit d'ingérence: A s'occupe de B. C trouve que A s'occupe mal de B et lui conseille de ne plus intervenir, de lui foutre la paix. En gros C interdit à A le droit d'ingérence sur B. C'est donc une ingérence de la part de C sur A.

lundi 6 août 2007

Vacances en famille


C'est Dîner de con tous les soirs. Pour qui manquerait d'inspiration, passer quelques jours chez moi lui permettra de donner une suite à ce fameux film. C'est assez étonnant de ne pas rater une connerie à ce point... Irracontable.

vendredi 3 août 2007

Sélection officielle des meilleurs textos

Vulgaire: J'ai très envie de fumer ton gros joint

Classe: J'ai oublié de te dire, c'est fini

Sensuel: J'ai envie de (parler avec) toi

jeudi 2 août 2007

De l'introduction et de la conclusion

Les couples petits enfants-grands-parents sont toujours émouvants (du moins, ils m'émeuvent toujours). Dans Persepolis, c'est évidemment cette relation petite fille-grand-mère qui m'a touchée: j'adore ma grand-mère.

D'ailleurs, d'une manière générale, j'aime les personnes agées. Et les enfants. Entre les deux, point de salut, les gens m'inintéressent au possible, ils ne se cherchent plus, ils construisent: c'est juste le déroulé de leur introduction.

Les enfants sont encore très libres, ils ne sont pas encore tombés dans l'indifférence, ni dans la "catégorisation", tout est source d'intérêt pour eux. Et les personnes agées, qui naturellement font un bilan de leur vie, réfléchissent comme les enfants au sens réél de la vie...

Et tristement, je m'enfonce dans l'âge adulte, armée de toutes mes certitudes, convictions et autres conneries. Vivement la vieillesse, pour que je me dise qu'"on ne sait jamais" (une chanson de Gabin que ma grand-mère a joué pour son anniversaire).

Pour en revenir aux relations petite fille-grand-mère, qui n'a pas au fond de lui l'image d'une poupette qui apprend la vie à sa petite fille, lui refile les bons tuyaux?

Même si elle n'a rien à voir avec une poupette déjantée (à part le don de la musique, dont elle m'a refilé le virus), et ressemblerait même plutôt à la Reine Mère (c'est comme cela qu'on l'appelle dans la famille), ma grand-mère est une personne incroyable, dotée d'un instinct de vie inépuisable. J'ai un plaisir fou à la retrouver et à jouer avec elle: comme on lui dit souvent qu'elle ressemble à Denise Gray avec ses grands yeux bleus, et moi, à Sophie Marceau, alors nous poussons le vice jusqu'à nous retrouver à la Coupole et à jouer ensemble cette comédie. J'aime partager ces clichés avec elle.

Il doit y avoir de cela, dans l'amour, aimer jouer le cliché de la relation.

mardi 31 juillet 2007

La vie sexuelle de...

Une petite réflexion qui m'a bien fait marrer dans "God save la France" à propos de pseudo écrivains qui se réunissent pour lire leurs oeuvres (et parmi lesquels je range avec bonheur Beigbeder):
Au tour de Jake. Il sortit une feuille de son classeur et se mit à lire des poèmes sur les vagins qu'il avait fréquentés. Ils parlaient tous de leur vie sexuelle, ces écrivains, qui se trouvaient par ailleurs (à mon humble avis) les personnes les moins sexy que j'eusse vu à Paris, hormis dans les files qui poireautent devant les abris de l'Armée du Salut.

Le petit anglais que je trouvais très énervant au début me fait de plus en plus rire. Une plutôt bonne surprise.

samedi 28 juillet 2007

Fish, 7 mois

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vendredi 27 juillet 2007

Féminine posture d'accueil...

La scène de séduction de Belle du Seigneur n'a jamais été retranscrite sur le net. En voici quelques passages:
Dites, tous ce futurs cadavres dans les rues, sur les trottoirs, si pressés, si occupés et qui ne savent pas que la terre où ils seront enfouis existe, les attend. Futurs cadavres, ils plaisantent ou s'indignent ou se vantent. Rieuses condamnées à mort, toutes ces femmes qui exhibent leurs mamelles autant qu'elles peuvent, les portent en avant, sottement fières de leurs gourdes laitières. Futurs cadavres et pourtant méchants en leur court temps de vie...
Universelle adoration de la force. Ô les sublaternes épanouis sous le soleil du chef, ô leurs regards aimants vers leur puissant, ô leurs sourires toujours prêts, et s'il fait une crétine plaisanterie le choeur de leurs rires sincères. Sincères, oui, c'est ce qui est terrible. Car sous l'amour intéressé de votre mari pour moi, il y a un amour vrai, désintéressé, l'abject amour de la puissance, l'adoration du pouvoir de nuire. Ô son perpétuel sourire charmé, son amoureuse attention, la courbe déférente de son postérieur pendant que je parlais. Ainsi, dès que le grand babouin adulte entre dans la cage, ainsi les babouins mâles mais adolescents et de petite taille se mettent à quatre pattes, en féminine posture d'accueil et de réception, en amoureuse posture de vassalité, en sexuel hommage au pouvoir de nuire et de tuer...

Et puis LE passage culte très très raccourci par manque d'envie:
Babouinerie partout. Babouinerie et adoration animale de la force, le respect pour la gent militaire, détentrice du pouvoir de tuer. Babouinerie, l'émoi de respect lorsque les gros tanks défilent. Babouinerie, les cris d'enthousiasme pour le boxeur qui va vaincre, babouinerie, les encouragements du public. [...] Babouinerie, partout.

samedi 21 juillet 2007

Le roi, c'est moi

Je crois profondemment en une structure commune entre le micro-structural et le macro-structural. De là à poser l'hypothèse d'un Dieu...

La structure commune que je repère et vois, c'est moi, ce n'est que ma manière à moi de projeter un ordre sur les choses et de les organiser (et le langage est très important dans la structuration de cet ordre).

Dieu est logé au fond de tout un chacun.

La sans commentaire du week-end

Ce qui définit peut-être l'être humain par rapport aux autres animaux, c'est l'angoisse.



C'est peut-être en comprenant sa manière de structurer l'angoisse, que l'on arrive à mieux se comprendre.

La Part de l'Autre

Se méfier des grandes causes, des généralisations "axe du bien, axe du mal", des grands principes moraux. Ils sont généralement le motif justificateur d'actes de vengeance bien plus sauvages.

Je me méfie toujours des gens qui se rangent du côté du "bien", naturellement, sans se remettre à chaque instant en question, sans "juger" au sens de prendre la mesure des choses et trancher avec nuance.

Personne ne croit faire le mal en le faisant, il se justifie de la légitimité de ce mal qu'il fait (car dans l'"économie psychique", je crois que "faire mal" coute très cher et demande moult justifications, compensations. Mais cela supposerait qu'il existe une morale universelle, ce dont je doute fort. Cette morale universelle provient peut-être de la culture commune, de l'éducation? En gros, le sur-moi...).

Bush en est evidemment l'exemple le plus patent. Et selon moi, un Hitler ou un Staline étaient persuadés de faire le bien, ou du moins, justifiaient leurs actes par l'atteinte d'un idéal (fou, va sans dire), c'est-à-dire d'un meilleur à leur sens. Je viens de voir Persepolis, il y a peu et l'on retrouve tout cela (le film est vraiment super d'ailleurs).

C'est pour cela qu'il faut rester très vigilant à l'égard de tout. Que nous sommes tout un chacun capable des pires exactions au nom du bien! Ca fait peur, cette responsabilité que l'on a tous...

Texte de tout compte

L'"économie" des gens m'intéresse beaucoup. J'aurais pu aussi dire psychologie. Ou bien système. Mais ce que j'entends plus précisément par économie, c'est cette organisation en bilan comptable de la psychologie des gens… C'est Freud lui-même qui parle de dépense psychique, me semble, dans son mot d'esprit et son rapport avec l'inconscient. L'idée que j'avais digérée et retenue du livre (enfin, l'écho que ce texte a eu sur moi, et la manière dont je l'interprète) est que le plaisir du bon mot proviendrait d'une économie de moyen de la part du locuteur qui concentre la parole à son maximum.

En gros, le locuteur condense, "zippe" plusieurs informations en une seule et c'est à l'interlocuteur de dézipper, de décompresser l'information. Le plaisir provient de cette économie de dépense psychique.

Mais c'est un peu différemment que j'entends le mot "économie" ici. Autant, nous étions dans le compte de résultat ci-dessus, autant je parle maintenant de l'aspect comptable.

Primo, je ne crois pas du tout à l'acte gratuit à l'état de nature. Je ne porte pas un jugement sur l'être humain. C'est juste un état de fait et ce n'est ni bien, ni mal. Bien sur, on peut l'atteindre par la raison (et c'est d'ailleurs une des beautés de la raison que d'"accomoder" l'instinct), mais instinctivement, dans le cerveau primaire, l'acte gratuit n'existe pas. Il y a toujours un rééquilibrage entre les plus et les moins qui se fait en permanence.

Deuxio, la balance comptable serait organisé, et ce n'est pas novateur, sur le principe de plaisir (encore le cerveau primaire), chaque dépense psychique venant impacter négativement le capital plaisir, et chaque recette psychique venant renflouer les caisses (le jeu les Sims est vraiment fait de la sorte, avec la barre d'énergie verte du bonheur à gérer! Heureusement que l'on est moins conscient de tout ca, car quelle inconsistance si l'on se voyait tout un chacun aussi simple!). Finalement, cela revient à dire qu'il n'y a pas d'acte gratuit, mais seulement un intérêt personnel qui se camoufle toujours derrière n'importe quel acte (c'est là tout l'art du bon chef: faire croire, ou mieux, se faire croire que son intérêt personnel est d'ordre général, mais je dérive...).

Tertio, de cette balance inconsciente proviendrait l'équilibre ou non (ne parle-t-on pas d'équilibre psychique?). Une grande instabilité dans ces comptes peut procurer beaucoup de plaisir, mais à coup de grandes compensations, de virages à 360°, de ruses de la raison (de déni, en psychologie) pour faire accepter au DG central les distorsions. Il y aurait donc deux sortes de bonheur: celui qui enrichit le capital plaisir sans se soucier des coûts de capital et de l'équilibre financier, et celui qui stabilise les comptes, qui égalise recettes et dépenses.

Je ne pense pas à cela tous les matins, à vrai dire. Cette manière de toujours réfléchir les choses est aussi une défense de ma part, une manière de ne pas aborder frontalement les problèmes: je mets beaucoup de théorie autour d'un tout petit problème et mon côté rêveur aidant, je transforme ce "déséquilibre comptable intérieur" en structures acceptables par mon exigeant DG, en modèles abstraits qui évitent le conflit. Bien sur! L'évitement de la psychologie...

Alors, je vais essayer d'aborder le problème frontalement: tu m'as fait du mal, je me suis demandée quelle mouche t'avait piquée. En tout cas, l'on te doit tout le texte ci-dessus.

vendredi 20 juillet 2007

C'est la vie...

C'est triste un samedi sans envie… Le seul jour où il faudrait en avoir. Tandis que pendant la semaine, les envies affluent sans pouvoir être satisfaites à cause du boulot: la vie est mal faite, il faudrait que les samedis tombent un autre jour. Le dimanche, moi, ne m'affraie pas. Au contraire, quel bonheur le dimanche. Rien à faire et surout rien le droit de fouttre, tout est fermé. Les gens se retrouvent face à eux même sans pouvoir s'acheter leur vie aujourd'hui. J'aime ce jour, un jour de repos, où l'on se pause. Le calme, la liberté de lire, regarder, écouter…

Je regarde les gens autour de moi, et je les trouve aussi tristes que moi. Pas dans le même sens, car c'est comme s'ils ne voyaient pas. Je ne comprends pas qu'on puisse ne pas penser que tout ce que l'on fait est vain. Tous ces gens qui s'agitent m'épuisent. Ils ne voient pas le trou béant sous leurs pieds. Le monde s'effondre, s'abime sous eux. Et rien.

Qu'il est ridicule, celui-là qui gesticule devant moi dans le métro parce qu'il écoute son walkman: il est dedans et il veut surtout le montrer. Il ferme les yeux, bat des pieds, et hoche la tête de temps en temps. Il me fait pitié. Pourquoi est-il se fier d'écouter de la musique, bon dieu. Pas de quoi être prétentieux.

Et chacun y va de sa voix, appelant de toutes ses forces, pour qu'on le regarde…

mercredi 18 juillet 2007

Pas objectif

A cette soirée, il y avait beaucoup de petits groupes et personne ne parlait vraiment qu'à celui qu'il connaissait. Sauf à ce diseur de bonne aventure que tout le monde venait voir (un chiromancien chinois), chacun faisant la queue avec un esprit fonctionnaire redoutable devant l'enjeu, "j'étais avant vous, Madame". Bref...

Il m'a moi-même sorti mes 4 vérités. Assez étonnant car assez vrai: une vie compliquée, floue, plusieurs personnages, des masques, rien de déterminé, blablabla. Le bordel, quoi. Et l'on peut effectivement résumer ma vie à ce très riche vague.

Mais cet art fonctionne à plein sur la projection. Comme pour l'horoscope ou autres arts divinatoires, ce qui compte est ce que l'on projette dessus. Pareil pour les rêves; l'important n'est pas le rêve en lui-même mais la manière dont nous l'interprétons, ce que l'on projette dessus. Pareil dans la vie, les choses ne sont que ce que nous projetons de nous-même vers l'extérieur, d'où l'impossibilité radicale de saisir les choses objectivement, tout passant par le prisme de l'être (Quel dommage, heureusement que le langage mathématique essaie de pallier ce défaut. En oubliant toutefois l'être, il faut choisir!).

jeudi 12 juillet 2007

Vie quotidienne

Mes nuits sont plus belles que vos jours: depuis 12 jours que je suis patchée, je deviens accroc à mes rêves.

Je ne dors plus, mais dans les courts laps de temps où j'y arrive, je n'arrête pas de rêver. Des rêves tout simples où mes désirs s'expriment avec une limpidité que la vie me cache en général... Allez comprendre.

Quelques désirs qui me trottinent dans la tête ces derniers temps, des désirs concrets, bizarre...: apprendre en aout le prélude n°2 de Rachmaninov (cause Muse), piano impro, batterie, cours de bio en septembre (?).

Et peut-être signature du CDD demain.

Sinon, je continue à lire les "oeuvres" des diplômés d'écoles de commerce (évaluations à rendre pour le 20, encore 6 livres à m'enfiler...). Un proverbe de Oscar Wilde m'a beaucoup plu dedans :
Le cynisme consiste à voir les choses telles qu'elles sont et non telles qu'elles devraient être.

lundi 9 juillet 2007

Mal au coeur de l'être humain, j'en ai trop vu ces derniers temps. Malade ce matin, je lis quelques blogs à droite à gauche, encore plus mal au coeur, j'avais oublié ca. Parler de soi à la Terre entière, tellement prétentieux. Qu'est-ce que je fous encore sur un blog dans un espèce d'entre-deux à mi-parler de soi! Une question de cible, tout ca...

samedi 30 juin 2007

Le sans commentaire du week-end

J'anticipe tellement que je ne me projette plus...

vendredi 29 juin 2007

Cliché

C'est à chaque fois dans les périodes de transition que la vie m'a reservée ses plus grandes surprises.

Je me souviens d'un voyage au Québec que je fis pour un stage au Ministère de la Culture. Dès mon arrivée, je ne sais pourquoi, le patron de l'hôtel me prenait à part de mes congénaires francais pour me causer de sa vie, de son hôtel et de son bar.

Je recois ainsi souvent les confidences des inconnus. Je m'y suis habituée, c'est que je dois inspirer confiance. Un mélange de discrétion et de curiosité qui les incite à me révéler leur intimité. Ils profitent de ma page blanche pour m'écrire un mot. Et puis, nous ne nous reverrons pas, autant se livrer.

J'aime leur demander de quoi ils sont fiers dans leur vie. C'est une des clés qui permet d'ouvrir beaucoup de gens.

Son hôtel bar à lui est un hôtel gay. J'aurais juste du comprendre cela en voyant le drapeau arc-en-ciel à l'entrée, mais ce sont en fait les films pornographiques diffusés dans le bar qui m'ont rendu les choses plus claires (encore que, sans mes lunettes, je n'étais pas sure d'avoir bien vu). La chose me fut confirmée alors que je trouvais menottes, ceintures de chasteté et magazines gay dans les tiroirs des chambres.

Me voilà donc à causer avec l'aimable patron et son charmant accent. Je lui demande comment fonctionne un bar, comment les bières pression peuvent arriver si les stocks sont en bas, et tous ces pourquoi d'un gamin qui découvre la vie. Il m'invite à passer derrière les rideaux (j'ai toujours adoré les coulisses) et me montre la "salle des machines". Il me donne des moments à lui, des moments de son privé que je n'aurais jamais connus si cet homme n'était pas passé par ma vie un jour.

Je m'intéresse peut-être plus pour lui que pour moi, j'aime qu'il soit heureux de me raconter tout cela. Ce sont mes moments parfaits à moi, très peu sartriens, ceux-là. Et mes questions sont mon arme favorite pour éviter qu'il ne me regarde: je détourne son propre regard vers lui. Il adore se raconter et m'invite à faire la tournée des bars.

Nous passons de terrasses en terrasses, je découvre les bières québécoises, on parle beaucoup, à bâtons rompus, loin des conventions et des paroles conditionnés. C'est la vie qui se donne, un vrai partage sans crainte, sans retenue.

Revenus à l'hôtel, il me dit encore:
"Viens don', je vais tse montrer queque chose qu'aucune femme n'a uncore jamais vu, lô."
J'arrive dans une salle sombre, une sorte de labyrinthe au sous-sol (en me relisant, je me demande comment j'ai pu accepter; d'autant que j'appris plus tard qu'un meurtre (!) avait eu lieu un mois auparavant dans l'hôtel).
"C'est moi qui ai battsi tout ca, lô". C'est en fait la boîte gay attenante au bar, strictement interdite aux femmes. Un labyrinthe pour que les hommes puissent se toucher plus facilement... A chaque recoin, des objets sordides: chaise de dentiste, fouets tressés pour faire le socle d'une chaise dont les 4 coins sont attachés au mur par des chaines, et autres objets diverses et variées tout droit sortis de l'imagination du patron. Pour de vrai devant moi...

Cela me fait rire, finalement Et plutôt que d'y voir la lubricité, j'y vois la ludicité. Après tout, chacun fait ce qu'il veut, et cet Eurodisney du gay me fait plutôt marrer. Ce que j'en retiens seulement est le goût si particulier qu'avait cet homme et la confiance qu'il m'avait donné en quelques heures.

Un goût très particulier, très enfantin malgré les salasseries...

A côté, le stage "prestigieux" que je faisais par piston, les voyages en jet avec la ministre, les personnalités politiques que je rencontrais, les réceptions et les discours, tout cela m'a paru sans goût, absolument conventionnel.

dimanche 24 juin 2007

Rêverie

Je ne me souviens de presque rien de mon enfance. J'étais très heureuse, c'est le goût qui me revient quand j'y pense.

Pourtant, deux moments me reviennent très clairement alors que j'écris ces lignes. Sans doute parce qu'ils étaient complètement moi, un côté polard idéaliste universaliste qui me colle à la peau...

J'avais 7 ans, j'étais dans la cour de récréation de l'école (pas très loin du "rocher" sur lequel nous montions souvent et qui fut une source vive d'amusement de mes heures de récré). Je jouais avec une certaine Magali au jeu des pourquoi en chaîne, chacune des réponses qu'elle me donnait entraînant un nouveau pourquoi de ma part.

Elle ne s'en souvient pas, peut être. Pour moi, le plaisir fut si vif que je m'en souviens encore aujourd'hui et qu'il n'est pas innocent dans ce que je suis.

C'était un jeu d'enfant et pourtant, un vrai problème "philosophique": nous n'avons pas réussi à remonter aux origines de ce pourquoi. Même le langage ne nous permettait pas d'appréhender cela. Dépitées...

Mon objet de conquête fut alors non plus de remonter vers le zéro mais de partir vers + l'infini. C'est encore avec le langage, pauvre prison étroite (mais le savais-je à l'époque? Le langage est juste une illusion de domination de l'environnement...), que je m'astreignais à la tâche: je m'installais sur le banc de pierre et commencais à compter pour arriver à l'infini des chiffres.

Je n'ai pas réussi... Mais je m'émeus devant tant de détermination. Même si j'en ai un peu honte en vérité.

N'empêche que pour rien au monde, je ne lâcherais ces moments magiques où l'ordre adulte imposé n'a plus d'espace, où l'impossible ne fait pas sens, où l'imaginaire l'emporte sur le réel, où l'idéal est capable de briser les obstacles, de repousser les limites, tel un Wagner qui repousse la cadence, tel ma phrase qui repousse le point. Plus loin!

La vie est très belle avec ce sentiment et l'envie de jouer à "dépasser".

Le sans commentaire du week-end

Pour Cioran, "tout malaise n'est qu'une expérience métaphysique avortée".
Si tel est le cas, j'avorte à répétition... Dommage de ne pas naître à soi et de n'être pas à soi.

mercredi 20 juin 2007

J'aime sa bouche...

Tout le monde le craint, il est connu dans son métier pour être autoritaire, minutieux et professionnel. Il fait parti des top manager français. On le dit froid et distant.

Son visage est de marbre, n'exprime rien. Quand il parle, c'est avec une voix basse et affirmée. Il sait où il veut aller. Et il y va.

Pourquoi je le sens? Pourquoi il me "plaît", lui qu'on décrit comme un anti-affectif? J'aimerais lui dire: "tu me plais, toi!". Il a 50 ans. J'aime sa bouche.

Sa bouche exprime tout son être. C'est par elle, seulement, qu'on le sent (moi, j'entends quand tu souris). Mais il faut savoir la voir. Tout s'y dessine, subtilement. Une bouche charnue, si belle, quand il sourit en coin alors qu'il vient de sortir une phrase connivente. Un pince sans rire qui rit en coin. Un homme qui vit, qui vibre à travers sa bouche.

J'ai du mal à exprimer l'effet qu'il me fait. En pensant à lui, sur mes lèvres se dessine un sourire en coin, connivent. C'est cela connivent. Vous sentez?

Il me plait, lui!

dimanche 17 juin 2007

Encore lui!

Pour celui qui recherche le moi pur valéryen (que j'interprète ici comme étant le moi débarrassé des pressions extérieures, notamment de celles du langage), il importe d'analyser et de comprendre le langage, vaste écran entre les choses et nous-mêmes, pour retourner à un langage "pur" et avoir un accès direct de soi à soi. Aussi convient-il de repérer les connotations qui se rapportent à chaque terme et qui sont propres à chacun.

Un exemple:


Une table est une table, mais elle est différente pour chacun, associée à différentes expériences de sa propre vie; elle est bourrée de connotations, cette table, qui nous empêchent d'accéder à l'objet "pur".
Une citation:


Le malheur est que vous ne saurez jamais (pas plus que je ne pourrai jamais vous le communiquer) comment j'interprète ce que vous me dites. Vous n'avez pourtant pas parlé hébreu, non. Vous et moi, nous nous sommes servis de la même langue, des mêmes mots. Mais est-ce notre faute, à vous et à moi, si les mots en eux-mêmes, sont vides? ... Vides. En les prononcant, vous les remplissez du sens qu'ils ont pour vous; et moi, en les accueillant, je les remplis du sens que je leur donne. Nous avions cru nous comprendre, nous ne nous sommes pas compris du tout. (Pirandello)
Une glose:


Le langage est de forme asymptotique (si l'on conçoit les axes comme étant le langage "pur"), symptomatique!

S'il y avait bien une chose que j'aurais souhaité faire avant de mourir, c'aurait été de faire un dictionnaire de mes mots et de mes connotations. Mais la plupart de ces connotations me sont pour la plupart inaccessibles car inconscientes. Et pour accéder au moi pur, il me semble que l'on doit faire émerger les associations inconscientes qui peuplent notre monde.

Vaste programme!

Quelques lignuistes épris de langage pur s'y piquent en essayant d'informatiser le langage, mais on voit à quel point l'on est loin d'un résultat convaincant (il n'y a qu'à voir les traductions faites par ordinateur...)

samedi 16 juin 2007

Le "sans commentaire" du week-end: perplexe

Cela fait à peu près 5 mois que je me pose tous les matins cette question sans y avoir jamais répondu:
Pourquoi lorsque je surélève mon pommeau de douche, l'eau parait-elle tout de suite plus froide, de sorte qu'il me faille tourner le robinet d'eau chaude pour garder la même température?

mardi 12 juin 2007

Garden party

Voilà la vie qui m'attend, qui me tend les bras en me souriant... Viens donc manger un petit four salé, un aux tomates confites, l'autre au foie gras.

Standardisés. Comme les convives (vive les cons). Envie de vomir. Les petits fours comme les gens.

Donnez-moi un gin fizz. Quitte à paraître décalée, autant le faire jusqu'au bout.

Chacun bien propret avec sa petite étiquette au nom de son entreprise. Un discours du président des anciens bien propret lui aussi. L'esprit de caste, la future élite de demain, l'auto-congratulation in english please. Distribution de cartes, minable petite caste, incestueuse caste de castrés et sans couilles fils de (de mes deux). Castoi!

Le grand chic du moment: faire du conseil, mais en orga, tu vois, une approche métier, pas du technique, de la strat.

Encore cette question qui me taraude depuis 27 ans: "qu'est-ce que je fous là?". Avec la même réponse, "le hasard". Et toujours, ce retour de bâton, "j'y arrive pas".

Je me vois leur parler, jouer la "aware", la comique, la dynamique. Dynamité, mon monde. S'ils savaient juste à quel point mon monde est dynamité, loin de leurs réceptions, de leurs atours, loin du visible et de la vie quotidienne. Mais impossible d'en parler, ils comprennent aussi peu que je ne les comprends. Alors je continue à feindre, ils sont plus nombreux.

Revêtu mon masque de mondaine, ce soir, juste pour me prouver que je savais encore faire. Juste pour les enculer profond. Et pour sentir l'humanité.

lundi 11 juin 2007

Zapping

Il était bien drôle, hier soir, de zapper entre les différentes émissions électorales. Voir deux fois de suite Fabius demander yeux dans les yeux à Borloo "allez-vous ou non augmenter la TVA?". Presque même forme, même intonation, même voix. Mais sur deux chaînes différentes où il leur fallait rejouer la spontanéité.

Je suis très admirative! La répétition m'aurait fait exploser de rire, je n'aurais pas pu jouer le jeu à ce point. J'ai presque vu poindre un oeil rieur de Borloo, mais à peine. Alors que la scène était tellement drôle!

Et puis, marrant de voir l'évolution du postier, et sa prompt intelligence à tirer les conséquences de ses passages télé successifs. Vraiment fort.

Enfin, un petit tour sur le web pour y découvrir Sarko bourré après une entrevue avec Poutine, la putain.

dimanche 10 juin 2007

Le "sans commentaire" du week-end

Du Valéry avant toute chose, et pour cela préfère la citation:

"Le déterministe nous jure que si l’on savait tout, on saurait aussi déduire et prédire la conduite de chacun en toute circonstance, ce qui est assez évident. Le malheur veut que tout savoir n’ait aucun sens"

samedi 9 juin 2007

Histoire du passé

J'ai assisté à plusieurs conseils de classe lorsque j'étais au lycée pour représenter et "défendre" mes accolytes.

Ce qui m'avait le plus étonné est la manière dont les professeurs se trompaient absolument sur les élèves et les fantasmaient complètement: "untel a des problèmes familiaux, c'est pour cela qu'il réagit de la sorte"; quant untel, en l'occurence, vivait une grande histoire d'amour et se fouttait tout à fait du reste.

Très fiers d'être au "courant" de la vie personnelle d'untel, les profs s'en félicitaient et utilisaient l'information, pas du tout pour l'élève, mais juste pour montrer qu'ils savaient, qu'ils étaient au courant. Ils étaient très sociaux, lors de ces conseils, finalement et bavardaient des micro-information de leur micro-univers, celui qui avait l'information étant le chef.

Tout ca pour dire que l'information n'est jamais pure, déformée qu'elle est par le prisme de l'être: tout n'est que projection... Attention à l'Histoire!

vendredi 8 juin 2007

Censuré

Voilà un sujet bien intéressant, la censure de la presse, alors qu'il y a une semaine, Rachida Dati, en refusant de faire publier des photos de jeunesse, relancait le débat de la censure (et bien sur, celui de la mainmise de la presse par les grands groupes industriels). Elle légitimait, possiblement, la censure opérée par le JDD sur le non-vote de Cecilia. L'amalgame serait facile, mais les deux situations sont extrêmement différentes.

Pour autant, la question est épineuse et sans réponse franche (un objet de conquête pour mathématicien épris de contours et de limites, encore). Elle fait discrètement partie du quotidien de tout un chacun et a bien sur trait à la "pression", et donc à l'éthique et la liberté en général. Voilà pourquoi, c'est une problématique aussi riche.

Quelques questions en vrac, plutôt que de commencer à répondre: Que doit-on dire? Quelles pressions accepter ( A-t-on un devoir de dire? Qu'est-ce que la responsabilité, si ce n'est le fait de ne pas tout dire, de choisir l'information percutante pour l'autre mais déshabillée de sa complexité? Jusqu'à quel point savoir que la femme du président n'a pas voté pour lui

Une question encore plus vicieuse: n'aura-t-on pas tendance à parler de ce qui est le plus interdit que de ce qui est le plus pertinent?


Moi-même, en écrivant ce blog, je me retrouve face à une censure permanente de moi-même: jusqu'à quel point aller?

Peu lu de Sartre à part ses grandes oeuvres littéraires qui m'ont touchées (j'étais à Rio lorsque j'ai lu La Nausée et je me souviens encore du canapé sur lequel j'ai lu la scène du marronnier, cher "Tâ"). Peut-être est-il lui aussi ce que mon imaginaire décrit comme un "dominé", un "raté" qui a réussi, au côté de Rousseau et de Valéry?

Je ne peux pas ranger (à quoi bon?) Cioran de ce côté. Il assume beaucoup trop, et brise le dernier tabou, la dernière pression, la dernière prison, qui l'enchaîne à la vie: il n'aime pas la vie. Il cherche la liberté encore plus loin, peut être en son seul endroit.

Une phrase de Cioran qui résume bien sa pensée et sur laquelle je suis retombée il y a peu: "Vivre, c'est s'aveugler sur ses propres dimensions".

Et ecrire un blog, c'est encore pire!

mardi 5 juin 2007

Journal intime

Recu mon ami philosophe ce week-end, un vrai philosophe, moi qui croyais que ca n'existait pas pour de vrai. Un peu décalé comme toujours, inconscient des attendus sociaux, pour sur, dans un autre monde, en fait. Mais tellement libre, justement, de toutes les pressions sociales.

Toujours passionnant de pouvoir discuter avec lui. Je le contredis juste pour prolonger le combat de mots, j'aime juste ses mots, leurs arrangements et les nouvelles portes de la logique qu'il m'ouvre. Il me met en boite en me traitant de cartésienne ou de positiviste et il m'explique la phénoménologie, Merlot-Ponty, Sartre, parfois, auquel il me compare dans son extremisme.

Peu lu de Sartre à part ses grandes oeuvres littéraires qui m'ont touchées (j'étais à Rio lorsque j'ai lu La Nausée et je me souviens encore du canapé sur lequel j'ai lu la scène du marronnier, cher "Tâ"). Peut-être est-il lui aussi ce que mon imaginaire décrit comme un "dominé", un "raté" qui a réussi, au côté de Rousseau et de Valéry?

Je ne peux pas ranger (à quoi bon?) Cioran de ce côté. Il assume beaucoup trop, et brise le dernier tabou, la dernière pression, la dernière prison, qui l'enchaîne à la vie: il n'aime pas la vie. Il cherche la liberté encore plus loin, peut être en son seul endroit.

Une phrase de Cioran qui résume sa pensée et sur laquelle je suis retombée il y a peu: "Vivre, c'est s'aveugler sur ses propres dimensions".

Elle me colle à la peau, cette phrase, aujourd'hui.

samedi 2 juin 2007

Le "sans commentaire" du week-end

L'écrivain est un journaliste sans sujet et un philosophe sans but.

mercredi 30 mai 2007

Relecture du Mythe de la Caverne

La laverie d'en bas de chez moi est étonnamment très chic. La faute au quartier dans lequel je crèche. Je n'y ai encore jamais mis les pieds, sauf pour y reluquer deux ou trois étudiants attardés et blonds y faire leurs machines et me renseigner sur le fonctionnement de leurs engins (ce qu'ils se sont empressés de faire).

J'ai préféré faire mes premiers pas dans une autre laverie, vide celle-là. Un vague dégoût en imaginant le nombre incalculable de culottes qui ont du précéder les miennes. Et puis, des réflexions d'ordre métaphysique: la laverie automatique semble un passage obligé dans la transition étude - boulot, une activité comprise dans le forfait indépendance.

J'introduis les pièces, le tambour s'emballe, mes yeux sont alors magiquement happés par le magnifique spectacle qui s'offre à moi, toujours renouvelé. Je pourrais le regarder des heures, ce triste feu de bois des villes... Impossible de déterminer les prochains passages, l'ordre dans lequel pantalons, chaussettes et chemises vont s'agencer. Impossible de connaître les trajectoires à l'avance, de retrouver un rythme commun malgré la vitesse homogène du tambour. Un défi pour mon cerveau conquérant.

Et déjà, le coquin pantalon s'en va rejoindre la chemisette mignonne, au rythme du tambour déchaîné, tandis qu'un jean déboule, balourd, dans cette relation naissante. Le treillis solitaire scande la musique. Le petit top élégant essaie de suivre méthodiquement son déhanchement. Ca y est, une soquette s'est imbriquée dans le soutien-gorge, on y est...

Je leur prêterai presque une volonté, à ces êtres tout à coup animés. Ils veulent, ils décident, ils se dirigent. Je leur vois de la profondeur, jusqu'à une identité, même. Leurs actions interagissent, sont imbriquées, complexes. C'est la vie même qui se joue devant moi.

Mais le tambour s'arrête net, tout le monde descend. Ca n'était que le tourbillon du tambour, le tourbillon de la vie qui m'avait fait croire à leur existence.

Bien sûr que non, cela n'est pas possible, c'est seulement les forces alentours qui les a fait se mouvoir le temps d'un court passage sur Terre.

samedi 26 mai 2007

jeudi 24 mai 2007

Le poinçonneur des Lilas moderne

Notre contrôleur de gestion s'est transformé en contrôleur de café...

Cet homme-là parle de la pluie et du café. Car tristement, pour les pauvres employés, son bureau a une vue épatante sur la salle de café. C'est donc à un vigoureux sens de l'à propos que l'on doit ces discussions matinales fort intéressantes: combien l'on boit de café dans une entreprise. Un véritable débat de société, un combat de tous les jours même.

Et le voilà, l'arrogant, pérorant et arguant des coûts financiers que pouvaient induire à l'année de telles dépenses éhontées… Regardez-le comme il est mignon en train de calculer de tête: "alors 2 cafés par personne et par jour que multiplie le nombre de gens, fois…" C'est ce qu'on doit appeler une déformation professionnelle. Ou juste son côté rabat-joie.

En tout cas, ces chiffres lui paraissent manifestement beaucoup plus sexys que les chiffres qu'on lui demande. Peut-être justement, parce qu'on ne les lui demande pas. Un véritable homme d'initiative, finalement.

Remarquez, pendant ce temps, il ne s'en prend pas à la direction qui choisit ses vols d'avion aux prix les plus indécents (pour notre tranquillité à tous, il n'a fort heureusement pas vue sur l'aéroport de Charles de Gaulle) et préfère s'attaquer, le courageux, à la plèbe locale.

Le pauvre, sans doute n'a-t-il pas assez de travail? A moins qu'il ne "kiffe" vraiment de comptabiliser le nombre de gens qui se sont insidieusement glissés dans la salle à café, quels effrontés. C'est aussi qu'il doit être énervé d'y voir se dérouler la vie du bureau, d'y voir rire des gens qui échangent des propos sans importance aux heures de pause alors que lui-même est incapable d'y participer, car beaucoup trop Agnan.

Très étonnant, en tout cas, de voir un homme aussi propre sur lui, aussi connoté sciences po, se transformer sous mon œil vicieux en vieille concierge aigrie qui cherche des sujets de conversation.

Sans doute, son rêve, à ce petit démiurge, serait d'interdire le café en février 2008, en même temps que les cigarettes…

mardi 22 mai 2007

Si on t'organise une vie bien dirigée...


C'est inévitable, ils vont m'avoir. Je commence déjà à employer leur jargon contre mon gré. Ce n'est pas faute d'avoir résister tout au long de l'école...



Je me suis vue tout à l'heure en train d'employer des mots vulgaires comme "évaluation des conditions d'achats dans les business units", en train de démontrer l'utilité de la mise en place d'un outil de reporting à ce propos.


"Ca" parle, on "me" parle. Je me regarde et je me ris. Comment peut-on faire à ce point le guignol et comment les autres ne le remarquent-ils pas? Je suis prise au sérieux, sentiment d'imposture. Ne sentent-ils donc pas que ce sont des "choses de la vie quotidienne"?


Heureusement qu'ils ne voient rien, finalement...


Allez, une dernière référence littéraire pour la route: la vie est ailleurs...

dimanche 20 mai 2007

Qui s'aime le vent

6ème café, 15ème clope. Rien bouffé en ce dimanche de saints de glace retardataires. Dimanche morne et englué.

Je me refais le CV comme on se refait la face, maquillage prétentieux de rigueur, pour faire bonne figure. Je ne me reconnais pas dans la glace du papier. Expériences figées, papier glacé. Tout sauf moi. Trop froid en cette période pour se tenir chaud à soi-même.

Ce soir, un anniversaire au trou-du-cul du monde, fête quand je suis au fond du trou. Ca me fait penser à Zarathoustra, je ne sais pas pourquoi.

D'ailleurs, en train de lire la douleur de Duras. Je lis - avec la même dévotion qu'elle a du avoir en les retrouvant - des pages de jeunesse qu'elle avait écrites, perdues et redécouvertes.

"J’ai retrouvé ce journal dans deux cahiers des armoires bleues de Neauphle-le-Château.

Je n’ai aucun souvenir de l’avoir écrit.

Je sais que je l’ai fait, que c’est moi qui l’ai écrit, je reconnais mon écriture et le détail de ce que je raconte, je revois l’endroit, la gare d’Orsay, les trajets, mais je ne me vois pas écrivant ce journal. Quand l’aurais-je écrit, en quelle année, en quelles heures du jour, dans quelle maison? Je ne sais plus rien.

Ce qui est sûr, évident, c’est que ce texte-là, il ne me semble pas pensable de l’avoir écrit pendant l’absence de Robert L.

Comment ai-je pu écrire cette chose que je ne sais pas encore nommer, et qui m’épouvante quand je la relis. Comment ai-je pu de même abandonner ce texte pendant des années dans cette maison de campagne régulièrement inondée en hiver.

La première fois que je m’en soucie, c’est à partir d’une demande que me fait la revue Sorcières d’un texte de jeunesse.

La Douleur est une des choses les plus importantes de ma vie. Le mot "écrit" ne conviendrait pas. Je me suis trouvée devant des pages régulièrement pleines d’une petite écriture extraordinairement régulière et calme. Je me suis trouvée devant un phénoménal désordre de la pensée et du sentiment auquel je n’ai pas osé toucher et au regard de quoi la littérature m’a fait honte."


Je sens ce qu'elle a pu sentir en se relisant elle-même ("est-ce bien moi?"). J'ai l'impression de retrouver un manuscrit secret, de lire le précieux témoignage d'un de mes ancêtres, que j'aurais trouvé dans la cave de la maison familiale.

samedi 19 mai 2007

Dis, quand reviendras-tu?

Phrases avortées. Travail par petites touches. Effet manqué, chut. Chute. Incertitude. Envie de phrases courtes, sans sujet, sans verbe, sans action. Sans être. Métalangage. Trois petits points. Hésitation. Victime du contingent. Le corps. Deux pas en avant, trois en arrière. La peur. Presque peur en vérité.

Elle est revenue ce matin. Sans prévenir. Souffle coupé.

On se regarde en chien de faïence.

jeudi 17 mai 2007

Pression

Le sémiologue est celui qui "s'obstine à voir du sens, là où les autres ne voient que des choses", dit Umberto Eco. C'est ce sens que mon esprit à mon insu cherche. Le salaud... Il ne va pas voir les choses simplement, quel prétentieux. C'est sans doute qu'il veut être libre et déminer toutes les pressions extérieures, tous ces signaux inconscients qui vous embrigadent et vous forcent la main. Il les décompose, les structuralise, les rationalise, ces signaux inconscients, les enferme en "structure de coûts" à postes variables sur lesquels on peut jouer (et écrit même tout un tas de conneries à l'occasion quand je le lui permets).

Pour ce démiurge descartien, la vie n'est plus qu'un calcul géant, un grand terrain de jeu chiffré dont l'équation se trouve quelque part. Il a juste oublié une chose, l'être.

samedi 12 mai 2007

Débridez-vous la vie... (slogan pour Bridelight)

Un ami revenu il y a peu du Japon m'a rapporté les incongruités de nos amis nippons. Les plus branchés se font débrider les yeux (l'on coupe le bord intérieur des yeux, beurk) et dépigmenter le teint tandis que d'autres se teignent les cheveux en orange pour se différencier de la masse.

Tentative d'occidentalisation et de différenciation ratée, puisque les "débridés" ont désormais en permanence un air surpris plus qu'un faciès européen… De plus, il est toujours difficile de paraître original avec des cheveux orange quand tout le monde se les teint de la même couleur. Nous ne sommes pas mieux avec notre style unisexeforme (j'ai moi-même cédé à la tentation de la converse il y a peu; sans doute que la mode va donc bientôt changer).

Mais tout cela, on ne peut le remarquer qu'en tant qu'étranger. Montesquieu l'avait bien compris, qui critiquait les coutumes chrétiennes à travers le regard d'un étranger, dans ses Lettres persanes. Werber, quelques années plus tard, nous resservait ce même regard extérieur, mais Mondialisation oblige, c'est du point de vue d'un extra-terrestre débarqué sur Terre que l'être humain est observé.

Nos amis les Terriens devrait être une formidable entreprise de remise en question de nos "coutumes". Un film duquel j'attendais un regard tendre tout autant que cruel sur cet absurde roseau pensant que nous sommes… J'avais envie de sentir cette ambivalence, que derrière l'horreur de ces simagrées humaines se cachait quelque chose d'absolument beau, admirable, intangible. Une sorte de vision en contrepoint, dans lequel se serait logé le sentiment d'absurdité. Mais le film ne prend pas, il échoue à nous faire sentir l'absurdité de cette condition humaine. Trop rapide sur certains sujets, trop caricatural sur la sociologie des humains, s'étendant en longueur sur d'autres sujets qui n'apportent rien. Un mauvais rythme en fait. Trop ambitieux, peut-être.

C'est bon, c'est qu'il reste encore des choses à faire de ce côté-là…

mercredi 9 mai 2007

Moi aussi, j'peux le faire


Il s’était arrêté comme ça, mu par cette folle envie de l’embrasser. Il n’avait pas trop réfléchi, « on » avait réfléchi à sa place. Mais ce « on », ma foi, avait été bien inspiré, il avait choisi de les arrêter devant l’Hôtel de ville de Paris.

Presque surpris, comme on peut l’être après avoir sorti un trait d’esprit, il était resté immobile quelques instants puis l’avait embrassé fougueusement comme pour reprendre le dessus sur sa volonté. Paris… Il en avait tant rêvé… Paris, la capitale, la ville de l’amour, Paris la bouillonnante. Tous ces clichés (savait-il lui-même qu’un jour, il ferait parti de ces « clichés » ?) lui montaient à la tête dès qu’il l'embrassait. Il se sentait l’incarnation de Paris, l’ambassadeur de l’esprit de Paris et son baiser n’en devenait que plus audacieux et volontaire.

Elle était parisienne. De ces parisiennes qui n’avaient jamais connu le goût de Paris et que Paris avait toujours frustrée en lui refusant son insolent bonheur. Elle avait redécouvert Paris en le rencontrant. Elle s’extasiait de n’importe quoi, surtout des choses qui auparavant lui étaient indifférentes ou qui « méritaient » l’indifférence. Jamais elle n’aurait cru s'arrêter sur cette poubelle au coin de la rue, qu’ils avaient fouillée tous les deux écroulés de rire parce que Monsieur y avait jeté sa clé par mégarde. Jamais elle n’aurait cru que ce banc sur lequel ils avaient gravé leurs deux prénoms aurait un jour une quelconque signification.

Paris s’était soudain transformée en ville de fête, toutes les tristes rues dans lesquelles elle était passée des centaines de fois s’illuminaient d’un coup et prenaient enfin sens. Elle retrouvait son âme de gamine, curieuse de toute chose, si heureuse. Elle était à Paris, dans SA ville, une ville qu’enfin elle inventait. Une histoire parmi tant d’autres…

Lui, il avait des rêves et il voulait les réaliser. Il s’imaginait l’amour à la française, le french kiss, aussi. Il prenait un malin plaisir à reproduire les clichés et surtout à les vivre : quel amoureux n’a jamais senti la victoire qu’il y a de tenir la main de son amie aux yeux du monde ? Il l’embrassait au cœur de Paris, il avait tiré sa flèche, Paris était tombé, Paris était conquis.

Et pourtant, à quel point ce baiser était douloureux pour elle… Elle était incapable d’en profiter tant elle en imaginait déjà la fin. Voila bien la chose atroce de l’amour, l’éternelle peur de perdre l’autre : elle aurait souhaité ne jamais l’avoir rencontré ou rompre sur le champ pour ne plus sentir cette peur viscérale qui la travaillait désormais nuit et jour. Car quel n’est pas moyen plus radical pour enrayer une peur que de réaliser l’objet de cette peur ? Elle voyait dans ce baiser dérisoire tout l’effort pour camoufler leurs solitudes. C’était comme mentir, mentir sur cette séparation qui aurait forcément lieu.

Bien sur, son astucieux cerveau avait inventé tous les subterfuges pour pallier à cette crainte : toutes ses pensées étaient tournées vers lui, de sorte que quand il n’était pas avec elle, elle continua à le faire vivre par la pensée jusqu’à ce qu’il fût à nouveau présent. Ca n’en était que pire, plus elle y pensait, plus elle s’en voulait d’y penser, craignant une chute encore plus douloureuse. Ce baiser, c’était comme se voiler la face, elle aurait voulu lui crier, tant elle aurait aimé qu’il la prenne dans ses bras, mais c’est ce qu’il était justement en train de faire… Elle se sentait la seule vraie victime de l’amour comme tout un chacun lorsqu’il tombe amoureux pour la première fois.

Il fallait que ce baiser dure l’éternité pour vaincre la mort. Si seulement elle avait pu savoir qu’un photographe badaud avait volé cette image pour l’éternité…

dimanche 6 mai 2007

Divorces

Aujourd'hui dimanche 6 mai, je suis heureuse car je vais pouvoir reparler à 50% de mes amis demain.

samedi 5 mai 2007

Arrête de te la péter sur Viaduc, j't'ai vu dans la vraie vie, t'es con comme un "uc"…

Je viens de faire un tour sur Viadeo.com (ex-viaduc.com transformé en viadeo pour "attaquer l'international"…!). Cette "plateforme de mise en relation" (entendez par là réseau pour désespéré sans relation aux dents longues mais au CV court) est une sorte de Myspace pour businessman. Alors que dans Myspace, c'est la photo qui fait le tout, ici, c'est le CV.

Le plus drôle est bien entendu de faire un tour de ses vieilles connaissances d'école pour voir un peu ce qu'ils mettent dans leurs CV de puceaux du travail et comment ils ont par un coup de communication magique transformé leurs minables expériences de garçon de café chic d'entreprise en boulot de PDG sans reconnaissance. J'exagère… A peine. Traduire "optimisation de la gestion des stocks" par "rangement du bureau", "organisation de mailing* client" par "copier-coller de texte envoyé par mail en ayant préalablement mis les contacts dans la bonne case (la case "à:")", "veille stratégique de la concurrence" par "bullage sur le net en attendant 18h". C'est beau la comm', vraiment.

Mais le pire, c'est que moi-même, j'ai du passer par cette étape… J'ai du endosser ce costume pour rester dans l'attendu (j'étais même étonnée de moi-même en relisant mon CV: c'est moi, ca?). Comment voulez-vous ne pas vous sentir duplice, après? Comment voulez-vous y croire…?


* A la manière de Flaubert (Dictionnaire des idées reçues), ca pourrait donner:
Mailing: plus chic que le trop galvaudé mail (tout le monde sait écrire un mail, tandis qu'un mailing n'est pas à la portée du commun des mortels)
Var.: ajouter un "ing" pour sonner plus anglais, plus chic au pluriel (un blog, des blogging / un rapport, des reporting / un leg, des legging)

vendredi 4 mai 2007

Franche rigolade et lien social


Voici un outil très pratique que le smileys. Oui, vous savez, ces sous-titres à émotion qui remplacent avec bonheur les !, les …, les "", que sais-je encore…! Elles sont charmantes ces petites têtes jaunes qui expriment le contentement béat.

Et pourtant, quelle ironie que cette BD du sentiment: à une blague ponctuée d'un ;-), répondez par un joyeux :-D puis lancez un wizz dans cette liesse généralisée. Au royaume de l'image, le smiley contenté (et poliçon) est roi.

Certes, ils en ont évité des engueulades, ces smileys (c'est d'ailleurs pour cela qu'ils ont été à l'origine créé par les informaticiens) .

Et pourtant, je sens quelque chose qui grince au fond de moi, une impression désagréable chaque fois que j'envoie un smiley. Quel rapport entre ce smiley stéréotypé et mon sentiment?

J'ai un étrange goût d'Orson Wells dans la bouche, où le doubleplusbon s'exprimerait par trois :-D. Le sentiment est de l'ordre de ce qui se lit entre les lignes… A-t-il besoin d'être étiqueté?

jeudi 3 mai 2007

Si l'on pouvait se voir avec les yeux des autres, on disparaîtrait sur-le-champ

Causons image si vous le voulez bien, alors que le débat Sarko-Ségo nous a offert le plus drôle de ce que la manipulation de l'image peut faire… Comme il était cocasse de voir Ségo échanger son rôle de Joconde statique contre celui d'un Joe Dalton énervé tout sarkozien. Et inversement.

Je vous le redis, la vie est vraiment drôle…

Pour en revenir à l'image, nous y sommes souvent très sensibles. Influencés au possible par celle que nous renvoient les autres. Et obsédés par notre propre image, de fait, dans un jeu de miroir à l'infini…

"Que pense-t-il de moi?". A cela, répondre, "surtout pas ce que vous croyez et encore moins ce que vous essayez de lui faire croire". Mieux vaut choisir l'option Cioran: " Si l'on pouvait se voir avec les yeux des autres, on disparaîtrait sur-le-champ".

Bref, manipuler son image, ce n'est pas possible. Et de fait, l'image m'échappe par nature, puisqu'elle appartient à l'autre qui se la forge. Il se la forge selon son vécu, ses expériences et aussi, évidemment pour ne pas se remettre en cause lui-même… Vous n'avez pas une image, mais 10.000, selon vos interlocuteurs.

Quel intérêt, donc, de se travestir pour une image que je ne maîtrise même pas?

Et je ne peux maîtriser mon image tout simplement parce que je ne peux maîtriser l'autre. Dès lors que je cherche à manipuler mon image, c'est en fait l'autre que je roule dans la farine, c'est un début de fascisme avorté. Et voilà une des choses les plus magnifiques de l'être humain: il est capable d'être libre. Un ancien ambassadeur du Liban me racontait l'une des plus belle preuves de cette liberté humaine: en plein cœur du communisme, sans même la vitrine du capitalisme, ces êtres humains se sont libérés de leur joug...

mercredi 2 mai 2007

L'inquiétante étrangeté…

En 1980, le premier regard que je lançais à ma mère lorsque je fus posée sur son ventre fut un regard d'étonnement: "mais qu'est-ce que je fous là?".

C'est du moins ce qu'elle m'a rapportée car je ne m'en souviens plus.

Sauf que l'impression reste vive: 27 ans plus tard, c'est toujours la même chose. Je regarde tout en étrangère -étrangère à moi-même, même- , étonnée, perplexe devant le monde qui se déroule, devant ces hommes qui se battent, qui se débattent, qui s'engueulent à la rigueur. Des envies de rire, souvent, extérieure que je suis, face à ce théâtre vivant. Je ne comprends pas, je ne saisis pas l'enjeu. Mais je ne demande qu'à apprendre à (en)jouer le monde plutôt quà m'en jouer...

lundi 30 avril 2007

Les blogs les plus courts sont les meilleurs

Les blogs pullulent en cette période d'égotisme grotesque. Situation bien gaguesque que tous ces Gogols à gogo se gargarisant de leurs gaudrioles… Quelle guigne!

Je goguenarde, bien entendu, puisque me voila à rejoindre la gommunauté des bloggers.

Il eût été de bon son de signer Gargantua, ou, mieux en cette période, Guigou. Mais désolée, on n'atteindra pas le point G avec "histoire de p."

PD: mes excuses à Gargamel que je n'ai pas voulu citer par snobisme